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Du Panache et de l’Honneur !
Il était grand, au physique et
de cœur. Son nom de guerre, dans la clandestinité, était
Joseph.
Il ne supportait pas la flétrissure de la France. Dès 1938,
en novembre, il souffletait vigoureusement Pierre Etienne Flandin, ancien
président du Conseil, ancien ministre des Affaires étrangères,
chef de l’Alliance démocratique, qui avait adressé
un télégramme de félicitations au chancelier Adolphe
Hitler. C’était le temps de Munich.
Pitoyable, Flandin se justifiait auprès de ses amis : «
On a complimenté M. Chamberlain, on a complimenté M. Mussolini.
Alors j’ai complimenté M. Hitler. »
Lors du congrès de son parti, le « président »
Flandin décidait de déposer une gerbe de fleurs de fleurs
sur la tombe du soldat inconnu.
La haute silhouette de celui qui n’était pas encore Joseph,
mais qui se prénommait Jacques, s’interposa et gifla M. Flandin.
Jacques était profondément patriote, profondément
catholique.
« Je l’ai donc giflé, espérant
que cette leçon servirait aux Français égarés
qui seraient tentés de se livrer aux mêmes intrigues, aux
mêmes bassesses. »
Jacques ne connaissait pas la bassesse.
Jacques était royaliste, de tous les combats. Après le 6
février 1934, il provoquait en duel Guy La Chambre, le conseiller
de Daladier, qu’il jugeait responsable de la répression sanglante
qui frappa la place de la Concorde.
Jacques quitta l’Action française. Il avait été
un camelot exemplaire. Il n’abdiquait pas. Mobilisé en mars
1940, il fût des Corps francs. Il poursuivit le combat à
Palavas et Montpellier, où sous la statue équestre de Louis
XIV, il peint : « Lui n’aurait
pas collaboré». Il fût sur tous les fronts de
la Résistance, par monts et par vaux, chef des Groupes francs.
Ses amis étaient Bénouville, Fresnay.
Il aimait la vie. Au dire de l’abbé Jean-Joseph Alvitre,
c’était un joyeux drille. L’abbé l’unira
à Mireille Tronchon. Il n’y eut pas de mariage civil, clandestinité
oblige. Joseph était un chouan, renouant avec la vieille tradition
royaliste.
Il fut arrêté à Brive, par la Gestapo. Torturé
à Limoges, il résista encore et encore : «
…Demain je tiendrai comme aujourd’hui et je ne parlerai pas,
mon honneur me le défend. »
Le corps était sans cesse meurtri, le moral restait intact. Mireille
fût d’un courage exemplaire. Comme elle fût elle aussi
arrêtée, la Providence lui permit de tenir la main de cet
époux hors du commun. Tous deux voyagèrent, main dans la
main, de Limoges à Fresnes. Mireille quittera Fresnes pour accoucher
de Bertrand, au Val de Grâce le 15 juin 1943.
Joseph et Edmond Michelet auront la « joie » de voyager ensemble
vers le camp de transit de Neue Bremen au sud de Sarrebruck.
A Mauthausen, Joseph devient le matricule 35 217. Son ami Teddy Piat était
là, lui aussi.
Décharné, le corps brisé, Joseph s’éteint
sans un mot ni un soupir, le 24 janvier 1944, la tête sur les genoux
de Teddy.
Son nom est gravé sur le monument aux morts, de Palavas-les-Flots.
A l’occasion du soixantième anniversaire de la mort, pour
la France éternelle, de Jacques Renouvin, les Manantes et les Manants
du Roi se souviendront.
Des gerbes de Lys d’or…
( Pour en savoir plus : « Des
royalistes dans la Résistance », de François-Marin
Fleutot. Chez Flammarion. Commande possible à la N.A.R, 17, rue
des Petits-Champs 75001 Paris.
Téléphone : 01 42 97 42 57. réduction 25% jusqu’au
31 janvier.)
Portemont, le 11 janvier
2004,
en ce jour de la Sainte Famille.
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