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L’Action Française 2000
Tout comme le beau titre de « L’Action Française 2000 », dans son numéro 2730, numéro du mois d’août, nous ne nous posons pas la question. Nous le sommes et tentons chaque jour de l’être un peu mieux… Vous faire patienter… Si ce numéro contient un dossier qui nous tient à cœur, n’oublions pas qu’il s’agit d’un journal et que derrière ce journal, il y a toute une équipe. En première de couverture, le bal est ouvert par Guillaume Chatizel : Allons nous encore longtemps faire la politique de l’autruche ? Osons Oui, le stress et toute forme de harcèlement habitent nombre d’entreprises. Avec habileté parfois : De la course aux primes ou aux bonus… Et regardons en face la réalité : Un jadis « Ministère du temps libre » ou le slogan « Travailler plus pour gagner plus » n’apportent pas la solution. La question de fond est évitée ! Et Guillaume Chatizel de pointer du doigt : « Il est pourtant indispensable de replacer l’être humain au cœur de l’entreprise et urgent de transformer les services de « ressources humaines » en service de « richesse humaine » ». Citons aussi à la suite : « L’euro : leur monnaie, notre problème » Nous n’attendions pas moins d’un tel titre… pour un article d’Henri Letigre ! L’euro ? Du pareil au même. L’euro est un instrument politique et non économique. Il aura fait le malheur de notre économie, une aubaine pour l’Allemagne…Article à lire, il en ravira plus d’un ! Ce numéro d’été ne jette pas l’éditorial aux orties : « Une constitution sur mesure » par Pierre Pujo. Si notre ami Pierre n’est pas encore totalement remis de son accident, sa plume ne tremble pas et ne perd rien de son acuité. Le régime républicain n’a pas résolu le problème des institutions politiques en France. Il faut retrouver l’esprit de la monarchie capétienne qui correspond à la nature politique de la France : l’autorité en haut, les libertés en bas et, entre les deux une représentation du pays réel. » Juste rappel de vérités simples dont la France a tellement besoin ! Nicolas Sarkozy ? « …autiste aux leçons de notre histoire » ; Et pour que tout soit clair : Pascal Nari opère un « Bref retour sur la libération des infirmières bulgares ». De la mesure et une juste vision du « Politique d’abord » ; Un rappel aussi : « Il n’en reste pas moins que moralement on est quelque peu gêné. Kadhafi, avec son passé et ses méthodes, ne devrait pas être considéré comme un ami de la France. Le dictateur de Tripoli n’est pas éternel. Son pays compte. Voilà tout. » Et de ne pas laisser refroidir sa plume… Pascal Nari se transporte en Turquie : « la victoire ambiguë des islamistes ». Un bilan de gouvernement relativement positif, une économie prospère, des municipalités gérées par des islamistes qui donnent satisfaction à leurs habitants et des politiciens islamistes à la réputation de probité… Les conditions du succès étaient réunies. Mais…des problèmes demeurent. Un tour d’horizon à ne pas manquer. « Etre royaliste en 2007 » Michel Fromentoux, comme à son habitude, donne le « la ». Et il y ajoute un « si »…
« Si Sarkozy nous lisait… » Faudrait-il qu’il puisse trouver le temps ! Il est vrai que notre nouveau président n’est pas avare de bons propos. Il a un bon conseiller qui hume toujours à bon vent les vieilles passions françaises : Henri Guaino… Cela nous vaut de belles déclarations, des raccourcis limpides ; « pour que la France existât il a fallu que nos rois la veuillent avec obstination pendant des siècles ».Mais celui qui est perçu comme le sauveur de la République reste au bord du gué. Certes, il ne ménage pas ses efforts pour caracoler dans les sondages. Il a bien mouillé sa chemise pour accéder à la première place sur le podium. Mais de là à franchir le gué, mouiller sa culotte de « jogger » pour franchir le pas et sur l’autre rive perdre sa place : ne rêvons pas ! De la durée, toujours le temps long et soustraire les fonctions régaliennes à la foire électorale…Oui, ne rêvons pas ! Et Monsieur Sarkozy n’a rien, mais rien d’un Richelieu ! « Pour la France une nouvelle monarchie ». Nous savons combien de temps Jean-Philippe Chauvin a consacré à ce dossier. Oserions-nous rappeler que ce temps n’est qu’une partie de tous les temps additionnés au cours d’années et d’années de travail, de réflexion et de militantisme ?
Temps long ? « … la République apparaît, en particulier depuis l’adoption du quinquennat, en situation de « présidentielle permanente » : il n’est pas certain que le débat politique y gagne en qualité et en profondeur… » Y a-t-il un plus beau chantier que de réformer les institutions ? Les présidents à petit pied se contentent de bâtir une bibliothèque par ci, un musée par là… Un président à talonnettes, lui veut du grand ! Et je nomme des « sages » de tout bord qui pètent d’aise dans leurs toges romaines ! Le but ? Apporter sur un plateau d’argent la présidentialisation du régime… Ce n’est pas nous qui défendrons le statu quo des institutions et Jean-Philippe insiste, penser les institutions : « cela n’est pas, en soi, une mauvaise idée et c’est une occasion pour les monarchistes… de faire valoir leurs arguments pour la fondation d’un nouveau régime et, plus précisément, d’une nouvelle monarchie… » Et Jean-Philippe de poser la question à laquelle tout monarchiste doit être tenu de répondre : Traiter du cas français. Il en est des monarchies comme des républiques . Si nous n’ignorons pas les « modèles » étrangers, ils appartiennent à d’autres peuples et sont le fruit de leur histoire. Pas de la nôtre. Notre « modèle » ? Avant tout prendre en compte que les arguments historiques « aussi probants soient-ils, n’ont guère d’impact positif sur les esprits de nos contemporains, souvent formatés intellectuellement selon des critères républicains (le terme plus exact serait « républicaniste » même s’il n’ a pas encore trouvé sa place dans le dictionnaire…) qui ne laissent guère de prise aux arguments monarchistes « classiques » du type « les rois qui ont fait la France » : car, si cette formule est tout ce qu’il y a de plus vraie sur le plan territorial et si son pendant (« elle se défait sans roi ») l’est tout autant, nos contemporains, s’ils peuvent même souvent l’admettre, n’en tirent rien d’autre qu’une sorte de reconnaissance qui ne fait des règnes capétiens, Valois et Bourbons que des passages désormais « passés »… » Il faut bien l’admettre ce constat est tous les jours probants pour les royalistes de terrain. Notre « monarchisme » est lié à notre « royalisme »… Et Jean-Philippe de marquer un point : Enfants trouvés, fils de personne… A apprendre par cœur ! Et « de » cœur ! Prendre le temps… Dans sa démonstration, Jean-Philippe a de bons alliés. Le philosophe Michel Serres ne rappelait-il pas que notre société « ne prend plus le temps » ? La course perpétuelle… par exemple d’une élection à l’autre ! « Et Serres de regretter que, dans le domaine politique, tout se passe désormais dans la précipitation et sur le court terme, alors que la véritable efficacité est rendue possible par le long terme : le philosophe insistait alors sur la nécessité de créer des institutions qui disposent du temps, du long terme. » La république gère le provisoire… Monseigneur le comte de Paris (1908-1999) n’avait pas attendu Michel Serres pour nous le rappeler : Et Stéphane Bern, cité fort à propos par Jean-Philippe Chauvin, de rappeler : « Comment évoquer une action diplomatique sans l’embrasser dans une perspective historique ? Un pouvoir qui n’a pas de lendemain assuré sombre vite dans les querelles et les divisions ; » Mais cette continuité comment l’inscrire dans les esprits ? Notre ami de poursuivre sereinement et de prendre à bras le corps la clef de voûte qui apprivoise le temps long : Et dans les cris d’orfraies nous entendons monter les cris d’indignation : Ne pas en démordre. La part de hasard est présente dans toute naissance. S’appuyer sur la naissance, c’est ne rien devoir aux « exercices intellectuels de la démagogie ».Il conviendrait aussi de développer tout ce qui se rapporte à l’éducation du Prince, tout ce qui est contenu dans ses devoirs et le corset d’airain dans lequel il est « enfermé ». Juste rappeler que la succession héréditaire est « depuis la fin du Moyen Age « statutaire » et ne permet pas à l’héritier de « défaire l’héritage ». Est-ce dangereux? » Et les cris, dans la cacophonie générale de lancer : Relire l’histoire du règne de Charles VI…Et marteler que le roi dans la monarchie « à la française » n’a pas « tous les pouvoirs » dont dispose un président de la République, ne serait-ce que parce que, par principe, la monarchie a assez de force et de légitimité par et en elle-même pour être capable de tolérer et permettre des « pouvoirs autres que les siens, pouvoirs régionaux, pouvoirs municipaux, pouvoirs professionnels, pouvoirs sociaux, etc. » Fi de la basse polémique, mais rappeler les fins des « règnes » républicains de François Mitterand diminué par la maladie et de Jacques Chirac mal remis de son « accident »… La présidence s’exerce-t-elle sous encéphalogramme et électrocardiogramme permanents avec passage sur le divan obligatoire matin et soir ? Le tout bien sûr après passage devant toute la batterie des tests requis… Nous ne manquons pas d’arguments et Jean-Philippe les développe tous avec talent, insistant sur le symbole d’intégration que représente le roi. Il n’oublie pas l’article de Miguel Herrero de Minon, dans la revue « Pouvoir » paru en 1996. L’éminent membre de l'Académie royale des sciences morales et politiques espagnole, un des pères de la Constitution du royaume d’Espagne de 1978 y voit la condition nécessaire pour permettre l’intégration politique des citoyens à la nation et à ses formes politiques (qu’elles soient démocratiques n’est pas là ni le problème ni l’intérêt premier) : « Cette intégration (…) est le processus permanent qui donne vie au corps politique en réduisant la pluralité sociale à l’unité existentielle. (…) La monarchie est un facteur d’intégration à la fois symbolique et personnel, dans lequel existe toujours la dualité des « deux corps du roi », selon la conception médiévale analysée par Kantorowicz. (…) Le symbole ne sert pas à penser. Il donne à penser ou, mieux encore, il donne à être. Dans ce cas, l’être de l’existence politique.
« Un roi en exercice est plus qu’une personne, il est aussi ceux qui l’ont précédé et ceux qu’il précède, comme le faisait remarquer un diplomate anglais à propos de la reine Elisabeth II ; en même temps, il est différent d’eux car il est d’un temps précis, d’une génération donnée … Ainsi, de par cette naissance et cette charge royale qu’il n’a pas choisi, qu’il subit (comme le fera remarquer Louis XVI qui, d’ailleurs, ne se défaussera pas au moment d’affronter son fatal destin) et qu’il assume, le roi incarne l’unité, autant spatiale, sociale qu’historique, de la nation : il n’a pas de comptes à régler avec les uns ou les autres ni de clientèle à récompenser ; il est le trait d’union entre toutes les diversités et il se pose même en garant de leur existence et affirmation sans qu’elles menacent l’unité et l’équilibre de l’ensemble, du « vivre ensemble » ; s’il peut avoir des préférences personnelles, son rôle n’est pas de favoriser mais d’arbitrer en toute indépendance, de rappeler les règles établies avant lui ou en son règne. » Point de nostalgie et pas de recettes « miracle ». Le roi n’est pas Zorro, « Spiderman » ou « Rambo ». Il n’est pas infaillible ou une « bête à concours »… Il est le magistrat suprême qui, « n’étant pas dans la mêlée parlementaire ou électorale, peut, par sa présence et son autorité reconnue (même si elle ne le sera sans doute vraiment qu’au deuxième ou troisième règne après l’instauration de la Nouvelle Monarchie, étape délicate de la reconstitution du lien jadis tranché), être l’homme des recours et des « compromis » entre adversaires de la veille… » C’est de cela que nous devons convaincre les Français, tous les Français. Un dossier donc, comme beaucoup d’autres, à garder toujours à portée de main. Pierre Carvin a raison, le philosophe mérite bien mieux, tout comme Carl Schmitt…Il nous présente sa lecture du livre de Gérard Sfez « Leo Strauss. Foi et Raison », chez Beauchesne. Gérard Sfez tient à faire de Leo Strauss, d’abord un penseur juif ; il est vrai qu’il a excellé dans ses études sur Maimonide et le « Guide des égarés ». Soit. C’est aller vite en besogne… Belle occasion pour Pierre Carvin de nous rappeler que pour Leo Strauss, « la « crise » de notre temps n’incite pas à l’urgence de se tourner vers la Mishne Torah, mais de ramener les grecs .» Vous souhaitez des lectures plus accessibles que du Leo Strauss ? Procurez-vous le « Gaston d’Orléans, le frère rebelle de Louis XIII » du toujours talentueux Christian Bouyer, chez « Pygmalion ». L’ami Michel Fromentoux nous en dit beaucoup de bien, et il a bien raison ! Pas facile d’être le frère du roi quand votre mère est Marie de Médicis… Des livres, encore des livres…Ils sont « défendus » par René Pillorget et Anne Bernet qui s’est attachée aux « Lectures juvéniles ». Pierre Lafarge, cette fois ci, a tendu l’oreille pour dire du bien de « Hôtel Stella » , un C.D de 5 titres au joli titre « Un singe enivré »… Ah ! Blondin quand tu nous tiens ! Ne pas oublier la délicieuse chronique de Jean-Baptiste Morvan. Ses chroniques mériteraient bien un petit recueil sur beau papier, avec une élégante typographie de chez nous : Tendresse et émotion au rendez-vous dans le capharnaüm de sa vitrine aux bibelots… Merci Jean-baptiste Morvan. Sans y prendre garde voilà la dernière de couverture. Compte-rendu de l’Université d’été de « Renaissance Catholique » par Yves Lenormand. Nous vous l’avions annoncé en son temps et son thème résonne (raisonne ?) encore et résonnera longtemps : « Non, le nationalisme n’est pas un péché ». Un gros travail reste à faire. Notre combat est fils du « patriotisme charnel à base d’amour » (Maître Jacques Tremolet de Villers), il est à l’opposé du nationalisme révolutionnaire fondé sur l’idéologie qui a engendré haines et massacres. Qu’on se le dise ! Le numéro d’été de « l’Action Française 2000 » ? Un grand dossier et aussi un bon numéro. A commander pour archive vivante ! Portemont, le 9 septembre 2007
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