Les
Epées
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Au numéro 13
(Août – septembre - octobre 2004) :
Haut les lames! Les décors sont plantés. Des bouleaux
argentés et des isbas peintes, aux rames de Métro temple
d'humanité, en passant par le Foyer juif de quartier d'une cité
phocéenne. Tout est théâtre, masquant les plus terribles
tragédies. Les temps changent. La mise en scène n'est
plus l'oeuvre des puissants. Léonie se veut Marie, et veut exister.
Rafaël n'est pas Archange et rappelle la Bête... Nos amis
épinglent à partir de la Sainte Russie d'Epinal ordonnée
par Potemkine, les misérables affaires de l'été:
Fausse agression d'une jeune mère "perdue" dans le
Métro, fausse agression "homophobe" dans une cité
mal insonorisée, vrai incendie d'un centre social juif mais simple
vengeance d'un ancien employé éconduit. Le manque "
d'amour" fait des ravages. La peur de ne pas être en "phase"
avec l'indignation de la "bien-pensance" fait des ravages
au sommet. C'est normal, le char de l'Etat est tiré par des boeufs
fatigués.
Nous sommes au centre "... de
notre théâtrocratie contemporaine, où l'apparence
gouverne tout, et où l'on gouverne à partir de faux-semblants,
même lorsqu'il est démontré qu'ils n'ont aucune
réalité."
Belle rentrée pour nos amis, tout cousu d'or!
C'est comme les trains: "Une consultation peut en cacher
une autre". Jean-Baptiste Barthélémy annonce
"le Référendum"... Ah, si tous les ... voulaient
bien se donner la main ! "Que
le compromis nationaliste se réalise, que les abstentionnistes
cette fois-ci se mobilisent, et la Constitution européenne aura
vécu. La balle est dans le camp des nationaux."
Soit. Il va falloir acheter des gants.
C. Equilbecq fait le bulletin météorologique en page 6:
"Comment l'air de l'opinion
empoisonne l'air politique" ou
"Le temps de l'Etat et le temps des médias".
Léonie -Marie ou Marie-Léonies est à l'honneur.
Compassion. Le temps est si triste. "Ce
que montre crûment cette histoire, c'est un monde politique à
la remarque des médias et finalement aussi obsédé
par l'idée de " passer au JT" que la jeune femme qui
lacéra ses vêtements. Quand le temps des politiques devient
le temps des médias, la politique ne peut plus en être
une."
Charles-Henri Hubert pleure Intervilles: "Fiat Lux"...
Il annonce ludiquement Robert Grégoire en page 8 qui nous éclaire:
" E.D.F: simple ouverture ou privatisation rampante?"
Et l'indépendance dans tout ça? "Le
cas d'EDF montre comment l'Etat peut perdre un peu plus de son indépendance
politique dans les secteurs relevant de l'économie stratégique....
EDF était aussi le principal acteur d'une politique énergétique
nationale principalement basée sur le nucléaire..."
Les bonnes questions sont posées.
En page 9, il y a une petite place pour un homme éclairé.
Il est si éclairé qu'il tient ses lunettes à la
main, et il nous sourit. C'est Marcel!
"Otages de Bush et Ben Laden", ce sont "Les Chrétiens
d'Irak". Dense entretien avec Jean-François Colosimo.
"A vue humaine, nous assistons,
impuissants, à une catastrophe de civilisation qui incline au
pessimisme le plus radical. Mais l'on ne saurait oublier que, dans le
christianisme, la croix est signe d'espérance."
Ce n'est que Vérité. Mais Elle est bien lourde pour nos
frères d'Orient.
Appel à l'imagination! B.J le lance en page 13: "Le
patrimoine en conflit"
Il faut de l'imagination, certes, et des sous, des sous, encore des
sous...
Ibn P. Assidim nous accueille avec un clin d'oeil: "L'avenir
de l’inintelligence"...
Le "Livre" nous tient à coeur, mais les lecteurs, en
nombre sans cesse grandissant, sont béatement formatés
par le " best-seller".
"Mais plus le best-seller a
de lecteurs, plus il va imposer aussi un certain type de références,
de goûts, de valeurs, eux-mêmes exactement calibrés,
à l'aune du politiquement et de l'intellectuellement corrects."
Retenir la belle phrase du directeur des éditions José
Corti, Bertrand Fillaudeau: "Pour
nous, un véritable créateur est toujours en décalage
par rapport à son époque. A cet égard, il semble
qu'au XXe siècle, on se soit mépris sur la démocratisation
de la culture."
Parole de spécialiste !
Clapas et Odier recueillent les "confidences" de celui qui
nous dit : "A mon sens, mes
livres s'inscrivent vraiment dans la lignée d'un Dumas."
C'est l’"Entretien
avec Paul-Loup Sulitzer"
Paul-Loup nous donne la recette: "Pour
faire un best-seller, c'est simple: il suffit de ne pas emmerder le
public."
En page 20, Arnaud Odier maugrée à pleine plume:
"... mais dans ces conditions, n'est-on
pas en droit de se demander où de la bonne et véritable
politique peut encore se trouver (en dehors, bien sûr, des Epées)?
Cette absence est d'autant plus regrettable que l'antique science du
gouvernement des hommes a très certainement bien des choses à
nous apprendre quant aux moyens de faire cohabiter harmonieusement nos
contemporains."
Ma grand-mère avait pour habitude de me dire: "On
trouve toujours une pomme de terre dans un tas d'épluchures..."
Soyons optimistes!
Bien se caler dans un bon fauteuil ou préférer l'ascèse
d'une chaise à bras espagnole du XVIIe siècle...
Et lire après avoir bu un verre d'eau: "Exploration
de la part du diable". Très bel entretien entre
Alain Raison et Michel Maffesoli, l'auteur acide de " Le temps
des tribus"...
Nous connaissons "la part du pauvre", que nous oublions, hélas,
souvent. Michel Maffesoli nous raccroche à la part du diable:
"... il me parait de sagesse
humaine de montrer qu'il faut accorder sa part au diable, c'est-à-dire
se rendre compte qu'il y a en nous quelque chose qui est de l'ordre
de l'animalité, de l'instinctuel, du désir et finalement
du mal... et à vouloir trop aseptiser un individu ou une société,
on a un retour non-contrôlable du refoulé."
De plus en plus vite, nous accédons aux premières loges!
Dans la foulée, Alain Raison nous initie à la lecture
du dernier ouvrage de Maffesoli: " Notes sur la postmodernité"...
Du bon travail. Je vous donne un conseil, choisissez le bon fauteuil,
la chaise espagnole est dangereuse pour nos fondements...
Antoine Clapas nous fait un beau cadeau. Il nous délivre un passeport
pour la vie bonne: "La maturité ou bien le bégaiement"
Pour nous guérir nous pouvons emplir notre bouche de petits cailloux
et regarder la mer... Mais nous pouvons aussi accepter sereinement ce
que les témoignages de Platon et de Xénophon: " ...montrent
clairement que l'apprentissage de la mort est le dernier don que le
maître fait au disciple."
Grand merci à Clapas de ses lignes.
Au vitriol ! ou "Vous n'avez rien contre les faux jeunes?"
de Laurent Dandrieu.
Le coeur n'est plus assez jeune...
" Maladie sénile d'une
société vieillissante qui essaye désespérément
d'oublier ses cheveux blancs, le jeunisme s'accompagne bien du mépris
des vrais jeunes..." La lame de
Dandrieu n’a pas une ride!
Valérie Lefort-Zelminska en serait presque à lancer un
appel : "Besoin d'adultes"
Elle est en grande compagnie: Tony Anatrella, Michel Fize. La génération
"68" a perdu les clefs du réel : "
Ne reste que l'illusion, l'impuissance, le ressentiment et bien sûr
la fête. Les soixante-huitards condamnent leurs enfants à
suivre leur propre régression."
Eviter aussi le danger de la fausse autorité, les faux sages
et bientôt les faux vieux...
Tout en finesse et gentillesse, Christian Combaz nous dessine une carte
du Tendre... à venir : "La géographie du
temps"
Les titulaires de la carte "vermeil" font grise mine. Combaz
nous guide dans ce monde où la conscience rend vieux. Impératif:
à lire et à faire lire !
" Horresco referens..." ou "Pourquoi lire La
Trinité de saint Augustin ?"
Sophie Dupuy-Trudelle prend pour avocate Hannah Arendt. Nous rendons
volontiers les armes. Tout dire au lieu de dire de tout... Merci pour
ce rappel.
Et Milou alors? Milou est toujours oublié. Un jour, j'écrirai
les mémoires de Milou. Tous mes amis le savent: les "terriers"
et moi c'est une véritable histoire d'amour. Je parle "terrier",
c'est même une des langues que je maîtrise le mieux. Il
n'y en a que pour Tintin, et maintenant pour : "Haddock,
tartarin mais pas célinien"
C'est du Fluide glacial, pardon, c'est du Albert Algoud... Il nous réchauffe
les boyaux comme le bon malt réchauffe notre capitaine Haddock!
Après lecture de cette brillante démonstration, je suis
pris d'une furieuse envie d'étriper E.Brami, avec le vieux sabre
du capitaine. Par mille sabords!
Succulent article à lire en compagnie d'un verre de vingt ans
d'âge... au moins !
In fine, l'acier des lames de nos amis se durcit, et le fil s'aiguise
à merveille.
Je vais vous épargner leur programme de lecture. C'est une affaire
de goût, du bon, du très bon et du : "ce n'est pas
ma tasse de thé"...
Aussi je vous conseille de vous procurer ce numéro revigorant !
Portemont, le samedi 16 octobre,
en ce jour de la Sainte-Hedwige, a.d. 2004.