|
Nous ne résistons pas… Notre ami Bernard prend sa plume et
la trempe dans le jus de sa treille. Le « NON» d'un « viel pople fier et libre… » Ce sont ces mots de Frédéric
Mistral dans la Coupo Santo qui me paraissent le mieux traduire le «
Non» français. Nous sommes un vieux peuple, fier et libre.
Le peuple, car il s'agit bien du peuple,
a dit NON à la Constitution Européenne, Constitution soutenue
par la totalité des pouvoirs. Pouvoir politique, de Gouvernement
et d'opposition, pouvoir économique et CNPF, pouvoir des médias,
pouvoir des gens de la scène, pressions étrangères,
des syndicats européens, des spécialistes dits reconnus,
des députés européens, des Ils ont belle allure nos parlementaires (élus) qui ont voté à la quasi-unanimité la modification de notre Constitution pour permettre la ratification de la Constitution Européenne. Il a belle allure le Président de la République qui a cru prendre les français pour des billes, pensant qu'ils voteraient cette constitution et ajouteraient ainsi à sa propre gloire. Il a belle allure cet ancien président de la République qui a pondu ce texte et qui, à défaut de mieux, est devenu « Immortel ». Elles ont belle allure, ces vedettes de l'écran, de la scène ou de la chanson, auxquelles on fait croire que leur nom au haut d'une affiche donnait savoir et raison et qui ont paradé lors d'une réception qui nous a coûté fort cher. A tous, le peuple français a dit le mot de Cambronne « MERDE ». Le peuple français, c'est celui du « fier sicambre» à qui Saint Rémy demandait de courber la tête, c'est celui à qui Mistral demandait «aubouroté, raco latino» (redresse-toi, race latine). C'est celui qui a dit «nous sommes ici de par la volonté du peuple et nous ne sortirons que par la force des baïonnettes», c'est celui qui a su fondre en lui les héros de Camerone. Le peuple français, ce n'est pas celui qui défile comme les nazis ou les bolcheviks, qui balance en cadence des petits drapeaux comme les chinois, avant d'aller s'abrutir derrière des machines, ce n'est pas le peuple hystérique et fanatisé qui crie vengeance en brandissant des corps. La France, c'est celle de Jeanne d'Arc. Jeanne a dit « NON » alors que la France était sur le point de disparaître. La France qui vient de dire « NON » alors que sa disparition était évidente à moyen terme. Jacques Chirac a voulu rejeter les racines chrétiennes de l'Europe. Il a cru bon de choisir, par opportunité, la veille de la fête chrétienne de Sainte Jeanne d'Arc pour date du référendum. Défi? je ne pense pas. En tout
cas, il s'en souciait peu. Bernard Ricome, le 30 mai 2005
|