lundi 15 mars 2010

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Du « Devoir du Prince » et du « Fait du Prince »…

Un grand débat s’est engagé. Et comme il se doit, ce sont des spécialistes qui s’expriment sur un tel sujet d’actualité. De très grands spécialistes : Messieurs François Bayrou, Julien Dray et Patrick Devedjian…

Des spécialistes aux titres indiscutables : un président du MoDem, un porte-parole du Parti socialiste et un secrétaire général de l’UMP…

La cause d’un tel débat ? La mutation « rapido- presto » d’un haut fonctionnaire de police qui n’aurait pas évité l’envahissement de la propriété d’un citoyen…
« Fait du prince » ont lancé – presque en chœur – le président du MoDem et le porte-parole du PS…

« Devoir du prince » a rétorqué le secrétaire général de l’UMP…

Un devoir qui n’est pas mince… : « Aucun citoyen ne peut se satisfaire de l'insuffisance de protection par la police » et « protéger les citoyens quels qu'ils soient à mon avis est le devoir du prince » précise le secrétaire général !

Terrible rappel à un bien étrange « prince » qui ne cesse de s’inféoder à des intérêts qui ne sont pas ceux de ses « sujets » et encore moins ceux du « royaume »…

Mais doit-on rappeler que le « fait du Prince » existe bel et bien dans notre droit administratif français ?

Le fait du Prince qui dans le langage courant désigne un acte arbitraire du gouvernement, désigne en droit administratif français, une mesure prise par l'administration qui a un impact sur un contrat auquel elle est partie. La théorie du fait du Prince prévoit que le cocontractant de l'administration a alors droit à une indemnisation intégrale des frais causés par cette mesure, si cette mesure a perturbé la réalisation des travaux prévus par le contrat.
Une telle mesure n'est pas considérée comme un fait du Prince si elle entre dans le cadre des pouvoirs traditionnels de l'administration en terme de contrat administratif : pouvoir de contrôle, pouvoir de modification et de résiliation unilatérales. La théorie du fait du Prince ne s'applique donc que pour des mesures prises par l'administration à titre extra-contractuel. Il peut s'agir par exemple de mesures de police administrative indépendantes du contrat mais qui ont un impact sur les conditions de son exécution.
L'application de la théorie du fait du Prince entraîne l'indemnisation intégrale du cocontractant par l'administration. Elle se distingue donc de la théorie de l'imprévision qui ne prévoit qu'une indemnisation partielle dans le cas d'un événement indépendant de la volonté des parties.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fait_du_prince

Quant au « Devoir du Prince »

« Devoirs » devrions nous dire…

Invitons tous les « spécialistes » sus nommés à relire Dante
http://books.google.fr

sans oublier vous en vous doutez, Machiavel…
http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=9471

Mais ne jamais oublier quelques devoirs que Louis IX rappelait à son fils…

Extraits

Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soin d’avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c’est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice.

Cher fils, prends garde diligemment qu’il y ait bons baillis et bons prévôts en ta terre, et fais souvent prendre garde qu’ils fassent bien justice et qu’ils ne fassent à autrui tort ni chose qu’ils ne doivent. De même, ceux qui sont en ton hôtel, fais prendre garde qu’ils ne fassent injustice à personne car, combien que tu dois haïr le mal qui existe en autrui, tu dois haïr davantage celui qui viendrait de ceux qui auraient reçu leur pouvoir de toi, et tu dois garder et défendre davantage que cela n’advienne

Cher fils, je t’enseigne que tu aies une solide intention que les deniers que tu dépenseras soient dépensés à bon usage et qu’ils soient levés justement. Et c’est un sens que je voudrais beaucoup que tu eusses, c’est-à-dire que tu te gardasses de dépenses frivoles et de perceptions injustes et que tes deniers fussent justement levés et bien employés et c’est ce même sens que t’enseigne Notre Seigneur avec les autres sens qui te sont profitables et convenables.

Prendre ainsi toute la mesure des pitreries d’un président de quelque parti que ce soit, d’un secrétaire général ou d’un porte-parole… tant ils ignorent ce qu’est un prince…

Et leur décerner sans hésitation notre « Datura d’or » !

Portemont, le 6 septembre 2008

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Par respect pour Socrate nous n’avons pas retenu la ciguë…

Le datura est  un arbuste ou plante riche en alcaloïdes dont l’ingestion entraîne un délire hallucinatoire. En surdose, la mort est au rendez-vous. Il en est de même avec certains mots ou propos… Nous décernerons donc quelques « Daturas d’or » aux diseurs d’aventures mortifères. Sans leur souhaiter, cela va de soi, une trop forte ingestion de leurs propres propos…

 

 
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