| Les fruits d’une longue, très longue histoire…
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A souhaiter pour le Maroc, que les fruits n’aient pas à terme, un goût trop amer…
La mise en place du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) est effective. Un projet en gestation depuis une dizaine d’années... Un budget à 50 millions de dollars…
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Sans trop de bruits et toujours veillant à ne point y donner trop de publicité, le Maroc a toujours accordé un soutien effectif aux Etats-Unis…
Dès les années 1960, des troupes marocaines intervenaient au Congo, sous couvert de l'ONU, ainsi qu’en 1978 et 1979 avec des militaires européens sous contrôle logistique américain…
On retrouve des troupes marocaines actives en Angola, les années 1970 et 80, aux côtés du MPLA de Jonas Savimbi contre l'UNITA de Agostino Néto, troupes intervenant pour le compte des Etats-Unis. Interventions sans gloire qui en son temps posaient les militaires marocains comme des supplétifs au service des américains. Pendant la période de la guerre froide, le Maroc s'est toutefois efforcé de faire la part des choses, se situant dans le camp occidental et donc américain, mais gardant de bonnes relations avec les non-alignés… Et ce n’est pas pour faire du tourisme que la quasi-totalité des présidents américains s’est rendue au Maroc…
La présence militaire américaine au Maroc est inscrite dans le paysage depuis de nombreuses années, le royaume alaouite ayant autorisé en 1983 les États-Unis à construire plusieurs bases dont la plus célèbre est la base aérienne de Ben Jarir, située à une soixantaine de kilomètres de Marrakech…
Et se rappeler le soutien du Maroc, avec envoi d’un contingent, lors de la guerre du Golfe de 1990-91, conduite par George Bush. (Père…)
Dès 2003, les Etats-Unis annonçaient la couleur : « Nous allons doubler notre assistance militaire » avec le Maroc. Déclaration du secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, à l'issue d'une rencontre avec le roi Mohammed VI à Marrakech le 4 février 2003… Les forces armées royales marocaines (FAR), qui bénéficient de l'assistance d'instructeurs US, participaient chaque année à des manœuvres terrestres communes avec l' « US Army »…
Une longue histoire que les liens qui unissent le Maroc aux Etats-Unis…
Et Colin Powell pouvait rajouter lors d’une conférence de presse à Marrakech : « nous nous sommes retrouvés unis dans la tragédie du terrorisme »…. « Nous appuyons les initiatives du Maroc pour lutter contre ce mal »… (Attentats de Casablanca, mai 2003)
Aussi est-ce sans grande surprise que s’est précisée l’installation des Etats-Unis dans le Sud Marocain, et ce d’autant que les autres pays du Maghreb ne pouvaient pas souscrire aux offres des Etats-Unis…
Le Sixième commandement régional militaire américain, l’AFRICOM, devrait donc installer ses pénates à Tan Tan dans le Sud marocain…
Rappelons que la vente des 24 avions de combat F16 à prix « cassé », au Maroc, s’inscrivait dans une stratégie américaine « globale » et qu’en 2005, les armées du Maroc et des Etats-Unis avaient déjà organisé en avril 2005 des exercices militaires (African Lion 2005) dans cette région du Sud marocain…
Cette installation a été sérieusement mûrie :
Des négociations entre le renseignement américain et les services secrets marocains ont préparé le terrain à cet accord conclu par les congressmen US, lesquels auraient visité d’autres pays africains, alliés de Washington, qui étaient sur les rangs pour accueillir le siège de l’Africom.
Des experts américains ont réalisé une étude topographique du terrain, qui se prête idéalement à un tel projet en raison de la proximité des côtes atlantiques marocaines, d’où la facilité pour l’US Navy de s’en approcher.
Transmise au Pentagone, la proposition a été entérinée par le département de Robert Gates, qui entamera prochainement la livraison des équipements nécessaires à la construction de la base. En échange de ces facilités, les États-Unis ont proposé au Maroc une contrepartie financière, sous forme d’aide très séduisante, indiquent les mêmes sources.
Source : http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/geopolitique/africom_maroc.htm |
Et ne perdons pas de vue que dans 25 ans l’Afrique devrait fournir 25% du pétrole importé par les Etats-Unis au lieu des 17% actuels…
Léon Areva, le 1er mars 2008
Afrik.com : Pourquoi un commandement régional africain ?
Eric S. Elliott : Il y avait déjà un commandement militaire africain mais il était réparti au sein des trois autres commandements régionaux américains, à savoir du Commandement pour l’Europe (EUCOM, basé à Stuttgart, ndlr), du Commandement central (CENTCOM, basé en Floride, ndlr) et du Commandement Pacifique (PACIFICCOM, basé à Hawaï, ndlr). Mais aujourd’hui, nous disposons d’un commandement unique qui fait de la région Afrique, soit 53 pays, une véritable priorité, contrairement à la situation que nous connaissions auparavant. Tous les pays africains qui dépendaient des autres commandements régionaux, de même que ceux regroupés au sein du Commandement du centre (l’Afghanistan, l’Irak, l’Egypte, le Soudan, la Somalie et le Kenya, ndlr), tous sauf l’Egypte, seront transférés d’ici le 30 septembre 2008 sous l’autorité d’Africom.
Afrik.com : Quel est l’organigramme d’Africom ?
Eric S. Elliott : Africom est sous le commandement du général William E.Ward. Ses deux adjoints sont l’amiral Robert T. Moeller, commandant adjoint pour les opérations militaires et l’ambassadeur Mary Carlin Yates, commandant adjoint pour les activités civilo-militaires.
Afrik.com : Africom est actuellement abrité par le siège de votre commandement européen à Stuttgart en Allemagne. Vous ne semblez pas être le bienvenu sur le continent, notamment auprès des pays que vous avez approchés, la Libye et l’Afrique du Sud. De même, vous avez aussi récemment démenti que la Mauritanie avait été choisie…
Eric S. Elliott : Nous sommes toujours en consultation avec les pays africains. Par ailleurs, Stuttgart s’est imposé comme siège temporaire parce que le commandement européen s’occupait jusqu’ici de la majorité de nos opérations militaires en Afrique.
Afrik.com : Que va devenir le camp Lemonier à Djibouti ? Sera-t-il attaché au nouveau commandement régional africain ?
Eric S. Elliott : L’organisation d’Africom commence juste à se mettre en place. Le sort qui sera réservé à notre base djiboutienne n’a pas encore été décidé.
Afrik.com : Quelles sont les missions stratégiques dévolues à Africom ?
Eric S. Elliott : L’Afrique est devenue un continent stratégique, c’est le deuxième le plus peuplé de la planète. C’est un continent qui échange de plus en plus avec les Etats-Unis, notamment ses ressources naturelles, et nous souhaitons lui apporter notre aide face aux problèmes de développement qui sont les siens. Africom répondra ainsi aux besoins humanitaires des pays africains en termes de logistique. Par exemple, quand il a fallu rapatrier en 2005 les prisonniers marocains détenus en Algérie par le Front Polisario, nous avons apporté notre appui militaire. L’autre mission de ce commandement régional africain est d’aider les pays africains à améliorer et à mieux assurer leur sécurité à travers, entre autres, la formation. Africom collaborera par ailleurs étroitement avec l’Union africaine.
Afrik.com : Africom sera aussi le moyen de préserver les approvisionnements américains en pétrole et de mener la lutte contre le terrorisme en Afrique...
Eric S. Elliott : En matière de lutte contre le terrorisme, nous avons déjà le camp Lemonier dont vous parliez tantôt. Africom devrait plutôt avoir des missions qui contribueront à aider les pays africains à lutter contre le terrorisme. Quant au pétrole, il s’agit surtout d’en garantir et de protéger le libre accès dans le monde entier, et plus particulièrement en Afrique. Africom souhaite aider les pays africains à défendre leurs intérêts, celui d’exporter notamment leur pétrole. Notre but est d’aider les pays africains à être plus indépendants en termes de sécurité, avec ou sans pétrole. Notre aide n’est pas conditionnée.
Afrik.com : Que représente Africom dans l’arsenal militaire américain à l’étranger ?
Eric S. Elliott : Africom, qui comptera environ 1000 hommes, représente une goutte d’eau comparé aux près de 27 000 soldats américains basés, par exemple, en Corée du Sud.
Afrik.com : Dans ces conditions, comment parviendrez-vous à assurer toutes vos opérations ?
Eric S. Elliott : Nous ferons appel, quand cela sera nécessaire aux autres commandements régionaux américains dans le monde.
http://www.afrik.com/article12856.html |
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