Dans plusieurs aéroports chinois, les voyageurs découvrent en débarquant un immense panneau aux couleurs des Jeux olympiques et de l'un de leurs commanditaires, la société Visa. Comme quoi les marques qui y sont associées vivent déjà à l'heure de cette grande manifestation sportive.
Cible depuis plusieurs années des grands groupes mondiaux, le marché publicitaire chinois accélérera encore sa croissance avec les Jeux de Pékin en août prochain.
Selon Robert Lerwill, président du groupe de conseil en communication britannique Aegis, les investissements publicitaires en Chine devraient passer de 34 G$ US en 2007 à 42 G$ US cette année, un bond de 23,9 %.
Aegis affirme que le marché publicitaire chinois se classe présentement au troisième rang mondial et qu'il pourrait bientôt ravir la place de second au Japon et se retrouver juste derrière les États-Unis.
CCTV en profite
Quel sera le principal gagnant de la fièvre olympique ?
La télévision s'arroge près de 80 % des investissements publicitaires, répond M. Lerwill.
Shanghai Media Group table sur une progression de ses revenus de 20 % à 30% cette année. Ce groupe de médias audiovisuels régional, contrôlé par le gouvernement de Shanghai, et qui revendique un chiffre d'affaires de 700 M$ US, ne pourra pourtant pas diffuser les épreuves des Jeux.
La prérogative en revient au puissant groupe de télévision publique CCTV, qui diffuse à l'échelle nationale.
Pour profiter au mieux de son statut de diffuseur officiel, CCTV a procédé à une lucrative vente aux enchères de ses espaces publicitaires liés aux Jeux dès fin 2007.
Adidas, équipementier officiel de l'événement, a donc investi en force les écrans de télévision, et en particulier ceux de la CCTV, pour donner, début décembre, le coup d'envoi à sa campagne de communication liée aux Jeux.
Campagne gigantesque
Même s'il se refuse à la chiffrer, Jochen Haase, directeur du marketing d'Adidas en Chine, affirme qu'il s'agit de « la plus importante campagne jamais lancée sur un marché ».
Le budget dépasse celui qu'Adidas a consacré à la Coupe du monde de soccer de 2006, qui se déroulait pourtant sur son territoire.
La marque allemande a constitué un réseau de 4 000 points de vente en franchise, mais elle doit composer avec les spécificités de ce marché où la pratique sportive n'est guère développée et où le soccer n'a pas encore imposé sa loi.
Acteurs chinois
Comme dans les autres marchés, Adidas et Nike se livrent en Chine une bataille frontale. De même que Coca-Cola et Pepsi ou KFC (PFK) et McDonald's.
Mais ces entreprises doivent aussi affronter de nouveaux acteurs chinois. À l'instar de la marque de sport Li Ning, fondée par un ancien médaillé olympique et bien décidée à s'aventurer dans la même arène que les marques occidentales.
Dans ce contexte, pour Adidas, Coca-Cola ou McDonald's, leur rôle de commanditaire des Jeux revêt une importance particulière.
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« Coca Cola »… |
En passant, les grands commanditaires auraient versé au total près de 900 M$ US (environ 100 M$ US chacun) au Comité international olympique pour bénéficier du droit exclusif d'associer leur marque aux Jeux de Pékin. Selon une estimation du secteur, ce serait 45 % de plus qu'à Athènes (2004).
Un responsable du mouvement olympique chinois a indiqué récemment que les revenus issus du marketing et du programme olympique de partenariat couvriraient le coût des Jeux, estimé à 2,1 G$ US.
Source : http://argent.canoe.com |