L’Imposteur a parlé…

Il a dévoilé son « plan » mardi 27 mai 2008. La prise de décision de construire le deuxième porte-avions est renvoyée vers 2011 ou 2012.
Le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale a été présenté à huis clos aux parlementaires la semaine dernière… Ce « Livre » faisait profil bas sur la question du « deuxième » porte-avions et s’en remettait à la volonté présidentielle. Nous sommes fixés.

« On a un peu de temps puisque la décision devrait être prise aux alentours de 2011-2012 »… La décision de construire ou de ne pas construire…
Economie répondrons certains.

Vraie fausse économie de plusieurs centaines de millions d’euros répondent les spécialistes. La France a financé pour près de cent millions d’euros les études des deux porte-avions que le Royaume-Uni va mettre en chantier…

Et dans le meilleur des cas si la décision de construire ce deuxième porte-avion était prise, il ne serait pas opérationnel avant 2018, alors que la prochaine période d’indisponibilité périodique pour entretien et réparation du Charles-de-Gaulle est prévue en 2015…

Est-il besoin de rappeler également que nous serons dès 2011 en campagne électorale ?

Le Président Sarkozy a-t-il renvoyé sa décision à ces échéances afin de pouvoir une fois de plus se jouer des Français avec ses promesses non tenues ?

Ou renvoie-t-il la prise de décision à son successeur ?

Fort justement, il y a peu, Monsieur Lellouche s’exprimait sur RTL sur cet épineux sujet que le « deuxième » porte-avions :

Donc, vous, Pierre Lellouche, ce matin, membre de la Commission de la Défense à l'Assemblée Nationale, vous dites : il faut faire le second porte-avions ?

« Moi, j'en suis convaincu depuis longtemps. C'est pas seulement que je suis membre de la Commission de la Défense, c'est que j'ai un peu travaillé à la préparation de la plateforme Défense du candidat Sarkozy, organisé la journée défense du mois de mars l'année dernière, c'était il y a un an. Moi je suis engagé personnellement, j'allais dire politiquement, après beaucoup d'années de travail pour que la Défense de la France reste au premier niveau. Et je ne laisserai pas faire une situation où pour des arguments comptables à courte vue, alors qu'il y a des gabegies un peu partout ailleurs, on sacrifie cet outil.
Quand je pense, par exemple, à la gabegie sur la Formation Professionnelle (26 milliards d'euros), c'est pas loin d'une dizaine de porte-avions par an, vous voyez, et ça ne serait pas mauvais -peut-être- d'aller regarder si on ne peut pas faire des économies là. »

Allons nous dans les prochains jours apprendre la démission de Monsieur Lellouche ?

Pierre Lellouche


Le ministre de la Défense, également candidat potentiel à l'investiture UMP en vue de la présidentielle de 2007, a répondu, hier, aux propos de Ségolène Royal, sur le dossier du second porte-avions. Mardi soir, au cours du troisième débat télévisé entre les trois candidats à la désignation socialiste, la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, bien qu'opposée à la réduction du budget de la Défense, avait évoqué l'idée de « faire l'économie d'un second porte-avions » en coopérant avec la Grande-Bretagne, afin que les deux pays puissent maintenir, ensemble, une permanence aéronavale (*). « Ségolène Royal propose que nous demandions aux Britanniques de nous prêter un porte-avions quand le nôtre sera en révision. Outre la dégradation de l'image et du rang de notre pays, elle semble ignorer que les porte-avions britanniques ne sont pas adaptés à nos avions », explique Michèle Alliot-Marie dans un communiqué diffusé par son association, « Le Chêne ». Le ministre s'interroge : « Croit-elle que, quand les Britanniques seront engagés dans une mission, on pourra leur demander de se désengager parce que nous aurons besoins d'un porte-avions ? » et MAM d'achever son communiqué par une conclusion en forme de promesse électorale : « Je me battrai pour que l'effort de défense soit maintenu et je m'inscris contre tout renoncement à la parole de la France ».

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=102891

De son côté, Michèle Alliot-Marie a une nouvelle fois assuré, en décembre dernier, qu'elle souhaitait rendre le programme « aussi irréversible que possible » et annoncé que la commande des catapultes interviendrait début 2007, un « signe très fort d'une détermination à mettre en oeuvre le programme du porte-avions conformément au calendrier ». Matériels stratégiques conçus aux Etats-Unis, ces équipements suivent actuellement de processus de Foreign Military Sell (FMS), à l'issue duquel le gouvernement américain donnera son feu vert à la commande française, normalement dans les prochaines semaines. Au-delà des intentions et des discours, les relations franco-britanniques auraient connu un véritable tournant ces dernières semaines.

Un tournant dans les relations industrielles franco-britanniques

« En fait, la coopération avance avec une rapidité que nous n'espérions pas. Après la conception, depuis quelques semaines, nous discutons ouvertement avec les Britanniques sur le phase de réalisation des programmes », indique une source industrielle. Ces dernières semaines, les Anglais se seraient montrés particulièrement intéressés par les standards de réalisation français. Des visites ont, notamment, été organisées à Saint-Nazaire, où Aker Yards, qui souhaite réaliser la coque du PA 2, a présenté son outil industriel et ses compétences en matière de grandes plateformes, paquebots bien sûr, mais aussi navires militaires, au travers des Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC). « La coopération se passe très bien d'un point de vue franco-français et de mieux en mieux avec les Britanniques. En matière de conception, il n'y a plus de problèmes techniques que nous ne savons résoudre », assure-t-on aux ex-Chantiers de l'Atlantique, où plusieurs dizaines d'ingénieurs sont désormais mobilisés sur le projet. Alors que le gouvernement Blair conditionne la signature du contrat Carrier Vessel Future (CVF) à la restructuration des chantiers navals du royaume, ces derniers pourraient profiter de la coopération pour s'imprégner du savoir-faire français et, ainsi, moderniser leurs pratiques et leurs capacités de production : « Nous proposons que les chantiers anglais adoptent nos standard en échange du savoir-faire sur ces standards ». Ce « troc » commercial n'est, toutefois, pas à sens unique. Depuis le rapprochement entre Londres et Paris, avec la signature de l'accord de mars 2006, les Britanniques ont eux aussi fait des efforts pour que le design des CVF puisse correspondre aux besoins de la Marine nationale. Ainsi les plans ont été modifiés pour permettre aux Français de disposer de soutes à munitions plus vastes, ou encore d'espaces pour l'installation de stabilisateurs antiroulis, absents sur les bâtiments de la Royal Navy. En plus de l'achat d'équipements en commun, prévu dès le départ pour réduire les coûts, l'adoption de standards identiques pourrait même, dans l'absolu, aboutir à la réalisation de blocs pour les trois navires. Si aucune décision n'a encore été prise dans ce sens, des réflexions seraient actuellement en cours.


En visite cette semaine au salon Euronaval, Michèle Alliot-Marie est revenue sur le rapprochement entre DCN et Thales, qui entre dans sa dernière ligne droite. Après le règlement de problèmes administratifs et juridiques, l'alliance devrait être opérationnelle au premier janvier. Outre ce regroupement de l'industrie navale française, qui inquiète les syndicats des anciens arsenaux, le ministre de la Défense s'est expliqué, plus longuement, sur l'importance qu'elle accorde au programme de second porte-avions, conçu en coopération avec la Grande-Bretagne. Michèle Alliot-Marie, qui confirme au passage que la première tranche du contrat des sous-marins du type Barracuda ne comptera qu'un seul bâtiment, souhaite faire en sorte que le programme PA 2 soit aussi " irréversible que possible ". Il s'agit d'une réponse aux menaces pesant sur le projet après l'élection présidentielle. Estimant qu'elle aura le soutien du parlement sur ce programme et rappelant que 700 millions d'euros de crédits sont prévus en 2007, Michèle Alliot-Marie " voit mal comment un gouvernement pourra renoncer aux sommes déjà investies, pour rien".

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=102745

Allons nous dans les prochains jours apprendre la démission de Madame Alliot-Marie ?

Combien de temps les Français supporteront-ils ce règne de l’imposture ?
Devons nous rayer de notre langue le lot de forfaiture ?

Portemont, le 29 mai 2008

Lire impérativement l’entretien de Pierre Lellouche député UMP de Paris, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées à l'Assemblée Nationale,
invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL, le 23 avril 2008.

L'invité de Jean Michel Aphatie :
Pierre LELLOUCHE, député UMP de Paris, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées à l'Assemblée Nationale.

Bonjour Pierre Lellouche.
Bonjour Monsieur Aphatie.

Vous êtes un spécialiste des problèmes de Défense et vous siégez au sein de la Commission qui justement s'occupe de ces problèmes à l'Assemblée Nationale. Dimanche, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a laissé entendre que les problèmes budgétaires pourraient compromettre la construction d'un deuxième porte-avions français. Qu'en pensez-vous ?

Disons que je suis un peu surpris comme Parlementaire d'apprendre ce genre de choses par la radio.
Ca arrive souvent !

Oui, mais enfin là, c'est un sujet extrêmement grave qui engage le pays sur 30 ans parce que ça fait 60 ans que la France a une capacité de projection aéronavale importante. On n'est pas dans un monde facile. On va y revenir.

 Mais ce qui me frappe un peu, c'est la légèreté et la désinvolture. Au minimum, on convoque la commission de la Défense, on explique aussi les conséquences. C'est pas seulement un problème comptable. C'est un problème qui engage la crédibilité de la France à l'échelle du Monde sur 30 ans cette affaire-là.

On pourrait penser qu'Hervé Morin préparait, à défaut de l'opinion publique, les spécialistes de la question. Nous n'avons pas l'argent pour construire le second porte-avions ; et il a laissé un peu la porte ouverte peut-être pour que le Président de la république, jeudi, dise quelque chose à ce propos ?.

Ecoutez, moi je ne suis pas sûr que le Président de la république soit sur la même ligne. La dernière fois que je l'ai entendu parler de cela, c'était il y a un an à Toulon, j'étais à côté de lui. Il était tout à fait convaincu que la France avait besoin d'une Force aéronavale importante ...

Il était déjà Président ?
Non, il était candidat.

Oui, c'est ça la différence !
Jacques Chirac, Président, lui disait toujours, à juste titre, que les porte-avions, c'est comme les gendarmes, ça va par deux. Il se trouve que, pour l'instant, le Charles de Gaulle il est en refonte profonde comme on dit ; et donc il est bloqué pour encore un an. Donc, en ce moment, on n'a pas de porte-avions. Nicolas Sarkozy savait qu'au moment de son élection, le porte-avions allait s'arrêter pendant un an et demi. Or, les crises, elles, ne s'arrêtent pas.
Pour vous donner un exemple, aujourd'hui -et c'est ça qui, moi, m'inquiète- on est à la fois dans une crise financière mondiale grave. On est devant une crise sur les Matières Premières et sur l'eau, sur la nourriture. Il y a trois douzaines de pays en ce moment qui connaissent des émeutes de la faim. On est dans une phase de terrorisme et de prolifération d'armes de destruction massive un peu partout. C'est pas franchement le moment de baisser la garde.

 Le Monde est vraiment très dangereux. Parler des questions de défense, ça n'est pas seulement une affaire comptable ; et c'est le travail du ministre de la Défense, il me semble, que de se battre pour défendre ces  crédits. Il est important que la Défense se modernise, se réforme. Elle l'a fait d'ailleurs ; elle l'a fait plutôt mieux que tous les autres départements ministériels depuis des années. Là, on va lui demander un effort d'économies considérables. L'objectif, c'est de tenir -enfin, c'était, en tout cas, avant ce genre de déclaration- moi j'en étais resté au travail que nous avions fait pendant la Campagne : rester autour d'une épure à 2% du PIB pour notre Défense, améliorer le fonctionnement de sorte de dégager des ressources pour les équipements de nos Forces auxquelles nous demandons sans cesse davantage.

L'Afghanistan, c'est une mission supplémentaire. L'ouverture d'une Base Navale à Abou Dhabi c'est une mission supplémentaire. On a vu récemment avec le Ponant que ça servait d'avoir des bateaux dans des endroits dangereux. Donc, annoncer comme ça de but en blanc que le 2ème porte-avions ne se ferait pas. Ca me paraît un peu léger.

Au fond, vous en appelez un petit peu au Président de la république, qu'il corrige le propos du ministre de la Défense.

Le Président de la république est Chef des Armées, c'est à lui qu'il appartiendra d'arbitrer. Je crois qu'il est extrêmement conscient qu'on est dans un Monde dangereux. Il demande à nos Forces, à juste titre, de protéger la France loin de chez nous. La Paix aujourd'hui, elle ne se joue pas sur notre territoire, elle se joue dans des situations de crise qui peuvent avoir des conséquences sur notre territoire, soit par les attaques terroristes, soit par des attaques de missiles demain. Donc, il nous importe d'essayer de stabiliser autour de nous. Et pour ça, on a besoin de forces de projection, on a besoin d'une dissuasion, on a besoin de renseignements. C'est ça les trois fonctions. Au ministre de la Défense de s'arranger pour faire les économies là où c'est utile, et de préserver l'outil qui est le garant de la sécurité des Français et du rôle mondial de la France.

Donc, vous, Pierre Lellouche, ce matin, membre de la Commission de la Défense à l'Assemblée Nationale, vous dites : il faut faire le second porte-avions ?

Moi, j'en suis convaincu depuis longtemps. C'est pas seulement que je suis membre de la Commission de la Défense, c'est que j'ai un peu travaillé à la préparation de la plateforme Défense du candidat Sarkozy, organisé la journée défense du mois de mars l'année dernière, c'était il y a un an. Moi je suis engagé personnellement, j'allais dire politiquement, après beaucoup d'années de travail pour que la Défense de la France reste au premier niveau. Et je ne laisserai pas faire une situation où pour des arguments comptables à courte vue, alors qu'il y a des gabegies un peu partout ailleurs, on sacrifie cet outil.
Quand je pense, par exemple, à la gabegie sur la Formation Professionnelle (26 milliards d'euros), c'est pas loin d'une dizaine de porte-avions par an, vous voyez, et ça ne serait pas mauvais -peut-être- d'aller regarder si on ne peut pas faire des économies là.

Méconnaissance du dossier ou couac ministériel, concernant la déclaration d'Hervé Morin, Pierre Lellouche ?

Ecoutez, moi je crois que les orientations du Président sont bonnes sur la Politique Etrangère et sur la Défense. Je trouve quand même que pour être un peu franc avec vous, je trouve que l'ouverture en ces matières commence à atteindre ses limites. Quand je vois ce type de déclaration sur la Politique de Défense, ça me gêne beaucoup et je crois que ça inquiète beaucoup les Militaires sans parler de nos Industriels parce qu'il y a aussi des enjeux industriels majeurs pour nous, France. Quand je vois M. Kouchner - ses 7 voyages au Liban et puis le statu quo (les Libanais attendent toujours un Président depuis cinq mois), quand je vois les voyages répétés autour du Darfour où il ne se passe rien, quand j'entends Mme Rama Yade annoncer trois conditions au Président de la république pour la participation aux Jeux et puis qu'ensuite, on envoie trois émissaires, je me dis ... (aux Chinois) ... que dans tout ça, il y a un défaut de lisibilité qui n'est pas dû aux orientations du Président parce que je persiste, elles sont bonnes, et dans l'exécution, disons que les musiciens ne sont peut-être pas nécessairement à la hauteur de l'exercice.

Pourquoi êtes-vous aussi franc, ce matin, Pierre Lellouche, à propos de ces ministres-là ?

Parce que je suis un homme libre et qu'il s'agit d'enjeux très importants pour notre pays. Parce qu'il se trouve que je voyage beaucoup et j'entends ce qu'on dit de mon pays et que ça m'inquiète. Voilà. Et je pense que les orientations du Président méritent mieux dans l'exécution.

Le Président s'est trompé en choisissant les titulaires de ces portefeuilles importants pour vous, Pierre Lellouche ?

C'est le Président qui choisit et qui compose le gouvernement. C'est nos institutions partisanes.
Mais vous teniez à dire que là-dessus ces ministres d'ouverture ne faisaient pas bien leur travail ?
Je trouve que l'ouverture dans ces domaines, a atteint ses limites. Oui.

Pierre Lellouche, avec beaucoup de franchise, ce matin, au micro RTL. Bonne journée.

Auteur : Jean-Michel Aphatie

 

 



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