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L’avenir dure longtemps…
Après les préfets du Rhône en septembre 2006, de l’Ain et de l’Isère en février 2007, de l’Ardèche et de la Drôme en juin 2007, ceux du Gard, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône ont pris des arrêtés d’interdiction de toute consommation de poisson provenant de notre grand fleuve… Les polychlorobiphényles connues sous les trois lettres PCB, interdits à la vente depuis 1987, ont envahi les eaux du fleuve. Plus exactement, ils « habillent » les sédiments et contaminent les poissons de fond comme les anguilles, les brèmes et les silures, lesquels contamineront les carnassiers après être passés dans leurs « assiettes »… Pour mémoire, rappelons que les PCB font partis des 12 polluants chimiques les plus dangereux en raison de leur persistance. Ils ont été utilisés sans compter comme isolant dans les transformateurs électriques – connus aussi sous le nom de pyralène – et dégagent des dioxines. Les dioxines connurent leur heure de gloire lors de la catastrophe de Seveso en 1976… mais ce n’est qu’en 1985 que les autorités françaises ont été véritablement sensibilisées à leurs dangers, à la suite de l’incendie d’un transformateur à Reims en 1985. Pompiers et habitants d’un immeuble avaient été intoxiqués. L’interdiction des PCB fut donc effective en 1987… Vingt ans : un bel anniversaire ! Depuis quelques années les services vétérinaires de plusieurs départements riverains du fleuve, se sont mis à la pêche pour répondre à l’étude lancée par le préfet du Bassin… Les analyses ont été effectuées par le laboratoire national de Nantes et ne permettent aucun doute. La pollution du fleuve n’est pas une chimère. Les optimistes pourront toujours se réjouir en affirmant que seuls les sédiments sont contaminés et que la baignade n’est pas interdite tout comme l’irrigation des cultures puisque ce n’est pas l’eau qui contient des PCB… Mais Jean-Louis Blanc, directeur des services vétérinaires du Gard déploraient : « Mais comment aller déloger une pollution enkystée dans des sédiments ? C’est impossible. » Entretien dans Midi Libre du jeudi 9 août 2007) La quinzaine de pêcheurs professionnels opérant en aval du fleuve devront faire leur deuil… Mais c’est l’amont qui est le plus touché… Il faut rappeler que les préfets du Rhône, de l’Ain et de l’Isère décidaient quinze jours avant l’ouverture « 2007 » de la pêche à la truite, « au nom du principe de précaution », d’interdire toute consommation de poisson dans une zone d’une centaine de kilomètres, depuis le barrage de Sault-Brénaz dans l’Ain, jusqu’à celui de Vaugris au sud de Vienne dans l’Isère. Là aussi, les PCB imposaient leur loi… Nous préciserons que les spécialistes ne tombent pas des nues… La présence de PCB dans le Rhône est attestée depuis des années. Dans les années quatre-vingt, époque où les normes étaient moins draconiennes, la responsabilité d’une usine de retraitement de déchets de Saint-Vulbas, dans l’Ain, avait été pointée du doigt lors d’un épisode de pollution. En 2005, des analyses de chair de poissons pêchés dans le canal de Jonage, dans la banlieue de Lyon, avaient de nouveau mis en évidence une contamination. Et conduit les services de l’État à mettre en place un protocole d’analyses et d’enquête réalisés par le Cemagref et la Direction des services vétérinaires. Aujourd’hui le fleuve ombrageux est riche de plusieurs centaines de milliers de tonnes de sédiments contaminés et Alain Chabrolle, administrateur de la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) s’inquiète : « Nous sommes confrontés à un nouveau type de pollution, car les PCB ne sont pas solubles, ne sont pas biodégradables, ils se scotchent sur les sédiments, une sorte de pollution invisible qui n’a pas de toxicité à court, mais à moyen et long terme. » Pour les « scientifiques » il reste à expliquer, si l’hypothèse d’une contamination ancienne se confirme, pour quelle raison elle resurgit. Le Cemagref émet l’hypothèse de modifications du régime hydraulique du fleuve dues au changement climatique. Une hypothèse qui inquiète très fortement, à raison de ses conséquences catastrophiques, l’Agence et le Comité de bassin Rhône-Méditerrannée-Corse… C’est donc un grand chantier qui devrait se préparer, mais sans grandes illusions, la France s’étant engagée, « Directive-cadre européenne » sur l’eau oblige, à rétablir un bon état écologique et chimique de toutes les masses d’eau en 2015… Portemont, le 13 septembre 2007 En savoir plus ? Lire : Une mystérieuse pollution souille le Rhône Pollution du Rhône : 10 questions sur un désastre écologique majeur. « Le Rhône interdit : il est pollué jusqu’à la Méditerranée » Le « couloir de la chimie » sur la sellette Pollution au PCB : après le Rhône en France, la Suisse découvre à son tour l’ampleur de la contamination. Le pyralène, poison des poissons du Rhône
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