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| Les petits « Minotaures » vont en boire des pintes… et des pintes…
Le groupe de Dietrich Mateschitz, ancien fabriquant de dentifrice, s’engage à mettre sur ses canettes une mention dite « sanitaire », déconseillant la boisson aux enfants et aux femmes enceintes. A défaut d’avoir l’haleine fraîche, nos chères têtes blondes, n’en doutons pas, pèteront feu et flammes ! Madame le ministre de l’Economie vient au secours de Monsieur Darcos… ou lui plante-t-elle des banderilles dans l’échine ? En 1996, rappelons que le Conseil supérieur d’hygiène publique de France avait rendu un avis défavorable à propos du Red Bull. Motif : les "effets neuro-comportementaux indésirables (...) de la taurine", un de ses composants, jugé dangereux. Si donc, ledit Conseil est une réunion de rigolos ne devrait-on pas tous les remercier ? En 2003, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments avait souligné les « effets neuro-comportementaux indésirables » de cette boisson qui contient de la taurine, un dérivé d'acide aminé. Cette agence est-t-elle, elle aussi un club de rigolos ? Même motif même punition ! Facilement « commandable » sur Internet et en vente dans 25 des 27 pays de l’Union européenne, il eut fallu faire preuve d’une authentique volonté de souveraineté pour poursuivre dans l’interdiction de la vente de « Red Bull »… Pourtant, début avril 2008, l’Afssa avait estimé que « la sécurité n'était pas assurée pour le consommateur avec une dose de taurine 500 fois supérieure à la concentration dans l’alimentation normale. » Les adorateurs du marché m’objecteront que 3,549 milliards de canettes de la boisson « énergisante » ont été vendues en 2007. Partout dans le monde à l’exception de la France. Et que « Red Bull » avait porté plainte contre la France, que nous étions en bien mauvaise posture…
Et dans nos temps si difficiles et moroses, la France n’a-t-elle pas besoin d’un petit coup de fouet ? Toujours plus ! D’un côté nous déplorons notre société qui n’a de cesse d’exiger toujours plus de performances, et notre belle jeunesse n’est pas la première dans la critique, d’un autre côté nous autorisons la commercialisation de toujours plus de produits « miracles » qui regorgeraient de vertus pouvant faire de nous des « bêtes » de résistance, et nous vous épargnerons l’énoncé des performances… Mais qu’en est-il de la taurine ?
Depuis la nuit des temps, les hommes ont souvent éprouvé le besoin de prendre ou de boire un petit « remontant ». Soit. Certains sont des plus agréables, d’autant qu’ils sont le fruit d’un dur labeur des hommes. Mais nous avançons dans une société en totale perte de repères et les premières victimes sont toujours les plus faibles… Portemont, le 20 mai 2008
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