© Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 15/09/2007 –
Région
Strasbourg / Université Robert-Schuman
Étudiants « surnotés » : Chantal Cutajar contre-attaque
La présidente de l'université Robert-Schuman, Florence Benoît-Rohmer, a déclaré officiellement « clos », jeudi, le « dossier » des primes de dix points octroyées par le professeur de droit Chantal Cutajar. Maintenant, cette dernière contre-attaque.
Mercredi, la présidente de l'université Robert-Schuman déclarait que le cas de Chantal Cutajar était encore « à l'examen ». Plus précisément, Florence Benoît-Rohmer réfléchissait aux suites à donner au courrier du doyen de la faculté de droit, Jean-Michel Poughon, qui avait dénoncé des pratiques « discriminatoires » dans la notation de l'enseignante en droit pénal spécial (DNA du jeudi 13 septembre). Depuis, Mme Benoît-Rohmer a précisé sa position (DNA d'hier) : « Il n'y a pas lieu de laisser ouvert ce dossier ». Incident clos, donc. Chantal Cutajar, qui avait été mise en cause après avoir accordé dix points de plus à des étudiants s'étant portés volontaires pour une action menée auprès de lycéens, se déclare « heureuse » de la décision prise par la présidente. Elle annonce qu'elle saisira les instances universitaires « afin d'adapter le règlement d'examen aux actions pédagogiques et de solidarité tournées vers la cité et au service de valeurs fondamentales ».
Menaces d'actions en diffamation
A savoir : la lutte contre les discriminations, le négationnisme et le révisionnisme, pénalement sanctionnables. Mme Cutajar ajoute qu'elle introduira une « action en diffamation contre quiconque, sans exception, et en quelque lieu que ce soit, y compris dans l'enceinte du conseil municipal de Strasbourg, propagerait des informations et des rumeurs portant atteinte à [son] honneur, [sa] réputation et [sa] probité professionnelle, quel que soit le moyen de diffusion ». Voilà les adversaires de la candidate à la tête de liste Modem aux prochaines élections municipales prévenus. Y compris ceux de son propre camp, dont certains se sont réjouis de voir l'information rendue publique. En effet, il ne fait pas de doute, pour l'enseignante, que la « volonté de nuire politiquement soit avérée ». Et elle cite un certain nombre de « blogs » qui ont véhiculé la « rumeur », et qu'elle met « en demeure » de retirer leurs écrits. Mme Cutajar dit se sentir « atteinte » dans « l'une des seules choses » qui lui tiennent à coeur : son statut d'enseignant-chercheur. Elle n'exclut pas que son combat contre les discriminations ait pu lui valoir quelques inimitiés à l'extrême droite... Une ancienne étudiante de Mme Cutajar, Karen Deneuville qui, deux ans auparavant, a bénéficié de ces dix points supplémentaires, rappelle que les volontaires pour participer à l'action menée dans les lycées connaissaient ces règles de notation. « Ces dix points étaient mérités, dit-elle. Les autres n'ont pas voulu les avoir, car c'était trop de travail. Et c'est pour cela qu'il n'y a pas eu de réclamation », témoigne cette huissier-stagiaire de 23 ans, très satisfaite d'avoir pu sensibiliser de plus jeunes aux « sanctions » déclenchées par les actes de discrimination.
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