Quel séducteur
!
Il s'appelle Heinrich von Pierer.
Outre-rhin, quand il était "jeune homme", je prends
le risque d'affirmer que toutes les "mutti" en rêvaient
pour gendre. Il y aurait bien eu des mamans "bien de chez nous"
qui auraient fait de même... La trahison est une vieille histoire.
Heinrich nous ouvre son coeur : "Dans
mes relations avec la France, je me suis souvent senti comme un amant
éconduit !"
Encore heureux! Heinrich von Pierer est président du directoire
du groupe allemand Siemens... Cela devrait vous rappeler quelque chose.
Siemens, c'est l'aigle qui lorgne sur Alstom, avec la bénédiction
de Bruxelles.
Le président de Siemens France, Philippe Carli a des objectifs
clairs: "renforcer notre identité
française et régionale", et ce pour accroître
"de 30% notre activité sous
trois ans".
L'aigle Heinrich a apporté dans ses serres 400 millions d'euros
d'investissements, dont une partie sera dépensée dans
le cadre d'une campagne de communication, afin de nous faire oublier
les mauvaises impressions laissées il y a quelques mois... Soyons
rassurés, Heinrich pourrait faire mieux. Il nous prévient
que ces 400 millions d'euros ne prennent pas en compte : "d'éventuelles
opportunités de croissance externe qui pourraient se présenter
et accélérer le développement de Siemens France".
Amant éconduit, Heinrich est surtout un incompris: "Notre
engagement sur le dossier Alstom n'a pas toujours été
bien interprété..." "Je comprends l'attitude
du gouvernement français et d'Alstom qui ont tout fait pour protéger
les emplois. Dans la durée, seules les solutions appliquées
au marché et à la concurrence sont viables. Je souhaite
à Alstom qu'il parvienne à préserver ses emplois
sur la durée."
Redoutable, sur un air de petite musique de chambre...
Siemens est une grande "entreprise", héritière
d'un grand savoir faire.
Elle a réussi en Allemagne, à imposer dans deux de ses
usines, le passage à 40 heures de travail par semaine au lieu
de 35 heures, et ce sans compensation salariale.
Heinrich von Pierer est précis. Pour la France, c'est Philippe
Carli le patron, mais : "Nous lui disons
d'augmenter la productivité et, si possible de garder les emplois."
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'intuition qu’Heinrich et
Philippe, sont des adeptes du "Oui" à la Constitution...
(Pour le coup, je ne suis pas sûr que cette nouvelle parue dans"
les Echos" du 12/10/004, soit une bonne nouvelle)
Portemont, le lundi 1er novembre,
en ce jour de la Toussaint, a.d. 2004.