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Le Bal des Fantoches…
Le Bal des Fantoches a tôt débuté. Cela fait des années que Petit Julot s’entraîne à la valse électorale, en se mirant dans la glace de ses yeux que jamais il ne quitte du regard. C’est qu’il s’y trouve beau, intelligent, courageux. Très beau, très intelligent, très courageux. Tout à la fois César et un jules ! Marianne n’a qu’à bien se tenir. Gourgandine déboussolée, ce serait un comble qu’elle lui refuse une danse, la première, et sa main en fin de soirée. Madame Royal rayonne. Lorsque fillette elle observait de la fenêtre de sa chambre les soldats du régiment de son père à l’exercice dans la cour de la caserne, elle s’imaginait qu’ils obéissaient aux ordres qu’elle pépiait. Bientôt les Gardes républicains lui présenteront les armes aux marches du palais de l’Elysée. Ne lui suffit-il pas de briller au Bal ? Exploit facile, presque trop… ils sont tellement gauches, tous ses cavaliers et proches concurrents, que leur marcher sur les pieds commence à la lasser, un peu. Grâce à elle la pauvre pâle Marianne reprendra des couleurs. Sont aussi déjà entrés dans la danse : Verte Pimbêche, Nounours des Pyrénées, Monolithe, Flamberge, Travaillence, Trottesky, et coetera… Et les fourmis démangent les vieilles guibolles de Chirouette. Tout en les étirant il interroge les courants d’air à tout hasard – sait-on jamais ? – Des fois que l’un deux lui fredonne un air de revenez-y pour un ultime tour de piste, macabre. Le Bal des fantoches s’annonce un grand succès. Pourtant les récompenses aux meilleurs, à la reine ou au roi des danseurs, ne sont qu’une couronne en papier mâché à Bruxelles et pour Trône, une chaise percée par où se perd la souveraineté française dans la fosse septique européenne. Mais les prétendants à l'élection présidentielle se pressent, car plus le pouvoir est factice, moins il est lourd à porter, plus la musique en est légère et plaisante à guincher. Woltaire, le 28 octobre 2006
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