Ah ! La balance commerciale…

Nous savons tous que la balance commerciale du royaume de France ne penche pas vraiment du bon côté… Et que certains secteurs jadis florissants sont en déclin.
Les exportations d’armement sont de ceux là…

Il paraît loin le temps où nos « Mirages » volaient sous tous les cieux.

Les 4 à 5 milliards d’euros de prises de commandes, en moyenne annuelle, sont loin d’être négligeables. Ils sont même vitaux… Ils représentent bien plus que des euros. Ils participent au positionnement de la France dans le monde.

Encore faut-il avoir une véritable vision politique et ne pas se contenter que des aspects économiques comme a pu le faire tout récemment le ministre de la Défense, fort entouré par les grands patrons du secteur : « Exporter, c’est aussi faciliter l’exercice budgétaire à venir par des effets de série. » Les propos sont justes… et le ministre a beaucoup à se faire pardonner…

La France doit parler dans ce domaine comme dans d’autres, d’une seule voix. Le « Rafale » est là pour nous le rappeler ! Il convient aussi de ne pas bégayer et de se perdre dans les procédures de contrôle. Tout ou presque est dit dans le rapport Fromion de 2006…

Il y a urgence à rationaliser le dispositif de contrôle des exportations d’armement mis en œuvre par la « Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre », la fameuse « CIEEMG ».

Nos industriels de l’armement se bousculent à la guérite pour étaler leurs déboires et la lenteur de la dite Commission, ne manquant pas de brandir les essuie-glaces de notre bonne « vieille » Peugeot 504, essuie-glaces qui équipent encore bon nombre des véhicules blindés « Panhard » que nous exportons… et qui sont soumis à autorisation…

Les délais « moyen » pour traiter une demande d’autorisation seraient à ce jour de quatre vingt jours. La volonté affichée par nos autorités est de les réduire à vingt jours. C’est fort bien, mais aucune échéance n’est indiquée…

Il faudrait aussi établir des agréments globaux.

Bonne nouvelle pour nos industriels, la liste nationale des matériels de guerre passant sous les fourches caudines de la CIEEMG sera remplacée par une liste de l’Union… Bonne nouvelle pour certains de nos industriels comme « Thales » qui a de nombreuses filiales européennes, et qui donne entière satisfaction à son dynamique président, Denis Ranque. Mais aussi inquiétante nouvelle qui préfigure de nouveaux abandons…

Il faut vendre. Nous en sommes d’accord. Nous allons même vendre du matériel d’« occasion » et un plan national stratégique de soutien aux exportations est attendu au début de l’année 2008.

Mais pour développer nos exportations d’armement il faut développer sans cesse notre recherche. Nous distinguer aussi de nos concurrents… Et être capable de mettre en œuvre nos matériels. Le tout se manifestant par une réelle volonté politique d’indépendance…

Est-ce le cas ?

Après lecture du quotidien Les Echos du vendredi 14 décembre 2007.

Portemont, le 20 décembre 2007

La politique d’exportation d’armement de la France

Le contrôle et le soutien sont les deux piliers prévalant en France dans le domaine des exportations d’armement. Dans un contexte concurrentiel accru au niveau international, le ministère de la Défense veut faire du soutien aux exportations d’équipements de défense et de sécurité, l’une de ses priorités pour l’avenir. Dans ce sens, plusieurs mesures ont été récemment prises dans le respect d’une politique ferme de contrôle et de lutte contre la prolifération.
A titre d’exemple, en matière de contrôle, la mise en place d’un agrément unique ou la délivrance d’une autorisation globale pour les matériels les moins sensibles, sont en œuvre depuis juin 2007.

François Fillon, fondateur de la CIEDES.

Concernant le soutien, une nouvelle Commission interministérielle de soutiens aux exportations de défense et de sécurité (CIEDES) a vu le jour depuis le 1er octobre 2007. Cette instance en charge de dynamiser le soutien public à l’offre des entreprises française en matière d’armement présentera au Premier ministre d’ici la fin de l’année un Plan stratégique dans ce domaine.
Au travers de cette politique, une attention particulière est portée en direction des PME-PMI. Des groupes de travail mixtes sont d’ores et déjà à l’œuvre pour améliorer l’accès de ces dernières aux marchés publics, aux programmes d’études amont et faciliter leurs relations avec les grands donneurs d’ordre.

Plus que jamais, les exportations d’équipements de défense et de sécurité confortent la base industrielle et technologique de la France tout en préservant des gisements d’emploi important.

Exportations d’armement : les clients de la France en 2006

Quatrième exportateur d’équipements de défense et de sécurité derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Russie, la France a totalisé en 2006 un montant de 5,74 milliards d’euros de prise de commandes et livré pour 4,03 milliards d’euros de matériels militaires. Ces résultats, cohérents avec ceux atteints depuis une dizaine d’années, permettent de dégager une liste plutôt constante de principaux clients. Ainsi, l’addition des commandes des Emirats Arabes Unis, de l’Arabie Saoudite, de l’Australie, de la Corée du Sud et du Maroc, totalise près de 50% des contrats passés avec la France.

Les principaux contrats enregistrés en 2006, pour un total de 5,74 milliards d’euros, ont concerné :
- Des missiles pour l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis ;
- Des hélicoptères NH90 pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande ;
- Une coopération concernant des hélicoptères de transport avec la Corée du Sud ;
- Des pièces d’artillerie sur camion CAESAR pour le Moyen Orient ;
- Des hélicoptères EC 725 Cougar EC 225 Panther pour la Bulgarie ;
- La modernisation d’avions de combats Mirage pour le Maroc.

Hélicoptère NH90

Source : rapport au parlement 2007 sur les exportations d’armement de la France en 2006. www.defense.gouv.fr


Quoi et à qui ?

En 2000, la France a livré :

  1. 32 chars Leclerc (Giat Industries) aux Emirats Arabes Unis,
  2. 36 véhicules blindés légers de combat en Grèce, Italie et Portugal
  3. des mortiers de 120 mm en Italie et Belgique
  4. 8 Mirages V au Pakistan (Dassault Aviation)
  5. 7 hélicoptères d'attaque Cougar en Turquie, Venezuela et Arabie Saoudite
  6. 1 porte-avions (Le Clemenceau) au Brésil
  7. missiles Exocet en Egypte, Arabie Saoudite, Pakistan et Chili.

Le matériel aéronautique représente la majorité des ventes de la France avec 8 contrats de plus de 150 M euros chacun, ce qui représenté 57% du total des commandes signées en 2000.

L'Europe occidentale est le premier client de la France avec 762 M d'euros de matériels facturés en 2000, devant les pays du Proche et Moyen Orient (674 M euros) et l'Asie du sud (336 M d'euros).
Source : paxchristi.cef.fr/docs/FT_Ventes_armes_France.doc

 


Pourquoi ?

1 - Pour rentabiliser notre défense nationale : il faut produire en grande série, donc exporter, pour diminuer les coûts.

2 - Pour des raisons technico-économiques :

  1. ces ventes permettent la modernisation générale de nos industries ;
  2. elles aident à l'équilibre de notre balance commerciale ;
  3. elles ouvrent à leur tour des débouchés pour le reste de l'activité nationale ;
  4. elles procurent des emplois : 150 000 directement, et entre 240 000 et  600 000 induits (en très forte baisse aujourd'hui) ;
  5. elles conduisent à des essais "in vivo", testant notre matériel.

3 - Pour des raisons politiques et stratégiques : il faut aider nos alliés à se défendre.
 Source : paxchristi.cef.fr/docs/FT_Ventes_armes_France.doc


La chute est considérable : avec 3,81 milliards d’euros de livraisons, le ministère de la défense français affiche pour 2005 une baisse de 50 % du montant des exportations françaises d’armes. En 2004, la France avait vendu pour 7,125 milliards d’armes à travers le monde.

Tendance lourde ? Le ministère de la défense préfère voir dans ces chiffres des "variations cycliques". Dans son rapport transmis au Parlement et publié mercredi 25 octobre, le ministère préfère insister sur le montant des prises de commandes à l’exportation, en hausse. Les contrats signés se sont ainsi portés à 4,11 milliards d’euros en 2005, en légère hausse sur les 3,38 milliards enregistrés l’année précédente.

Malgré ce recul, la France garde son troisième rang mondial. Elle occupe 8 % d’un marché "de l’ordre de 45 à 55 milliards d’euros", à peu près à égalité avec la Russie, mais derrière les Etats-Unis (60 %) et la Grande-Bretagne (12 %).

PAS DE GROS ÉQUIPEMENT VENDU
Le porte-parole du ministère de la défense, Jean-François Bureau, a minimisé la signification de la chute des livraisons, affirmant que "le niveau des prises de commandes est un bon indicateur". De plus, une frégate avait été livrée en 2004 à l’Arabie saoudite, ce qui explique un fort montant, alors qu’en 2005 il n’y a pas eu de livraison d’un très gros équipement, a-t-on précisé au ministère de la défense.

En 2005, les commandes émanent principalement d’Asie du Sud (36,1 %), de l’Union européenne (11,9 %), du Moyen-Orient (10,3 %) et d’Océanie (7,9 %). Les contrats signés en 2005 ont porté essentiellement sur des matériels aéronautiques (44 %) et navals (42 %). Cette année, le niveau des commandes devrait encore augmenter, grâce notamment aux ventes d’hélicoptères réalisées par Eurocopter, une filiale d’EADS.

Pendant la dernière décennie, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont représenté ensemble "plus des trois quarts" des exportations mondiales d’armement, selon le rapport. Et avec la Russie, l’Allemagne et Israël, c’est "plus de 90 %" du commerce mondial qui est couvert.

Source : http://www.spyworld-actu.com/spip.php?article2861

 

 



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