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| Un grand défi au cœur de la Cité…
S’entendre déjà sur la définition… Il y a le « visible » et ce qui l’est moins… Les intentions s’affichent avec force de communication et dans le même temps notre société court sans cesse derrière la « performance ». Des plus « petits » au plus « grands », nos frères, nos proches, avec leurs différences qui s’égrènent comme un poème à la « Prévert », tentent d’inscrire leur vie parmi nos vies…
Il y aurait 270 000 enfants en âge d’être scolarisés, enfants marqués du sceau du « handicap ». Les derniers chiffres connus font état de 170 000 de ces enfants, scolarisés, dont 110 800 en milieu scolaire « ordinaire ». C’est encourageant et ces chiffres témoignent d’une nette progression : 30% de mieux depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2005. Une loi qui prévoit l’accès « à tout pour tous »… Toujours à la rubrique « Bonnes nouvelles », nous retiendrons que les cursus s’allongent : 30% de plus d’élèves « handicapés » scolarisés dans le second degré. Dans l’enseignement supérieur, des petits rayons de soleil : de 8500 étudiants pour l’année 2005/2006, nous sommes passés à 10 500 pour l’année 2008/2009. Si nous inclinons vers un pessimisme modéré, nous ferons valoir que 80% des « handicapés » ont un niveau inférieur au bac, qu’ils abandonnent leurs études souvent dès la troisième. Que manquant de qualification, ils sont frappés d’un « sur-handicap » : ils affichent un taux de chômage double du taux général de chômage en France.
La « crise » direz-vous… Mais le « quota » -mot terrible – de 6% de travailleurs qui est imposé aux entreprises de plus de 20 salariés, ce depuis la loi du 10 juillet 1987, est au rayon des accessoires « vœux pieux ». Réalité cinglante : le taux de salariés « handicapés » est de 2,8% dans le secteur privé et de 4,4% dans le secteur public.
La « crise » ? Un report à six mois du règlement par les entreprises des pénalités dues pour ne pas atteindre ce fameux « quota »… et un report « sine die » des « surpénalités » qui devaient s’appliquer janvier 2010 aux entreprises ayant atteint le délai de trois ans qui leur été imparti pour engager des actions en faveur des « handicapés ». Accès « à tout pour tous » ? Ne dit-on pas que « quand le bâtiment va tout va ! » ? Dans le bâtiment tout ne va pas si bien… Ce fut même à la veille de Noël qu’un amendement fut adopté « nuitamment », instaurant des dérogations pour le « bâti neuf ». (Heureusement le Conseil constitutionnel cassait cet amendement en l’estimant anticonstitutionnel le 29 décembre dernier) Mais tout ne saurait être fait à coups de lois, de sanctions ou d’aides financières. C’est d’abord dans nos têtes, dans nos cœurs aussi, que l’accès « à tout pour tous » doit se faire… Portemont, le 2 février 2010
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