Comme les discours changent…
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Combien d’années a-t-il fallu pour que la réalité perce au travers des idéologies ? 1995 : « Fumer du cannabis même à long terme, n’est pas nuisible à la santé » (The Lancet )
«Les travaux que l’on publie nous conduisent à conclure que le cannabis accroît le risque de maladie psychotique.» The Lancet 2007
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Dur retour sur terre.
La revue « The Lancet » dont la réputation est mondialement reconnue, jamais ne se prononce à la légère…
The Lancet:
« Available medical evidence demonstrates that "moderate indulgence in cannabis has little ill-effect on health, and that decisions to ban or legalise cannabis should be based on other considerations," "It would be reasonable to judge cannabis less of a threat to health than alcohol or tobacco." »
Le monde « occidental » s’en est donné à cœur joie pendant les années « post- soixante-huitardes » ou hard ?…
Faiblesse des « scientifiques » ? Manque de recul ? Poids de la chape idéologique ?
En 1998, le professeur Bernard Roques, directeur de l’unité de pharmacologie moléculaire de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
Remettait un rapport aux « autorités gouvernementales » en précisant que le cannabis était de loin une des drogues les moins toxiques : «en tout cas beaucoup moins que le tabac et l’alcool». Un brin provocateur ? Ajoutant non sans malice imparable :
«Ce n’est pas parce qu’un produit est illégal qu’il est plus dangereux qu’un produit autorisé.»
Est-il utile de rappeler que ce rapport avait été « commandé » par Monsieur Kouchner, alors secrétaire d’Etat à la santé ?
http://www.blocpot.qc.ca/dossier/rapports/roques_1998
http://www.drogue-danger-debat.org/article/art20000639.htm
Et de se rappeler JacK Lang toujours dans le « vent »…
La drogue ? De bonne qualité !
C’est vrai. Une loi qui ici est appliquée et là ne l’est pas, ce n’est pas satisfaisant. En ce qui concerne l’ecstasy, j’ai encouragé la présence d’associations dans les raves pour tester les produits. Il ne faut pas qu’ils se bousillent la santé par la prise de saloperies ! Tant qu’à prendre des drogues, autant qu’elles soient testées. La santé des jeunes est à ce prix.
Juin 2000
http://www.chanvre-info.ch/info/en/Jack-Lang-reconnait-avoir-deja.html |
Pourtant, des « soignants » au contact régulier avec des patients touchés par la grâce du cannabis… se sont alarmés. Des « soignants » peu « aimés », des « soignants » que l’on n’attendait pas : des psychiatres !
Souvent « francs-tireurs » parmi l’ensemble de leurs confrères…
Les troubles mentaux qui surgissaient chez des fumeurs réguliers les « interpellaient »…
Et d’effets d’annonces en effets d’annonces, de rapports en rapports, toutes les communautés, scientifiques, médicales, politiciennes se sont affrontées…
Et en juin 2007, coup de théâtre : dans un éditorial, le quotidien britannique « The Independent » présentait ses excuses à ses lecteurs !

Manœuvre « marquetinge » pour être dans le ton de la repentance ?
Non. Le quotidien qui avait fait campagne en 1997 pour la dépénalisation du cannabis révisait sa position «au regard de nouvelles données scientifiques mais aussi pointant que le cannabis était plus virulent…»
Et de s’appuyer sur les travaux du professeur Neil McKeganey, du Centre de recherche sur le mésusage de drogues de l’Université de Glasgow - lequel, soit dit en passant se prononçait déjà en mars 2005, en précisant que le cannabis pourrait être un danger aussi grand pour la société que la cocaïne ou l’héroïne
http://www.chanvre-info.ch/info/fr/Un-expert-des-drogues-s-alarme-le.html
- qui lançait «La société a gravement sous-estimé les dangers du cannabis, nous sommes face à une génération dévastée par les effets de la consommation de cannabis.»
« The Lancet », comme en « embuscade », embrayaitde façon plus diplomatique et faisait son mea culpa le 26 juillet 2007, évoquant la nécessité d’une réévaluation du risque : «Les travaux que l’on publie nous conduisent à conclure que le cannabis accroît le risque de maladie psychotique.» Et d’ajouter : «Les gouvernements devraient investir dans des campagnes d’éducation prolongées et efficaces sur les risques du cannabis pour la santé.»
Comme par enchantements, la revue « Thorax » publiait en ligne, quelques jours plus tard, une étude menée en Nouvelle-Zélande qui tendait à montrer que «fumer un seul joint de cannabis a les mêmes effets sur les poumons que fumer 2,5 à 5 cigarettes d’un coup».
En France, comme il se doit, toujours sous l’emprise des idéologies, des voix s’exprimaient :
«Il n’est pas sain de poser la question en termes de réévaluation de dangers», nous expliquait le professeur Philippe-Jean Parquet, longtemps président de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, qui poursuivait :
«Il y a de plus en plus de consommateurs, il y a des données nouvelles qu’il faut analyser et décortiquer. En même temps, il ne faut pas faire l’impasse sur la représentation sociale du produit.», expliquant : «Nous ˇvivons dans une société où la perception sanitaire devient prédominante. Il est clair que le cannabis n’est pas sans effets secondaires. Mais lesquels réellement ?»
Prudence, prudence… après Billancourt, ne pas désespérer les « Bobos »…
Et le professeur Roques, drapé dans son rapport de 1997, de répondre médiocrement :
«Il n’y a rien, pour moi, de très nouveau»…
Le président de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies, Didier Jayle, dans un grand numéro de fil-de-fériste se risquait à déclarer :
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«On a clairement sous-estimé le danger du cannabis. Quand nous avons lancé une campagne en 2005 sur le thème le cannabis est une réalité , c’était une façon de dire que ce n’est pas tout à fait anodin.»
Tant pis pour vous si vous n’aviez pas compris le message …
De « messages » en « messages », on pouvait alors lire que :
« de nouvelles recherches confirment le lien inquiétant entre une forte consommation de cannabis et l'apparition de cette psychose »in « Le Figaro » qui expliquait que « selon une étude publiée dans le Lancet axée sur le devenir des jeunes fumeurs, il apparaît que le risque pour eux de développer des troubles psychotiques ultérieurs augmenterait de plus de 40 %, par rapport à des jeunes gens qui n'en auraient jamais pris ».
Ajoutant : « ce surrisque est lui-même directement proportionnel à la dose consommée. Les «accros au shit», ceux qui en fument plus de 100 fois par an, seraient ainsi les plus exposés avec une hausse de 50 à 200 % de survenue ultérieure de tels troubles ».
Ouvrant tout grand Le Figaro ne manquait pas de préciser que :
« pour asseoir ces conclusions, le Dr Thérésa Moore de l'université de Bristol [Angleterre] et le Dr Stanley Zammit du département de psychologie médicale à l'université de Cardiff [Pays de Galle] ont passé en revue 35 études réalisées dans différents pays. […] Si à la lumière de cette nouvelle étude, il reste difficile d'affirmer que le cannabis provoque à lui seul cette grave affection, il apparaît cependant que ce toxique pourrait contribuer à faire basculer les plus fragiles vers cette pathologie mentale ».
Rappelant que « ce n'est pas la première fois que des médecins mettent en garde contre les effets négatifs du tétrahydrocannabinol (THC), le principe actif du produit, sur la santé mentale future des jeunes ».
« The Lancet » n’avait-il alors ouvert une nouvelle boîte de Pandore ?
Dans son éditorial le Docteur Merete Nordentof, psychiatre danois, , estimait que « près de 800 cas de schizophrénie par an pourraient être évités en Grande-Bretagne si les jeunes renonçaient au produit ».
Dans toutes ces « découvertes » nous apprenions que « les Français font désormais partie des plus gros consommateurs en Europe. […] Et les addictologues s'inquiètent du fait qu'aujourd'hui les joints peuvent être 10 fois plus «chargés» en principe actif que leurs équivalents des années 1970 ».
Plus direct « Le Parisien » retenait dans une formule courte et imagée à souhaits: « le cannabis peut rendre fou ».
S’appuyant lui aussi, comme il se devait sur « The Lancet », il poursuivait :
« les personnes qui ont consommé du cannabis auraient 41 % de plus risques de psychoses que ceux qui n’en ont jamais fumé ».
De tous côtés, on entendait parler que de lui. Les langues et les esprits se déliaient… Témoignages à l’appui !
«Il y a un problème quand on fume avant d'aller en cours. […] Moi, j'ai raté un trimestre comme ça» (une jeune fille brune, pourquoi pas blonde ?)
«Au début, tu commences, tu fumes un joint par mois. Après, tu fumes un joint par semaine, puis un joint par jour. Après, tu ne sors plus», renchérissait « un garçon doté d'une barbe de quelques jours »…
Lire :

Certains pouvaient alors se réjouir, voyant là un virage à 180 degrés…
Mais toujours le retour au réel par la voix de psychiatre :
«Je ne parlerai pas d'un virage à 180 degrés, mais c'est vrai qu'il y a une évolution» (Docteur Hélène Lida-Pulik, psychiatre à la clinique Georges-Heuyer, à Paris, qui prend en charge des étudiants et des lycéens).
Et le docteur Lida-Pulik d’insister : «Pendant longtemps, nous avons été agacés, avec bon nombre de collègues psychiatres, par le discours ambiant qui présentait le cannabis comme une gentille drogue douce, qui ne posait aucun problème. Ce qu'on pouvait dire sur certains dangers n'était pas entendu»
Lire :
http://www.toxicoquebec.com/actus/index.php?2005/01/14/191-les-degats-du-cannabis-chez-les-jeunes
Comme toujours, entre parapluie et crainte de se voir montrer du doigt d’autres voix s’élevaient :
«Il faut arrêter de croire qu'on dit aujourd’hui des vérités qu'on aurait voulu cacher par le passé… Lorsque j'étais en poste, je n'ai jamais banalisé le cannabis. Ce que j'ai essayé de faire, c'est d'avoir un discours réaliste à partir de connaissances scientifiques indiscutables. En 2000, nous avons sorti un petit guide, « Savoir plus », risquer moins, qui a été vendu puis distribué à plus de six millions d'exemplaires. Et tous les effets nocifs du cannabis, les mêmes que ceux figurant dans la campagne d'aujourd’hui, étaient détaillés dans ce guide qui a fait l'unanimité chez tous les professionnels.» (Nicole Maestracci, magistrate qui a dirigé de 1998 à 2002 la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt).
Il fallait bien alors aborder les chiffres…
Rappeler qu’entre 1993 et 2003, la consommation avait pratiquement doublé en France. Qu’à 18 ans, les deux tiers des garçons et la moitié des filles avaient déjà essayé le produit au moins une fois. Que l’augmentation du nombre de consommateurs réguliers, principalement chez les garçons, avait fortement augmenté…
Faire prudence sur les chiffres mais ne pas leur tourner le dos :
En 2003, 20,9% des garçons et 8,7% des filles âgés de 18 ans fumaient du cannabis au moins dix fois par mois.Et toujours ces experts, oiseaux de mauvais augures : le cannabis consommé aujourd'hui est plus toxique qu'auparavant : il est davantage concentré en THC (tétrahydrocannabinol), la substance responsable des effets sur le système nerveux.
«Le cannabis, consommé aujourd'hui par les jeunes, n'a souvent rien à voir avec celui qui était consommé il y a vingt ans», confirmait le docteur Didier Jayle, président de la Mildt.
Bouffée d’air frais ? Un consensus scientifique a pu s’établir s’appuyant sur des connaissances qui se sont considérablement développées. Rare sont les spécialistes qui contestent certains effets nocifs liés à une consommation régulière. Ce tournant s’est amorcé dès 2001 à la suite d'une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) demandée par la Mildt.
Le docteur Xavier Laqueille, chef du service d'addictologie de l'hôpital Sainte-Anne à Paris n’employait pas la langue de bois : «Surtout, il a permis de faciliter le débat qui, jusque-là, était caricatural : les gens de droite étaient censés être contre le cannabis, ceux de gauche pour, ajoute-t-il. Et même nous, les scientifiques, avions du mal à faire entendre un discours réaliste et nuancé. D'un côté, on nous accusait d'être trop laxistes et, de l'autre, réactionnaires.»
Le Chef du département d'addictologie de l'hôpital Paul-Brousse à Villejuif, le professeur Michel Reynaud confirmait à sa manière, se souvenant pour sa part d'un rapport qu'il avait remis en 1999 au ministère de la santé sur les pratiques « addictives » :
«Tout ce qu'on disait, dans un sens comme dans l'autre sur la dangerosité du cannabis, a été confirmé ensuite par l'Inserm, raconte-t-il. Mais notre rapport a mis un peu mal à l'aise les autorités sanitaires et politiques car son propos, assez nuancé, était en contradiction avec les représentations très tranchées de l'époque. D'un côté, il y avait ceux qui disaient que fumer un joint, c’était le chemin direct vers l'héroïne et la schizophrénie. Et de l'autre, ceux qui banalisaient à outrance en niant toutes complications liées au produit.»
Lire :

Des travailleurs « sociaux » brisaient, eux aussi, les tabous : «L'aggravation du problème est réelle. Aujourd'hui, il n’est pas rare de voir arriver des ados qui fument 15 à 20 joints par jour et qui sont en rupture complète avec la réalité» (Jean-Marie Brunin, directeur de l'Espace du possible, un centre de soins pour toxicomanes dans le nord de la France)
Et à l’ « Education nationale » :
«Depuis quelques années, les enseignants ont reçu des formations pour mieux repérer les consommations de cannabis. Et certains, qui avaient tendance à dire que tout cela n’était pas bien grave, ont réalisé que de plus en plus d'élèves, gros consommateurs, étaient en réelle difficulté» (le docteur Sylvie Donnadieu, responsable du service médical scolaire dans le département de l’Eure)

Fort bien me direz-vous. Et de vous répondre oui !
Mais partageant l’avis de nombre de professionnels, ne pas perdre de vue qu’il est toujours plus impératif de s'interroger sur les raisons qui poussent les jeunes gens à consommer des « drogues » ou sur le problème de la «polyconsommation» – un grand nombre de jeunes consommant également tabac et alcool… et que nous leur offrons maintenant de boire de la « taurine »…
Toujours raison garder, ne pas « diaboliser »…
Savoir entendre que les bons discours ne sont pas des discours de la peur :
«Le discours de la peur, cela ne marche pas chez les jeunes qui n'aiment rien tant, justement, que jouer avec les peurs et les interdits. Si on commence à dire que fumer un joint de temps en temps, c'est un grave problème de santé publique, on va perdre toute crédibilité auprès de ces jeunes qui voient bien que cela n'est pas le cas»
Un exercice difficile, à l’image de nos temps… qui doit nous faire toujours poser une question fondamentale : Quelle société ?
Et rappeler aussi que ce « défi sociétal » fait partie de l’héritage des années 68…
Portemont, le 28 mai 2008
Le produit
Le cannabis est une plante consommée sous forme d'herbe (marijuana, ganja…), de résine (haschisch) ou plus rarement d'huile. Le plus souvent fumé, il est en général mélangé avec du tabac. Le cannabis est parfois aussi consommé dans des gâteaux ou en infusion.
La consommation
On estime à 850 000 le nombre de consommateurs réguliers (dix fois dans le mois) de cannabis, dont 450 000 consommateurs quotidiens de plus de 12 ans en France.
Les dangers
Le cannabis peut altérer la perception, l'attention et la mémoire immédiate et entraîner un repli sur soi, une perte de motivation et à la longue des problèmes relationnels. Consommé régulièrement, il peut perturber le travail scolaire.
L'intoxication aiguë se manifeste par des vomissements ou des évanouissements, ainsi que par des perturbations psychiques transitoires (hallucinations, dépersonnalisation, bouffées délirantes, attaques de panique).
Le risque de dépendance concerne entre 10 et 15% des consommateurs réguliers. |
Une présentation de grande qualité suite à des travaux réalisés en Belgique:
Au cours de la dernière décennie, l’usage de cannabis en tant que stupéfiant s’est mué en un phénomène social significatif dans toute l’Europe, y compris la Belgique. Désormais, c’est surtout au niveau de la culture des jeunes qu’il faut prendre le cannabis en considération, en dépit de son caractère illégal ou peut-être précisément grâce à celui-ci.
Dans cet article, nous aborderons le problème selon une perspective sociale et sanitaire. À cet effet, nous nous baserons sur les résultats d’études idéologiquement neutres et bien conçues.
Données épidémiologiques
En 2001, 9% de la population flamande âgée de 15 ans et plus avaient déjà testé au moins une fois du cannabis.1 L’utilisation récente de cannabis a été rapportée par 2% de la population de 15 ans et plus. Les utilisateurs appartiennent surtout à la tranche d’âge de 15 à 34 ans. Le cannabis est utilisé dans toutes les classes sociales. L’usage expérimental se retrouve surtout chez les personnes plus instruites.
Pendant la dernière décennie, l’usage de cannabis a augmenté parmi les élèves de l’enseignement secondaire (2). Au cours de l’année écoulée, jusqu’à 15% des élèves avaient pris du cannabis.3 Toutefois, l’utilisation n’augmente plus depuis l’année scolaire 2000-2001 (3). La tendance s’intègre dans un développement plus large: dans la plupart des pays européens, l’usage de cannabis s’est stabilisé au cours des dernières années (4).
En bref
Dans le cannabis, la substance active est le THC. La drogue est fumée ou ingérée.
Fumer est le moyen le plus efficace pour amener le THC au cerveau. Le cannabis s’élimine lentement de l’organisme; l’urine peut encore en contenir des traces quelques semaines après la consommation.
THC
Toutes les parties de la plante Cannabis sativa, ou chanvre indien, contiennent des cannabinoïdes psychoactifs. Les concentrations de loin les plus élevées se trouvent dans les fleurs de la plante femelle. Le composé le plus actif est le D-9-tétrahydrocannabinol (THC), qui est liposoluble.
Les fleurs femelles séchées portent le nom de marihuana (weed); la résine pressée de la plante s’appelle hasch. Au départ de celui-ci, on fabrique également de l’huile de hasch.
Le cerveau possède deux types spécifiques de récepteurs aux cannabinoïdes, ce qui indique qu’il existe dans l’organisme des cannabinoïdes endogènes agissant sur ces récepteurs.
Modes d’administration
Le mode d’utilisation le plus efficace du cannabis consiste à le fumer. Quelques secondes après la première bouffée, la drogue pénètre déjà dans le cerveau et y atteint les récepteurs aux cannabinoïdes.
Parfois, le cannabis est ingéré, par exemple en tant qu’ingrédient d’un space cake (gâteau au cannabis). Le THC est assez facilement absorbé par l’intermédiaire des intestins mais ce processus est lent et imprévisible. En outre, la majeure partie du produit est rapidement dégradée dans le foie avant d’arriver dans la circulation.
Le moyen le plus utilisé pour consommer du cannabis: fumer un joint.
Élimination
L’élimination du THC de l’organisme prend plusieurs jours. En effet, le THC et certains métabolites liposolubles disparaissent rapidement de la circulation et se concentrent dans le tissu adipeux. Les métabolites sont progressivement excrétés par l’urine et les fèces.
La période au cours de laquelle le THC est détectable peut varier de cinq jours en cas d’utilisation unique ou très sporadique à plusieurs semaines en cas d’usage quotidien.5 Ce constat est important en pratique clinique: étant donné que les résidus de cannabis/THC persistent parfois plusieurs semaines dans l’organisme, un test urinaire positif ne donne pas toujours une idée précise de l’utilisation de la substance au moment du prélèvement de l’échantillon.
Le temps pendant lequel on retrouve des traces d’usage de cannabis varie fortement en fonction de l’utilisateur, des circonstances, de la concentration de THC dans le cannabis et du mode d’utilisation.
En bref
Le cannabis est utilisé en raison de son action hallucinogène, avec des effets tels que détente et gaieté. La drogue provoque une baisse de la tension artérielle et accélère le rythme cardiaque. Le cannabis fumé est néfaste pour les poumons.
Effets et risques de l’usage de cannabis
Les effets le plus souvent rapportés par les utilisateurs sont la détente, la gaieté (high) et le fou rire, une stimulation de l’appétit, un léger étourdissement (stoned), une augmentation de la perception sensorielle et une modification de la perception temporelle.
Dans les paragraphes suivants, nous donnons un aperçu de ce que la littérature scientifique mentionne à propos des effets et des risques liés à l’usage de cannabis (6).
Accessoires de l’utilisateur de cannabis: papier à cigarettes pour rouler un joint et une pipe
Cœur et poumons
L’usage de cannabis provoque une baisse de la tension artérielle et une accélération du rythme cardiaque. Dès lors, le cannabis n’est pas sans danger pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques.
Fumer du cannabis entraîne pour les poumons un risque sévère qui augmente probablement avec la durée de l’utilisation. L’habitude de mélanger le cannabis au tabac accroît encore ce risque. En effet, les fumées de cannabis et de tabac ont pratiquement la même composition; elles contiennent donc les mêmes substances chimiques néfastes pour le tissu pulmonaire. Après quelques années d’usage régulier, on peut déjà percevoir des modifications du tissu des voies respiratoires. À ce jour, il n’y a pas de preuves convaincantes d’un éventuel lien causal avec l’asthme, la bronchite chronique, l’emphysème pulmonaire ou le cancer du poumon (7). Le mélange de cannabis et de tabac entraîne un risque sévère de voir l’utilisateur développer une dépendance tabagique.
Si le cannabis est fumé avec un narguilé ou un humidificateur, la fumée est moins chaude et donc moins néfaste pour les poumons. Cependant, vu la quantité plus faible de THC absorbée, le sujet aura tendance à consommer davantage. En définitive, il inhalera plus de goudron.
Autres effets organiques
L’usage de cannabis a une influence sur la motricité fine et sur la mobilité. Cette influence est dose-dépendante; elle peut être stimulante ou inhibitrice.
Le THC interfère dans une certaine mesure avec le système reproducteur. À court terme, l’utilisation de cannabis peut entraîner une diminution transitoire et réversible de la fertilité. Les femmes enceintes ne devraient pas utiliser de cannabis, encore moins en combinaison avec du tabac.
Chez les adultes, les études n’ont pas pu démontrer que l’usage de cannabis pouvait provoquer des modifications permanentes au niveau de la structure cérébrale. Pour les adolescents, le fait est beaucoup moins sûr.
En bref
Chez les patients psychiquement vulnérables, le cannabis peut accélérer le développement de troubles psychotiques. Une relation existe entre le cannabis et la diminution de la motivation et des performances, ainsi qu’avec la dépression et le suicide. Chez les patients vulnérables, le cannabis peut induire la schizophrénie. Le cannabis affecte la mémoire à court terme. Il n’y a pas de preuves en faveur d’une atteinte durable de la mémoire.
Effets psychiques
Tel que mentionné ci-dessus, l’usage de cannabis entraîne une augmentation de la sensibilité aux stimuli auditifs et visuels et une modification de la perception du temps.
Dans certains cas exceptionnels, l’usage (oral) d’une dose importante de cannabis peut provoquer des symptômes psychotiques aigus. Ceux-ci disparaissent généralement d’eux-mêmes après quelques heures. Rien n’indique que l’usage de cannabis provoque des troubles psychotiques chroniques.
Par contre, le cannabis peut accélérer le développement de troubles psychotiques chez les personnes présentant une certaine prédisposition. L’usage de cannabis peut également accélérer l’évolution d’un trouble psychotique existant.
La diminution de la motivation et des prestations que l’on constate parfois chez les gros consommateurs de cannabis est un phénomène psychosocial complexe. Celui-ci ne peut être attribué systématiquement au cannabis; le problème peut être lié à une dépression sous-jacente ou faire partie d’un dysfonctionnement psychologique plus large. Un lien existe entre l’utilisation problématique de cannabis et la dépression et le suicide. Toutefois, les mécanismes déterminant ce lien sont inconnus.
Le cannabis induit-il la schizophrénie?
Récemment, tant la presse générale que la presse scientifique se sont penchées sur quelques études de cohortes longitudinales; ces études affirmaient que l’usage chronique de cannabis menait à la schizophrénie. Si l’association entre l’usage de cannabis et l’apparition d’une schizophrénie a bien été établie, les preuves d’un lien causal font défaut. Il semble que dans une population non vulnérable, l’usage de cannabis n’induise pas de schizophrénie. En effet, l’incidence de la schizophrénie n’est pas en hausse, en dépit de la forme endémique que prend l’usage de cannabis.
Chez les personnes vulnérables par contre, le cannabis peut déclencher une schizophrénie. Par ailleurs, il augmente le risque de récidive chez les sujets schizophrènes. En outre, les patients schizophrènes se tourneraient plus rapidement vers le cannabis.
Effets cognitifs
Le cannabis peut perturber la mémoire à court terme. Aucune donnée scientifique ne prouve qu’une consommation importante affecte la mémoire de manière permanente. Chez les jeunes en âge de scolarité, la détérioration de la mémoire à court terme et des autres fonctions mentales peut entraîner de moins bonnes prestations scolaires juste après la consommation. Chez les utilisateurs réguliers de cannabis, les résultats scolaires médiocres sont souvent liés à d’autres problèmes comportementaux. La consommation de cannabis ne provoque pas de troubles sévères des autres fonctions cognitives.
Conduite de véhicules
La conduite sous influence de cannabis est dangereuse. L’aptitude à exécuter des tâches compliquées est diminuée pendant au moins huit heures après une prise unique. Par mesure de sécurité, il est préférable de ne pas conduire ni d’utiliser de machines dangereuses pendant les 24 heures qui suivent la consommation. Les mesures devraient être encore plus strictes pour les personnes dont la profession implique une sécurité absolue, tels les conducteurs de trains et de bus, les pilotes, etc. Par ailleurs, l’alcool renforce l’influence négative du cannabis sur le comportement au volant.
En bref
Le risque de dépendance physique et psychique au cannabis est relativement faible. Certains groupes deviennent plus rapidement dépendants que d’autres; c’est notamment le cas des jeunes de moins de 16 ans qui consomment du cannabis chaque semaine. Il existe une relation claire entrel’utilisation de cannabis et celle d’autres drogues. Il est possible que le cannabis agisse comme voie d’accès à d’autres drogues.
Dépendance
Si l’on compare le cannabis à d’autres stupéfiants, on constate que le risque de dépendance physique et psychique est limité. Environ 8% des utilisateurs adultes de cannabis et 15% des consommateurs adolescents présentent des symptômes de dépendance. Les études épidémiologiques indiquent qu’une minorité des personnes ayant consommé du cannabis par le passé continuent à le faire régulièrement et pendant une longue période.
Le risque de dépendance n’est pas identique pour tout le monde; peut-être même est-il partiellement déterminé par la génétique. Dans tous les cas, le risque de dépendance augmente à mesure que l’on consomme de plus grandes quantités, pendant une période plus longue et surtout de manière plus régulière. Les personnes qui commencent très jeunes à consommer du cannabis deviennent plus rapidement dépendantes. L’usage avant l’âge de seize ans augmente le risque de dépendance, d’autant plus lorsque le jeune consomme du cannabis au moins une fois par semaine. En outre, les groupes suivants sont particulièrement sensibles: les jeunes, les hommes, les utilisateurs simultanés d’autres stimulants, en particulier le tabac et l’alcool, ainsi que les personnes ayant des antécédents de troubles comportementaux, de violence et d’autres problèmes psychiques.
Lors de l’arrêt de la consommation, rares sont les symptômes de sevrage tels que perte d’appétit, anxiété, irritabilité, tension, troubles du sommeil et état dépressif. La raison en est la longue demi-vie du THC.
http://journaldelanalyse.blogspot.com/2007/05/consquences-mdicales-et-psychiatriques.html
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