Quand un abandon en justifie d’autres…

Le « Collectif pour le droit de travailler en  français en France » dénonce une dérive suicidaire. Au travers d’une histoire de « chansonnette », ne dure-t-elle que quelques minutes, une volonté semble se dessiner… Les Français donneront-ils raison à Monsieur Kouchner ?

Soutenons le Collectif pour le droit de travailler en français en France !
Ce n’est pas tourner le dos à la richesse qu’apporte la connaissance des langues étrangères. C’est ne pas succomber sous le joug d’un modèle culturel qui fait fi de nos identités…

Monsieur Kouchner, qui n’a de souffle que pour sonner le  glas ne se réjouissait-il pas de la fin de notre langue  dans son livre « Deux ou trois choses que je sais de nous » (Robert Laffont) :

- Page 147 :
[...] nouveau venu dans le gouvernement de la République, j’avais été étonné, en 1988, que l’on insistât sur l’usage obligatoire du français pour les ministres.
- Page 151 :
Après tout, même riche d’incomparables potentiels, la langue française n’est pas indispensable : le monde a bien vécu avant elle. Si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient.

Dans ce temps, Monsieur Kouchner se gaussait et le quotidien « Le Figaro » du 7 octobre 2006 rapportait que le docteur Kouchner « assure qu’il a d’ores et déjà reçu le soutien des pays de la francophonie ».

Il se tortillait pour se faire élire à la direction générale de l’Organisation mondiale de la santé…

http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article1242

Portemont, le 23 avril 2008

 

Monsieur le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la  Francophonie,

Monsieur,

En tant que porte-parole du collectif intersyndical pour le droit de  travailler en français en France, je m 'adresse à celui qui a en charge la Francophonie .

Le mot francophonie  signifie le son français, pourtant c'est  bien  en anglais  que la France chantera  au concours de l’Eurovision.

Devant tous les spectateurs européens  la France fera passer un  message implicite : celui de l’abandon de sa langue.

Nous, syndicalistes CGT, CFTC, CGC, et UNSA, nous nous battons  dans nos entreprises pour que nos outils de travail soient normés en  français.

Nous  syndicalistes de la société civile, nous protégeons  le lien  social : la langue française, et nous savons ce qu'il nous en coûte.

Nous sommes témoins de l’humiliation subie par nos collègues de travailler en anglais  dans leur propre pays. Vous n’êtes pas sans savoir que les logiciels de radiothérapie à Epinal étaient en anglais sans aucune traduction en français.

Comprenez  bien  que nous ne pouvons accepter cette déculturation sans réagir, ce choix de chanter en anglais est une insulte à tous les francophones. Mais c' est peut être en fait une volonté - en laissant faire - de donner raison  à M.Bernard Kouchner qui a écrit que le français n'est pas indispensable dans un  chapitre de son livre paru en  2006 " l'anglais, avenir de la francophonie " (page 146  Robert Laffont  ISBN  2-221- 10645-8 .

C'est pourquoi, au titre du collectif pour le droit de travailler en  français en France, je vous demande de nous accorder un entretien pour clarifier la question de la gestion de l’abandon de la langue française dans tous les domaines.

En vous remerciant de l'attention portée à cette demande d'entretien et dans l'attente, je vous prie d'agréer Monsieur le secrétaire d’Etat,  nos salutations syndicales.

Jean-Loup Cuisiniez
Porte parole du collectif  pour le droit de travailler en français en France
06 67 31 80 18


Paris, le dimanche 18 février 2007 - Voxlatina.com - Le 8 février à l’Assemblée Nationale, la conférence de presse syndicats - associations - parlementaires du Collectif pour le droit de travailler en langue française en France a rassemblé plus d’une centaine de participants. Dans son discours de synthèse, le syndicaliste Jean-Loup CUISINIEZ, délégué SN2A CFTC, chargé de la Francophonie et de la diversité linguistique, porte-parole du Collectif, a exprimé avec émotion et conviction la réalité stupéfiante et inquiétante que cette rencontre a permis de mettre en évidence : dans de nombreuses entreprises de France, «la question du droit à l’usage de la langue française est devenue une urgence sociale» !

 

Jean-Loup Cuisiniez

LE DISCOURS DE JEAN-LOUP CUISINIEZ,
PORTE-PAROLE DU COLLECTIF POUR LE DROIT DE TRAVAILLER EN LANGUE FRANÇAISE

Les témoignages montrent que des seuils d’alerte sont en train d’être passés ou sont déjà franchis. Il y a urgence à fédérer les actions menées dans le monde syndical, associatif et politique pour rompre le sentiment d’isolement et trouver un socle commun. Notre implication collective est de poser le débat sur la place publique et de placer tous les acteurs individuels et collectifs face à leurs responsabilités.

La question de la langue n’est plus le seul souci de quelques esthètes obsédés par le bon usage du plus que parfait du subjonctif. La question du droit à l’usage de la langue française est devenue une urgence sociale.

La sécurité n’admet pas l’ambiguïté ni dans le travail ni dans les notices d’application. Comment se conformer à des obligations qu’on ne comprend pas ? L’insécurité linguistique est facteur d’augmentation de risque.

La problématique d’une langue venue d’ailleurs que l’on voudrait nous imposer comme unique (et pas seulement en France) entraîne des mécanismes convergents de discrimination, d’exclusion et d’élimination.
Cette tendance est renforcée par l’institution européenne. Par exemple l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail diffuse ses informations presque exclusivement en anglais alors qu’elle serait censée diffuser cette information dans les différentes langues des utilisateurs.

Nous alertons sur les dangers de mort sociale. L’étouffement par le langage entraîne de plus en plus de souffrance latente, pas toujours formulée mais bien réelle et de plus en plus fréquente. Nous sommes devenus la cible quotidienne d’une instrumentalisation visant à nous faire croire que le français n’est plus adapté à l’économie de marché, qu’il serait un handicap insurmontable, et même un désavantage compétitif.

Instrumentalisation pour nous imposer l’hégémonie du tout anglais, y compris dans les échanges internes aux entreprises : ainsi se nourrit le risque de fracture linguistique et culturelle; ainsi voit on se dessiner à l’horizon par effet d’enchaînement, l’assujettissement de tout le tissu économique et social à la langue unique : sous-traitance délocalisée, perte d’identité, reconnaissance par le seul critère du niveau de maîtrise de l’anglais et de son adhésion à une conception anglo-saxonne du monde (économique, social, juridique, enseignement recherche, brevets ….)

C’est notre mort sociale annoncée !!!

Nous demandons un engagement clair, fort, cohérent et pérenne des responsables politiques

- pour assurer la primauté du français sur le territoire national et dans le monde du travail,

- affirmer la juste place du français dans les organisations européennes et internationales.

- inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la proposition de loi n°59 Marini Legendre, votée au Sénat depuis novembre 2005 visant à renforcer et compléter la Loi Toubon,

- renommer et normer en français, dans l’espace francophone, par la création et la mise en place, dans les entreprises du secteur privé et dans les familles professionnelles, de « commissions de terminologie » à l’exemple du secteur public et de ce qui est fait dans d’autres pays francophones.

Nous faisons appel à une prise de conscience individuelle et collective : le rapport Astier cité dans notre introduction souligne les risques des désintégrations sociale, économique et politique qu’impliquerait l’effacement de la langue française dans l’espace francophone. Nous sommes à la croisée des chemins. Il faut savoir ce que l’on veut !

De gauche à droite : Jean-Pierre LAMONNIER, délégué syndical SNB-CFE-CGC-Socgen ; Muriel TARDITO, déléguée syndicale CFTC Europe Assistance ; Jean-Loup CUISINIEZ, délégué SN2A CFTC, chargé de la Francophonie et de la diversité linguistique, porte-parole du Collectif ; Yves MONTENAY, modérateur, membre de l'association ALF.

Plus d’informations ?
http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3?art=2050


Une occasion de lire ou relire :

« Etre et parler français »

 

 



Fermer la fenêtre

Retour vers le site : www.lesmanantsduroi.com

© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.