Toujours deux poids et deux mesures…
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Au nom des « limites admissibles
de la liberté d’expression », la Cour
de cassation se couvre la face avec les oripeaux de la justice…
Mais nous savons qu’un jour, les juges seront eux aussi
jugés. Et ils pourront bien alors invoquer « Sainte
Capote »…
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Vierge et l'Enfant de la Sainte-Chapelle
Vers 1265-1260, Paris, musée du Louvre.
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L’affaire remonte à 2003
et a pour théâtre Toulouse, dite Ville Rose.
L’antenne locale d’ « Aides » avait lancé
une campagne en faveur du préservatif. Soit.
Et pour ce faire tous les moyens étaient
bons. Quelle meilleur image pouvait-on choisir pour une telle campagne ?
Une religieuse, cela va de soi… Je me dois de préciser
aux gourmands qu’il ne s’agissait pas d’une religieuse
au café ou au chocolat, mais d’une religieuse, pareille
à celles que nous appelons les « bonnes sœurs »…
Et pour faire bon poids, notre religieuse
portait une croix pectorale de belle taille, histoire de ne pas la confondre…
tant il est vrai que les voiles peuvent entraîner une méprise…
L’image c’est bien, mais
il faut le poids des mots, et pour se protéger contre le sida
quelle meilleure protection que celle que peuvent nous offrir nos saints ?
Ainsi « Sainte Capote »
était appelée à la rescousse, dans un message clair
: « Sainte Capote protégez nous », le tout
sur un joli fond bleu, bleu de Marie, cela va de soi.
Allez savoir pourquoi, l’affiche
n’a pas été du goût de l’Alliance générale
contre le racisme et pour le respect de l’identité française.
Normal me direz-vous, vouloir veiller au respect des racines chrétiennes
de la France ne peut être que le fait d’un ramassis d’extrémistes.
Et les racines chrétiennes de la France méritent bien
d’être traitées comme du chiendent !
Acte I
L’Agrif porte donc plainte et l’ancien président
d’Aides et la coordinatrice de la campagne sont condamnés
en avril 2004 par le tribunal correctionnel de Toulouse pour « injures
raciales publiques envers des personnes en raison de leur appartenance
à une religion déterminée ».
Christian Saout, président national d’Aides était
alors choqué déclarant :
« C’est un très mauvais
signal envoyé par la justice qui dit qu’on peut être
condamné pour avoir milité en faveur de la santé
publique. »
Vous apprécierez ces propos ! Retenez bien que la santé
publique impose de mépriser les vocations religieuses. Quoi de
plus normal… Entre nous, ne faut-il pas être quelque peu
dérangé mentalement pour être appelé par
Dieu ?
Donc, l’affaire n’allait pas en rester là…
Acte II
Tout va très mal. La première condamnation est confirmée
par la cour d’appel de Toulouse.
Je vous laisse imaginer les pensées des preux chevaliers de la
santé publique.
Acte III
Il fallait bien la Cour de cassation pour rétablir la vérité.
Vite, réparer les égarements de la cour d’appel
: « La cour d’appel a méconnu
le sens et la portée des propos incriminés ».
Cela allait de soi. La cour d’appel avait dû être
frappé de folie et se transformer en cour des Miracles pour avoir
osé pensé que l’association d’une religieuse
et de la formule magique « Sainte Capote » avait pu «
créer un amalgame provocateur et de mauvais goût ayant
pu être ressenti comme une offense envers la communauté
catholique ».
Et pour que la vérité vraie soit entendue, la Cour de
cassation de préciser que l’association « humoristique
et dénuée de toute malveillance…( association de
l’image de la religieuse et du vocable « Sainte Capote protégez
nous ») n’était pas constitutive d’une injure
envers une catégorie déterminée de personnes. »
Conclusion ?
Nous remercions vivement les évêques de France.
Pour le reste, vous êtes toutes
et tous assez grands pour apprécier…
Léon Areva, le 30 juillet
2006