La dure réalité…

Proportion de salariés ayant accès à un dispositif d'épargne salariale
selon la taille de l'entreprise
Source : Dares ; enquête ACEMO - PIPA 2003

Le Président qui fait tout, a incité les entreprises à développer l’intéressement. Les jeux de poignet faisant refléter de riches heures n’ont pas les pouvoirs d’une baguette magique. Ecoutons Lionel Tourtier, délégué du « Fondact »…

Le « Fondact » regroupe des experts et des responsables « rémunération » de 120 grandes entreprises. Délégué général de cette association, Lionel Tourtier a rencontré près de 1000 dirigeants d’entreprises.

A la question posée par Derek Perrotte pour Les Echos du mardi 27 mai 2008 :
« L’intéressement est salué comme un outil simple et efficace. Comment expliquer qu’il n’ait jamais décollé dans les PME ? »

Le délégué général de répondre : « … la loi impose des accords triennaux. Beaucoup de PME, n’ont pas la visibilité pour s’engager sur trois exercices et finissent par renoncer. Il faudrait les autoriser à passer des accords de un an reconductible. »

Et Lionel Tourtier de nous expliquer les efforts de pédagogie et d’accompagnements à effectuer auprès des PME.

Les grandes entreprises réalisent assez de profits pour développer « rapidement » l’intéressement, d’autant que des effets mécaniques pourraient jouer…

Autre question : « L’objectif de doublement en quatre ans des sommes versées est-il réalisable ? »

Diplomate, le délégué général salue l’ambition du projet. Mais…

« Ce sera très variable d’un secteur à l’autre. Les activités avec un fort niveau de profitabilité ont largement les moyens de rééquilibrer leur partage de profits, aujourd’hui bien plus favorable aux actionnaires qu’aux salariés. Mais beaucoup d’entreprises, dans la restauration ou la sous-traitance industrielle par exemple, ont des marges trop restreinte et une trésorerie trop limitée pour verser de l’intéressement, crédit d’impôt ou pas. »

Dure est la réalité…

Et d’enfoncer le clou : « Beaucoup n’auraient pas la trésorerie pour assumer une telle mesure, qui, en plus, pénaliserait leur compétitivité. Et cela n’aurait rien changé au fait que 8 millions de salariés ne perçoivent aucune épargne salariale »

Inciter les PME à redistribuer une part de leur profit ? Fort louable.

Le gouvernement n’aurait-il pas été inspiré d’imposer une augmentation de la participation ?

 « Il est simplement dommage qu’il n’ait pas choisi de concentrer les incitations fiscales sur les PME de moins de 50 salariés. »…

En 2005, 54% des salariés accédaient à un dispositif d’épargne salariale.
Comme toujours le « verbe » présidentiel fait illusion…

La « dure réalité », elle, est toujours bien présente.

Léon Areva, le 5 juin 2008

Fin 2000, 2,5% des entreprises appliquaient un accord de participation, couvrant 40% des salariés. Les sommes distribuées atteignaient 4,6 milliards d'euros en 2001, soit une prime moyenne de 1.079 euros par salarié.
3,7% des entreprises disposaient d'un accord d'intéressement, couvrant 28% des salariés et 4,1 milliards d'euros ont été versés, soit une prime moyenne de 1.147 euros par salarié.
Le graphique suivant présente la proportion des entreprises ayant passé des accords d'intéressement, de participation ou ayant un plan d'épargne d'entreprise.


Source : DARES - Premières informations, premières synthèses, septembre 2003, n° 37-2.

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rapports/r1682.asp

 

 



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