|
||
| Un actionnaire heureux ?…
Plus de 5 milliards d’euros ont été ainsi demandé aux entreprises dans lesquelles l’Etat à une participation. Ainsi EDF devra verser 2,3 milliards d’euros et Gaz de France 1,24 milliard… Plus modestement, La Poste est mise à contribution pour 141 millions. Voilà qui nous éclaire sur l’empressement des employés de La Poste, alors que l’on prend son mal en patience dans des queues interminables à venir nous proposer toujours plus de nouveaux produits… La SNCF fait figure de gagne petit en étant sollicité pour 134 millions. En 2007, l’Etat avait perçu près de 4 milliards d’euros. L’amélioration des résultats des entreprises publiques ne pouvait pas laisser l’Etat indifférent. Il est vrai aussi que la culture de la performance et de la profitabilité est maintenant plus ou moins bien ancrée dans ces entreprises. Parfois au détriment du véritable service public… Pour ne rien perdre de cette nouvelle source de revenus, l’Agence des participations de l’Etat veille au grain et « gère » un pactole de 167 milliards d’euros soit trois fois plus que la fortune du célèbre Bill Gates ! Rappelons que EDF a réalisé un profit « historique » en 2007 avec 5,6 milliards d’euros et que la SNCF s’est distinguée avec 1 milliard ! Les spécialistes nous précisent que l’Etat n’est pas encore aussi gourmand que les actionnaires du secteur privé : le dividende versé par la SNCF ne représente que 12,5% de son résultat alors que le taux en vigueur dans les sociétés cotées sont plutôt de l’ordre de 40% à 50%... L’Etat apparaît donc comme un actionnaire « sage » qui n’entend pas freiner les investissements nécessaires au bon développement de « ses » entreprises… Mais il n’est pas pour autant un bon gestionnaire des budgets publics. Le versement par anticipation de 922 millions à EDF, fin 2007, a permis à l’Etat de maintenir son déficit juste à la hauteur de l’objectif qui était inscrit dans le collectif budgétaire de 38,4 milliards… Grand seigneur, l’Etat n’a pas sollicité la RATP, afin peut-être, de « ménager » la situation sociale de la régie. Joyeuse lecture du quotidien Les Echos du mardi 20 mai 2008, lu avec un peu de retard le jeudi 22 mai 2008, jour de grève… Léon Areva, le 29 mai 2008
|
||