Savoir qu’on a raison ?

C’est porter un  « Damart » quand il fait froid, vivre sous un parapluie, bien couvert dans sa houppelande à la moindre ondée…C’est regarder aussi la France se défaire, avec un sourire triste et lancer d’amers  « Nous vous l’avions bien dit ! »… Et cultiver une douce victimisation…
Les Royalistes à l’encan ? Ils n’entendent pas même se réapproprier leur nom…Une belle humeur d’Alain Texier de la Charte de  Fontevrault…

Couronne dite de Louis XV (Musée du Louvre).
Alain Texier

Bien pis encore, quand des gazettes ou journaux en tout genre s’extasient devant un certain « prince Jean de Neuilly », que font les royalistes ?

Que des bonnes raisons pour ne pas relever le gant… ce gant ou bien d’autres…
Mais rassurons-nous, en ces temps  de Fêtes illuminées, au sortir de la table,  repus, bien des Français ne disent-ils pas, contents de leurs assiettes :  « C’était « royal » ! »…

Qu’il est doux d’avoir raison…

Portemont, le 5 janvier 2009

Les Royalistes à l’encan ?

Ce n’est  sans doute pas le retour de la  commémoration fidèle le 21 janvier prochain  de l'exécution du roi Louis XVI qui ramène les tenants  du roi sur la  scène  mais  force est  de  constater  que l’adjectif « royaliste » et ses concepts associés   reprennent,  eux, du poil de la bête en ce moment. L’on en donnera  trois  brefs exemples.

 - Un grand  classique  d’abord, le retour annoncé   d’une  mise en oeuvre   d’un  pouvoir qualifié de  pouvoir personnel   et pour cette raison affublé de  « dérive monarchique » des institutions . L’incantation n’ayant  jamais tenu lieu de réflexion juridico –politique, on se dispensera  d’en dire plus long.
- Un peu plus originale,  et sans  doute motivée  par la proximité de la galette des rois,  la  sortie du congélateur  de la phrase  attribuée  à Marie –Antoinette: « S’ils n’ont pas de pain , qu’ils mangent  de la  brioche », phrase assortie des commentaires assassins  pour les tenants de la monarchie que l’on  imagine.

Or  tout le monde  sait ou devrait  savoir  que Jean-jacques Rousseau  cite déjà cette phrase dans   le Livre VI de ses  Confessions  publiées en  1736  et qu’il en fait lui-même  remonter la paternité  à une époque plus ancienne. Il devrait  donc être  totalement impossible  d’en attribuer de bonne foi  la  maternité à la reine de France lors des émeutes  des 5/6 octobre 1789 à Versailles ... de  bonne foi !

- Tout à fait nouveau et intéressant, en revanche, est le  qualificatif  de «  royalistes » donné  aux partisans de Ségolène Royal.
A première vue, ce qualificatif  est  parfaitement adapté  comme  le  sont  tous les mots en « iste »  formé à partir de la racine adaptée (Capital = capitaliste; Jospin= Jospinistes; idéal= Idéaliste) donc pourquoi pas Royal =Royaliste ?

C’est que la réalité  est  sensiblement  différente pour trois raisons au moins :
- le mot  royaliste n’est  pas neutre, il renvoie à une histoire plus souvent  tragique  qu’ heureuse . C’est la  Révolution qui a paradoxalement  donné  naissance au concept.  Sous l’Ancien régime, il n’existait pas  de royaliste, ceux  qui servaient le  roi  étaient  ses sujets.
- Le mot royaliste évoque une  très longue histoire, 216 ans de  fidélité ininterrompue le 21 janvier prochain, rien à voir  donc avec la lutte engagée  pour un quinquennat  victorieux.

Monseigneur le comte de Paris et le Dauphin de France

Le concept de parti royaliste  en ce  qu’il désignerait  des personnes  soutenant l’ancienne  candidate à l’élection présidentielle  est de plus  une  grave  faute  sémantique, un parti c’est nécessairement   la réunion d’un certain nombre de personnes  contre d’autres, le parti divise , le roi réunit .

Pour toutes ces raisons,  le terme de  « Ségolénistes »  aurait  donc été préférable  à celui de «  royalistes ». S’il a été  fait un choix différent, c’est probablement pour  attacher  aux  basques  de l’ex-candidate une  casserole ou un grelot  que l’on se réservait de faire   tintinnabuler le moment venu. Il était déjà hautement  farfelu que des militants engagés  dans  la  conquête  d’un pouvoir  éminemment  républicain puissent être  qualifiés sans  dégâts, essentiellement  subliminaux dans un premier temps, de royalistes, concept rappelons le une dernière  fois  qui est  loin d’être neutre.

La situation apparaît encore plus  claire  depuis que les  qualificatifs désobligeants  s'abattent  sur  la présidente de la région Poitou-Charentes et  sur  ceux  qui la servent.  Jugez en Les « royalistes » ont « dans le sang ce poison de la division dans des proportions que l'on n'a jamais connues auparavant » (Benoît  Hamon). Décidemment  oui,  qualifier  quelqu’un de  « royaliste »  n’est pas  fait pour lui rendre service.

Il reste un dernier  point  à aborder. Pourquoi  les tenants du retour  du  roi en France  n’ont-ils  pas  réagis ?  Plusieurs raisons peuvent être avancées  dont  aucune n’est  à vrai dire pleinement  convaincante.  Ils pouvaient  d’abord ne pas  se sentir concernés, ils savaient  bien qu’ils n’avaient  rien à voir  avec ces  crypto royalistes. Ils le savaient  d’autant plus  qu’ ils  se  doutaient  qu’ on ne parlerait pas  toujours de  ces pseudo royalistes en bien . La  conquête du pouvoir en République  suppose le  combat et  l'élimination – dans les urnes – des adversaires. Enfin  là comme dans  beaucoup d’autres  domaines, l’original est toujours  préférable à la  copie.

Les Royalistes, ceux de première origine, ont  connu les honneurs. Ils ne connaissent maintenant plus qu’un désintérêt  total de la part des  habitants de  ce pays q’ils ont  pourtant  contribué à bâtir.  Qu’importe,  ils sont, tel Cincinnatus, retournés à leur  charrue. Peut-être leur  demandera-t-on  de revenir  aux affaires. Peut -être les laissera-t-on  tracer leurs sillons solitaires ? Qu’importe, il n’est pas  nécessaire d'être majoritaires pour savoir qu’on a raison.

Alain TEXIER

http://charte.de.fontevrault.over-blog.com/

Et souvent le « bon sens »pointe là où on l’attend le moins…

Les « Royalistes » sont silencieux ? Michel Cardoze dit tout haut ce que bien  des royalistes osent tout juste murmurer à la chandelle…

Lire ou relire :

Ah ! La dérive…

Lieu commun par excellence, la dérive ne peut être que "monarchique" !
C'est en elle que prend naissance tous nos maux. Vérité? Un postulat indéboulonnable… Sauf que… un journaliste qui en a vu d'autre, du communisme à la météo, remet la pendule à l'heure: Michel Cardoze!
Pour lui, la "dérive monarchique" sarkozienne est un leurre : "Pas si monarque que ça… mais peut-être pire" Lecture indispensable !

Une page, qui dans" l'Humanité Dimanche" du 6 au 12 mars 2008, vaut son pesant d'Or.

Michel Cardoze aurait-il eu l’esprit perturbé par quelques dépressions ? (Atmosphériques s'entend !) Aurait-il eu une vision ?

Pire encore, aurait-il été piqué par un "Lilioceris merdigera" à fémur rouge? Ah! Tout vous expliquer: Il s'agit d'un coléoptère de la famille des Chrysomélides qui raffole des lys. A ne pas confondre avec son cousin "Lilioceris lilii Scopoli" tout aussi gourmand des feuilles du Lys blanc, du Lys royal voire du Lys tigré...

Après enquête de mes fins limiers, il n'en est rien ! Michel Cardoze a tout ses esprits !
Et en une page - Quelle page...- il nous explique, la moustache toujours aussi conquérante - que nous qualifierons à partir de ce jour de "Royale", que le pire en politique est d'en finir avec le sacré. J'entends déjà les esprits chagrins et les anges de la république claironner : "Communiste égale stalinien égale culte de la personnalité Staline ou Mao avait rang de Dieu... pour faire court..."

Mais attendez donc la suite:... Son pesant d'or!

"... notre système politique connaît aujourd'hui une grave "dérive monarchique".

C'est à mon avis le contraire: Nicolas Sarkozy s'applique à détruire ce que la fonction présidentielle avait en effet de monarchique. Je m'explique.

Que la Constitution de la Ve République favorise le pouvoir personnel et rabaisse le rôle du Parlement et en général celui de tous ses élus, c'est une vérité connue depuis un demi-siècle (1958). On sait aussi, par expérience des mandats présidentiels successifs, que chacun des élus, de de Gaulle à Chirac via Pompidou, Giscard d'Estaing et Mitterrand, a soigneusement préservé et cultivé ce que nous a légué la monarchie, justement: un certain caractère sacré du pouvoir suprême. L'éloignement des contingences, certes... le secret, oui..., et l'existence de "fusibles" entre l'opinion et la fonction présidentielle..., bref le caractère quasi intouchable du souverain républicain, sauf par le suffrage universel ou la maladie (Pompidou). On assez dit que le régime était une monarchie républicaine: le roi est élu mais c'est le roi. Il ne guérit plus les écrouelles en sortant de la cérémonie du sacre, mais il gracie les condamnés et personne ne connaît son budget ou ses doubles vies. La justice ne peut le poursuivre. Il est "au-dessus" des partis.

C'est tout cela que Nicolas s'applique à détruire.

Signes de la destruction de la monarchie: la familiarité de langage et de comportement, constatée pendant la campagne et depuis.

De "Descends me le dire en face si t'es un homme" à "Casse-toi, pauv'con", mais aussi le sac à main beigeasse, "Je vais l'offrir à Carla qui m’a demandé de lui rapporter quelque chose", etc., chaque jour offre son lot de comportements de Mimile rouleur de mécaniques ou de nouveau riche content de l'être.

Voilà qui peut marcher chez certains qui ne sont pas forcément des salauds.
Mais on est loin de la majesté royale républicaine et du sacré qui justifie cette majesté. Les rois étaient sacrés car ils tenaient leur pouvoir héréditaire de Dieu et d'un sacre aux saintes huiles. Le président inventé par de Gaulle (1958) était jusqu'ici sacré par le suffrage universel et les saintes urnes.

Sarkozy refuse et démantèle le sacré.

Même sa vie privée participe de cette désacralisation: ce n'est pas Louis XIV et ses maîtresses honorées, mais un mélange de comédie de boulevard et de collection Harlequin, c'est-à-dire, en vérité, la vie de tout le monde, "Est-ce qu'il gère la France comme ses amours? Deux mois après la rencontre, il épouse...", dit, navré, mon médecin Habib S. Et moi je réponds: "Il a le droit, non?"

(et je pense: c'est vrai, mais bon dieu, ça ne fait pas président-monarque)...
Elle est donc voulue, consciente et organisée, cette destruction de la monarchie par celui qui se pense non comme un souverain, mais comme un "boss". On peut même entendre ses références à l'idée de Dieu ( à Rome ou à Riyad), et la plus ou moins discrète danse du scalp autour de la loi de 1905 ( séparation des Eglises et de l'Etat) comme des sortes  de compensations rêvées à la désacralisation du système. Réhabiliter les curés et les imams pour combler le vide des Grandes Idées disparues? Il est douteux que ça marche en France, pays déchristianisé depuis deux siècles, mais les cagots essayent. On ne sait jamais...

Alors cette destruction de la monarchie, une bonne affaire pour les adversaires du "pouvoir personnel"? Eh bien non, justement.

Car la destruction de ce que la République tient de la monarchie, le sacré de la fonction, pourrait déboucher sur la pire des aventures, une sorte de proconsulat de la vulgarité et du volontarisme.

Ce volontarisme risque d'être suivi de si peu d'effet que désordre et violence en prospèrent.

Ce déglingage de la société est le fruit mauvais de la crise de la représentation politique malade à crever des promesses jamais tenues, ni par les uns ni par les autres.

A propos, et ça n’a rien à voir en apparence: la petite Parisot en tailleur rose est très en colère contre les grands patrons de la métallurgie. Leurs histoire font un peu Chicago et cinéma de papa...un vrai roman noir! Sans cadavre pour l'instant. Donc la petite Parisot est en colère dans son tailleur rose. Elle aurait pu choisir le blanc, comme l'innocence. Elle n’a pas osé."

Lire : http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article31253.php

 

 



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