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Son œil regard noir pétillerait de joie à l’annonce de cette belle nouvelle… Nous savons tous que les Romains n’étaient
pas fous. En 1863, 1874 puis 1925, les hommes approfondirent le canal de Caronte qui le reliait à la Mare Nostrum. Ainsi l’Etang de Berre devenait un paradis nourricier pour les habitants de ses rives et tout particulièrement de Martigues.
Les temps bénis Ses pêcheurs, dans la plus belle tradition des hommes de cœur et de Foi, priaient pour que leurs pêches soient non pas miraculeuses, mais bonnes, bonnes comme la « Bonne Mère ».
Ainsi, l’étang de Berre était un paradis. Le plus grand étang marin d’Europe était un monde à lui tout seul. Loups, rougets, daurades, moules et oursins faisaient la joie des gourmets et la bourse de nos pêcheurs était aussi riante que les petites calanques de l’étang. L’industrialisation de ses rives commença dès 1929, non sans perturber son milieu. Toujours un homme défendit ses pêcheurs. Vous le connaissez, c’est le « Martegaou » Charles Maurras, et les pêcheurs de Martigues le lui rendaient bien. Premières alertes
Les prud’hommies de pêche
furent généreusement indemnisées et perçurent
plus de 500 millions de francs de l’époque.
Et il le fut… entraînant
non seulement un appauvrissement du milieu d’origine, mais bouleversant
aussi la vie des femmes et des hommes de la région. Le réveil En 1990, une amélioration sensible de l’écosystème fut constatée. Très vite les spécialistes identifièrent la cause. Une période de sècheresse avait fortement affaibli le débit d’eau du canal. De 1991 à 1996, l’eau douce se remit à courir de plus belle et notre étang souffrit à nouveau. Il devint un vrai « cloaque » alimenté par les rejets urbains et les pollutions industrielles. Mais les pêcheurs de l’étang
ont défendu leur coin de paradis. Dès 1989, Daniel Campiani,
curé et prud’homme de pêche et Jean-Claude Bourgault,
un des derniers pêcheurs, créaient la « Coordination
des pêcheurs ». En 1997, la Coordination engageait
une action en justice devant la Cour européenne. Cas unique,
la plainte de la Coordination, considérée comme émanant
de particuliers, était jugée recevable.
Après 7 ans de lutte, le pastis
a eu un goût de victoire. La France à été
condamné par la Cour de justice des Communautés européennes. Les rejets d’eau douce seraient
limités à 2,4 milliards de m3 au lieu des 3,6 milliards
actuels et ces rejets seraient régulés afin d’éviter
des arrivées massives d’eau douce… En effet, une deuxième saisine
de la Cour européenne n’est pas à exclure. Celle-ci
permettrait de condamner la France à de lourdes astreintes journalières,
et à ce jour rien ne dit que la Cour ne se satisfasse des propositions
du ministère de l’Ecologie et du Développement durable. Non sans humour, Jean-Claude Bourgault,
pêcheur depuis 1969, précise : « E.D.F.
pourra alors demander une autorisation d’exploitation. Mais avant
de l’obtenir, il lui faudra apporter de réelles garanties
». Les années écoulées permettent de montrer du doigt l’Etat et E.D.F. qui n’ont cessé de faire des promesses. Alors que « Depuis 1973, les rejets industriels polluants ont été réduits de 97% » et la dernière petite marée noire date de 2001. Tout le monde conclut à une amélioration de la qualité des eaux de l’étang de Berre, pêcheurs, riverains et plaisanciers. William Tillet, actuel Premier prud’homme des pêcheurs de Martigues confirme : « des naissains de moule en abondance ». Le directeur du Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre, Monsieur Philippe Picon, constate « des polluants moins nombreux ».
Des postes d’observations aménagés par les communes qui bordent l’étang permettent d’observer les milliers d’oiseaux migrateurs qui l’occupent. De Saint-Chamas à Martigues,
les pêcheurs de l’étang ne sont pas d’obtus
passéistes. Ils apprécient à sa juste valeur la
production d’électricité « propre »
de la centrale E.D.F. Tous se sont unis dans ce combat : associations, maires et parlementaires. La région Paca, les communes riveraines et le département des Bouches-du-Rhône ont réussi à réunir les 8 millions d’euros que coûtent la remise en état du tunnel de Rove ( canal souterrain) qui traverse l’Estaque et fait jonction entre l’étang et la rade de Marseille. Mis en service en 1927, ce tunnel s’est effondré partiellement en 1963. Pour attaquer ce chantier, il ne reste plus que de créer un syndicat mixte afin d’assumer la maîtrise d’ouvrage.
Nous félicitons chaleureusement Michel Deuff pour sa double page dans l’hebdomadaire : « le marin », du vendredi 18 février 2005, numéro 3006. auquel nous avons beaucoup emprunté ! Nous conseillons à tous nos amis de lire cet excellent journal qui nous informe de « l’économie maritime » trop négligée par la grande presse. « le marin » 13 rue du
Breuil, CS 46305 Pour découvrir l’étang
de Berre, de nombreux sites « Internet » vous instruiront.
Les bibliophiles avertis rechercheront : L'ETANG DE BERRE Vous pouvez commander cet ouvrage en vous rendant sur le site : www.pelican-noir.com Simon de Quoisiry, le 7 juin
2005.
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