Quelle « représentation » ?

Nous pouvons tous les jours nous poser la question de savoir si « nos élus » nous représentent… La question se pose tout autant à l’égard des syndicats…
Michel de Poncins, dans « Tocqueville Magazine » du 6 novembre 2006, trempe sa plume dans un encrier bien rempli de vitriol… A-t-il tort ?

Se souvient-on encore du livre-enquête de Laurence de Charrette et de Marie-Christine Tabet  ? : « EDF, un scandale français » ( Robert Laffont)

C’était le bon temps où, Nicolas Sarkozy, ministre de la Pompe à Phynance, tutoyait Frédéric Imbrecht, secrétaire général de la CGT-Energie et le saluait à l’occasion d’un affectueux « petite crapule »… ( lepoint.fr, 11/11/2004)

Le ministre, rouleur de mécanique, archange de l’intérêt général, favorisait les intérêts de la CGT en faisant payer les salariés du privé au profit des salariés d’EDF et ce afin qu’ils puissent couler des retraites dorées sur tranche…

Les exemples ne manquent pas, illustrant les sinécures syndicales…

Il faudra bien qu’un jour se fasse un grand nettoyage afin que les salariés de toute condition puissent être « sincèrement » représentés… Mais en attendant, goûtons les âpres réflexions de Michel de Poncins.

Portemont, le 8 novembre 2006

LA RICHESSE PERSONNELLE DES CHEFS SYNDICALISTES

La toute dernière nouvelle concernant les syndicats est la création à Vienne d'une confédération mondiale des syndicats qui va regrouper les syndicats de 190 pays. C'est un nouvel échelon dans la pyramide syndicale qui va réserver des possibilités exceptionnelles d'enrichissement personnel aux chefs syndicalistes de tous pays.

En France, les syndicats ne sont nullement représentatifs et ne sont là que par la force de la loi qui les a désignés, selon leur participation présumée dans une guerre que leurs lointains prédécesseurs avaient pourtant aidé à perdre dans un premier temps !


Un décret de 1966 a consolidé le système, la CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, et la CFTC, qui ne regroupent que 5 % des salariés, étant censés les représenter en totalité. C'est une totale imposture qui a atteint son sommet avec les 35 heures. En effet, 40 % des accords signés par les entreprises pour ces 35 heures l'ont été par des entreprises dépourvues de syndicats. La signature a été réalisée par le biais de salariés « mandatés » par des organisations syndicales extérieures à l'entreprise. Un salarié extérieur est donc supposé, par la force de la loi, représenter des salariés, qui pour la plupart ne souhaitent pas du tout les 35 heures, mais désirent la prospérité de leur firme permettant au patron de les payer davantage et cet « extérieur » à l’entreprise s’enrichit sur la prétendue négociation !

La richesse des syndicats vient de multiples sources dans lesquelles il est pratiquement impossible de voir clair tellement l'opacité règne : subventions directes ou indirectes soit des ministères soit des collectivités locales, prise en charges de dirigeants par les entreprises. Certaines ressources sont tout à fait officielles, comme le conseil économique et social qui est une des niches les plus célèbres de la « République fromagère. »

Le 8 novembre 2004, sur France 2 le speaker a dévoilé une parcelle de vérité. Un chauffeur de la CFDT a avoué que toute sa vie, il avait été rémunéré par le Crédit Lyonnais, qu’il ne voyait que pour aller toucher sa feuille de paie. Le président de la CGC a confié tout sourire qu’il était appointé par Total et son trésorier par les Pompes Funèbres générales ; 28 personnes du siège étaient rémunérées par des firmes privées. Voici ce qu’a dit la télévision à propos de Vivendi. Les interlocuteurs s’étonnaient que Messier n’ait pas trouvé de contre-pouvoir devant lui. Du côté du conseil d’administration, il n’y avait rien de surprenant : le système des « barbichettes » est imparable. Mais du côté syndical ? C’est alors que la vérité apparut. Dès qu’un salarié était nommé délégué, il recevait une promotion. Parfois il choisissait lui-même sa promotion.

Bien mieux : il y avait aussi d’autres avantages : embauches de proches, primes et indemnités de logement de gaz et de chauffage.

Dans la liste des ressources, la rivière argentée de la formation professionnelle des adultes a une place de choix et la soif des syndicats s’abreuve largement à cette FPA, cause connue de la ruine de la France.

La disposition gratuite d’une domesticité est un des aspects les plus sympathiques de cette richesse, de même que le droit de faire la fête quand on veut. F.O. a été condamnée à payer 500.000 F de dommages et intérêts au chauffeur de Marc Blondel. Il fut révélé aussi que c’est la mairie de Paris qui de 1990 à 2001, soit pendant onze ans, a payé un de ses domestiques baptisé « garde du corps ». Le contrat a été finalisé lors d’une petite fête dans un restaurant landais de la capitale le 11 mai 1990.

A Pékin, en septembre 2004, simultanément avec la sortie d’une nouvelle non-réforme de l’assurance-maladie, 180 dirigeants français des caisses de sécurité sociale ont séjourné, aux frais des « moujiks contribuables », dans les plus luxueux hôtels de la capitale de la Chine. Se payer de tels voyages fait aussi partie de la richesse ! Motif : participer à l'assemblée générale de l'association internationale de sécurité sociale. Un millier de délégués représentaient 130 pays, dont 30 Allemands, 25 Américains, et pas moins de 180 Français, à la stupéfaction de tous les autres. : 180, cela fait 18 % des heureux fêtards internationaux.

De temps en temps comme il vient d’être vu, le voile est levé fort timidement sur les ressources des syndicats avec quelques éclairs de lumière sur les avantages incomparables réservés aux dirigeants.

Le reste du temps, c’est l’omerta ; aucun journaliste n’ose analyser en profondeur et complètement l’enrichissement réel et personnel des chefs : l’épouvante doit être comparable à celle qui interdit à la police de pénétrer dans les parties du territoire national abandonnées aux dealers.

Nous allons voir, sans nourrir trop d’espoir, si la nouvelle organisation mondiale sera plus transparente à ce sujet !

Michel de Poncins
micheldeponcins@easyconnect.fr

TOCQUEVILLE MAGAZINE
http://www.libeco.net
A lire le 7 novembre : LA MEDECINE PAR LES PLANTES

 



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