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Ils ne sont qu’une trentaine dans le monde !
Nous savions d’instinct que les prépolymères ne mordaient pas… Et très vite nous avons découvert qu’ils appartenaient à la famille des polyuréthanes. Là, le nom nous évoquait quelques mousses et des résines aux propriétés fameuses « inusable, indéchirable ». Nous croisions dans nos recherches des « diisocyanate de diphénylméthane, des isomères »… Nous avons été très polis et les avons salués respectueusement ! Nous approchions du monde secret des prépolymères… La production sur toute notre planète n’excède pas 100 000 tonnes et dans notre royaume nous en produisons 1500. Nous ? c’est vite dit… Nous, c’est Michel Baulé S.A. ! Michel Baulé, docteur en chimie organique, nous confie : En 1976, il « monte » donc son entreprise à Romans, ancienne « patrie » de nos belles pompes… Et réalise des moulages d’élastomères de polyuréthane. Mais voilà que les prix des matières flambent de 30 à 35%… L’entreprise ne risquerait-elle pas d’être vite en péril ? Le courageux et dynamique « Docteur » redevient chimiste et ne s’en laisse pas conter…En quatre ans, Michel Baulé S.A. met au point ses prépolymères ! « A une qualité équivalente à ce qui se trouvait sur le marché » précise le « Docteur ». Un docteur en chimie organique se doit d’être curieux et avoir un goût certain du risque… Souvenons-nous de nos expériences, modestes certes, mais parfois tonnantes et fumantes dans nos classes de « chimie » de l’ancien temps… Développant sans cesse sa capacité à répondre à ses clients, toujours de la façon la plus aigue et la plus pointue, l’entreprise ne pouvait que progresser tant dans l’activité de moulage que dans la préparation de nos fameux prépolymères. Et ce, sans commerciaux ! Il y a bien eu une année « noire ». 1992 : Michel Baulé S.A. doit licencier 30% de son personnel et Michel Baulé a su en tirer la leçon : Il est fier, à raison, de pouvoir dire qu’en 1994 tout était rentré dans l’ordre ! Epreuve salutaire qui lui a permis d’apprécier la qualité « des ressources humaines » de son entreprise, et la solidarité de ses collaborateurs. Quelques uns sont même entrés symboliquement dans le capital de la société… En 2001, l’entreprise a connu un drame avec la mort d’un employé suite à un accident. Rien n’est simple et facile dans une entreprise classée « Seveso »… En dix ans, l’entreprise a plus que doublé ses effectifs. Elle emploie 370 personnes dont 250 dans la Drôme. Le chiffre d’affaires a été quadruplé et devrait s’élever à 64,5 millions d’euros en 2006/2007. L’excédent brut d’exploitation pourrait être en hausse de 24%… Le « Docteur » qui a veillé à être un bon gestionnaire a maintenu pendant dix ans une capacité d’autofinancement de 15% du résultat courant avant impôts et n’a pas distribué de dividende. Il contrôle toujours le capital de sa société. Nous sommes loin du monde des « stocks-options », des « parachutes en or » et des prébendes qui obscurcissent le ciel des grandes entreprises… Les polyuréthanes moulés de Michel Baulé S.A. sont partout : résistant à l’abrasion, ils entrent dans la fabrication de skis, de roues de patins, de raquettes de tennis. Ils amortissent et rebondissent dans des semelles de chaussures de sport ; ils sont présents dans l’automobile et l’offshore ! Michel Baulé S.A. est devenue un vrai « Groupe », incluant « Exsto » ou la filiale écossaise « Dunlow »… Des filiales ont été ouvertes aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Chine : 60% des productions du groupe sont exportées…Une formidable aventure ! A 64 ans, le « Docteur » pourrait envisager de souffler un peu. Il se donne encore quelques années pour préparer sa succession en dehors de la famille… Il retiendra « une solution qui respectera la liberté de ses collaborateurs ». Si nous avions des sous… nous commanderions, juste pour voir, un lys, indéchirable, bondissant et résistant à l’abrasion dans un de ces fameux polyuréthanes compacts… Portemont, le 4 Avril 2007 |
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