|
|||
C’était au 31 du mois d’août 2007…
Chez « Natixis », Philippe Dupont nous disait : « Pas une remise en cause de la stratégie des grandes banques diversifiées. » En écho, Axel Miller, le patron de « Dexia », affirmait avec gourmandise : « Les conditions actuelles offrent de réelles opportunités à des bons niveaux de rémunération du risque. » Et le président du Crédit Agricole René Carron,grand juge de paix de préciser : Le 20 décembre 2007, le Crédit Agricole annonçait que sa banque d’affaires « Calyon » ferait état d’un résultat négatif pour 2007 : près de 1,6 milliard d’euros. Tentons d’expliquer qui est, qui était cette « digue » que les spécialistes appellent dans leur jargon financier un « monoline » ou un « rehausseur de crédit ». La « digue »donc, apportait sa garantie contre le risque de défaillance de titres obligataires, et tout particulièrement les titres financiers indexés sur les crédits hypothécaires souscrits par les familles américaines… Voyageurs comme pas un, ces titres sont allés se nicher douillettement dans les portefeuilles de tous –ou presque- les établissements financiers de la planète. Le mercredi 19 décembre 2007, l’agence de notation « Standard & Poor’s » sortait de son chapeau, tel un lapin, sa dernière note concernant la « digue » : « CCC » soit douze crans en dessous de sa note précédente qui était « A »… La « digue » ACA était considérée en quasi-faillite devant subir selon les pronostiqueurs, 2,2 milliards de dollars de pertes, avec pour tout pécule 650 millions de fonds propres… Quid des garanties que la « digue » avait prise sur 26 milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires ? Il est à notre portée d’imaginer la tête des gros clients d’ « ACA » comme « Merrill Lynch », « UBS », « Bank of America », « CIBC » et bien sûr notre « Caylon » agricole… Le jeudi 20 décembre 2007, les dirigeants de la « Banque verte » avaient le moral en berne. Et René Carron de déclarer : «La crise s’installe, et les banques ne retrouveront pas la confiance indispensable avant que la situation ne se stabilise», épaulé par son directeur général Georges Pauget qui poursuivait : «Aujourd’hui, on est train de gérer la crise. On aura une meilleure visibilité au niveau des impayés entre le premier et le second trimestre 2008». Prudent, il concluait : «L’impact sera limité, mais je ne connais pas de phénomène monétaire qui n’impacte pas l’économie». Précisons pudiquement que le titre du Crédit Agricole aura perdu 29% de sa valeur depuis le début de l’année 2007… Fin d’année bien morose pour les banquiers de la planète, faisant le bonheur des fonds souverains… Lecture, au coin de la crèche, sur les sites : http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/299488.FR.phphttp://www.rfi.fr/actufr/articles/096/article_60589.asp Léon Areva, le 2 janvier 2008
|
|||