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| « Responsable mais pas coupable »…
Et le Président Sarkozy est furieux ! Lui qui voulait rouler une fois encore des mécaniques, rien moins qu’à Davos… Jérôme Kerviel aurait engagé la Société générale, son employeur, sur 50 milliards d’euros de contrats à terme sur des indices boursiers. Aux dires des spécialistes, le « trader fou » n’aurait pas fait preuve d’une extrême intelligence. Les produits choisis étaient peu sophistiqués, bénéficiant d’une bonne traçabilité sur un marché « ultra-réglementé »… Tous les professionnels de la finance rient sous cape. Ce qu’ils appellent une position « directionnelle » ne peut rester inconnue pendant un an au sein d’une banque. Toutes les explications de la Société Générale et particulièrement celles de Monsieur Bouton ne sont que des écrans de fumée. Les plus indulgents, comme Elie Cohen, économiste-chercheur au CNRS, seraient prêts à nous faire croire que la banque ne pouvait pas détecter les opérations de Jérôme Kerviel, dans un marché où « 50 milliards d’euros doivent être relativisés dans une activité qui vit sur de très faible marges sur des volumes colossaux que traitent quotidiennement les traders : le fonds LTCM avait 1 200 milliards de positions pour 5 milliards de fonds propres ! » Mais en contrepoint, Elie Cohen ne se laisse pas abuser… « Ce qui est peu crédible, c’est que le trader ait pu agir en toute impunité pendant plus d’un an. Quant à « la faute à pas de chance », cela ne tient pas : c’est la décision de dénouer brutalement les positions qui sont la source des pertes massives. Plus radical, Florin Aftalion, professeur émérite de finance à l’Essec, s’appuyant sur le fonctionnement des chambres de compensation et de la « mécanique » d’appel de marges a du mal à imaginer l’ignorance de la Société Générale : « … il paraît difficile d’imaginer qu’elle ait pu ne pas être alertée par l’ampleur des appels de marges provenant d’un seul trader. » (La Tribune du 28-01-2008) Les initiés apprécieront… Premier contre-feu : Faire pleurer dans les chaumières et se montrer homme de cœur : Monsieur Bouton se punit et se prive de salaire pendant six mois. Beau geste du deuxième patron le mieux payé de France qui affichait pour 2006, un salaire de 3,3 millions d’euros, hors revenus tirés de son « portefeuille » d’actions et « stock-options »… Pas de quoi désespérer le peuple d’en bas… Dans le même temps, le monde financier se frotte les mains et assiste à la plus incroyable politique de soutien à l’économie américaine : la Fed baisse le prix de l’argent de 75 points. « Du jamais vu depuis 15 ans! » Et tout s’accélère… Au fil des informations et des rumeurs le scepticisme des spécialistes va grandissant. A bien effeuiller la presse on pouvait lire que la Société Générale aurait préféré: «charger un pauvre bougre» afin de faire passer des pertes qui «s'étaient accumulées» au cours de la crise des «subprimes» (prêts immobiliers à risques américains). «Le sentiment des salles de marchés, c'est qu'il n'est pas possible qu'un individu seul ait pu faire cela. La Société Générale aurait chargé la barque sur le thème de la fraude pour faire passer plusieurs mauvaises opérations de marché» ajoute-t-il. Toujours Elie Cohen in (Le Figaro.fr, en date du 25.01.2008) Très finement, Muriel Motte, rédacteur en chef au «Figaro économie» s’appuyait le 26 janvier sur les « Humeurs matinales »de l’économiste américain Ed Yardeni qui entamait sa journée du 25 janvier par un: «Merci Jérôme». Muriel Motte nous ouvrait des horizons nouveaux et inattendus. Inattendus ?
Aux dires de Marc Touati, économiste chez « Global Equities », « tous les gens qui travaillent dans les banques savent que, quand les pertes atteignent un certain niveau, on coupe les positions. Des pertes peuvent atteindre 100-200 millions d'euros, mais 5 milliards, c'est impossible ». Pour le monde de la finance, la farce est plus que grotesque ! La Société Générale ne serait-elle pas en train de : « charger un pauvre bougre pour faire passer des pertes qui se sont accumulées au cours de la crise des « subprimes. » ». C’est la question qui est sur toutes les lèvres… Et le monde politicien d’ y aller de ses coups de menton ! Monsieur Fillon veut un rapport. Le président de la commission des finances du Sénat auditionne le président de l’Autorité des marchés financiers. Des députés se manifestent afin que soit convoqué le PDG Bouton. Et bien sûr le Super Président de la République Nicolas Sarkozy se devait de s’en mêler. Il avertissait qu’il y aurait des « conséquences » pour les personnes responsables du scandale de la Société Générale y compris au plus haut niveau… Vous parlez d’une réaction ! La Société Générale est une entreprise privée, soumise aux contrôles propres à sa profession, exerçant son activité dans le cadre législatif en vigueur. Point. Ou alors à remettre en cause le système en vigueur… Tout le système… Chiche ? Et oser aller jusqu’au bout… Ne pas oublier aussi de changer le régime ! Alors là, nous pourrons dire « Merci Jérôme » ! Léon Areva, le 31 janvier 2008
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