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Des brassées de lys d’or…
1940 : L’ARMISTICE – TRAHISON

Le courage politique de Léonel de Moustier
D’Henri de Moustier. Aux Cêtre, 2002. (www.planeta-cetre.com)
Un beau devoir de mémoire. Il est vrai qu’il est plus aisé d’honorer une famille qui a servi la France au cours de deux siècles, par les armes, le talent politique et diplomatique, qu’une famille qui aurait trahi ou servi l’occupant Mais c’est aussi une petite et instructive mine d’or d’archives…Qui violente les idées reçues !
Léonel de Moustier, fût de cette race qui jamais ne renonce, ni ne trahit.
Son ancêtre, Philippe Xavier de Moustier, fit campagne en Allemagne de 1733 à 1735. De 1741 à 1748, il porta le fer au cours des campagnes de Bohême et du Rhin. Il fut de la prise de Fribourg et du siège de Maëstricht…En 1748, il obtint régiment de cavalerie à son nom, puis s’illustra à la guerre de Sept Ans. Ses terres avaient été érigées en marquisat en 1741…
Dès cette époque, les liens entre la Maison de Moustier et les « Allemagnes » furent scellés…
« Défendre la Patrie contre les appétits germains », telle, aurait pu être la devise des Moustier !
Nous n’énumèrerons pas tous les porteurs du nom. Nous vous invitons à faire plus ample connaissance, sans tarder, avec Léonel de Moustier, né en 1882, présenté par son fils Henri.
Il fut démobilisé en 1919, avec le grade de lieutenant, déjà père de huit enfants, La Croix de guerre et la Légion d’honneur, avec cinq citations, témoignaient de son courage.
En 1938, il effectue des périodes de réserve. Il pressent la guerre… En 1939, il est mobilisé au 11 e Chasseur, et y retrouve son fils Georges, maréchal des logis. Le capitaine Léonel de Moustier est volontaire, avec neuf de ses fils et gendres…Georges est tué le 7 octobre 1939.
Le 28 mai 1940, le capitaine de Moustier commande un groupe d’escadron au sein d’une division encerclée par l’ennemi, qui a reçu l’ordre de se rendre. Il est le seul officier de sa division, qui décide, après avoir obtenu le concours volontaire de ses hommes de forcer les lignes ennemies, pour rejoindre Dunkerque. Il sauvera ainsi, 311 de ses hommes, des camps de prisonniers.
Et au civil, me diriez-vous ?
Léonel de Moustier est tout aussi indomptable ! En 1910, il a été élu conseiller général du canton de Clerval, dans le Doubs. Son père y était président… Le jeune Léonel sera rapporteur du budget pendant 25 ans. En 1928, il sera élu, avec 60% des voix, député représentant l’arrondissement de Baumes-les-Dames. En 1932 et en 1936, il sera réélu… En 1935, au décès de son père, il devient président du Conseil général. Président de la Chambre d’agriculture, de la Caisse du Crédit Agricole et du syndicat d’élevage du cheval comtois, Léonel de Moustier sert sur tous les fronts !
Le 10 juillet 1940, avec quatre-vingt autres députés, le capitaine-député ne votera pas les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.
Dès 1941, il fera de son domaine du Bournel, un haut lieu de la Résistance. Il y sera arrêté pour la deuxième fois en août 1943.
La suite est prévisible, les camps, et au bout, la mort.
Cet ouvrage doit être dans toutes les bibliothèques. C’est la vie d’un vrai seigneur, rallié à la république comme le fit son père, René de Moustier, en 1889, qui déclara : « Je suis fidèle au respect dans ma famille des décisions libres et légales du suffrage universel dont la république est légitimement issue. Je demande que la république soit libérale et ouverte à tous. J’entends défendre une politique d’apaisement, de paix religieuse, de liberté pour tous, la seule à laquelle je puisse associer mon nom ».
Vous imaginez la réaction de sa famille et de son milieu…
Mais il répondit à ses détracteurs : « Ce n’est pas parce que le roi n’est pas à sa place que je ne dois pas être à la mienne ».
Des républicains, comme nous aimerions en rencontrer plus souvent…
Son fils persévéra, et fit sienne aussi, la belle et noble réponse du Duc d’Aumale, présidant, par triste ironie du sort, le tribunal militaire qui devait condamner à mort le Maréchal Bazaine pour avoir fait livrer la Place de Metz, sans avoir fait tout ce qu’exige l’honneur pour la défendre ;
Le Maréchal Bazaine : « Si j’ai capitulé, c’est qu’il n’y avait plus de gouvernement, plus rien ! »
Le Duc d’Aumale : « Il restait la France, Monsieur ! »

Les Manantes et les Manants du Roi, pour l’instruction de toutes les petites et petits Manants à venir…,

le samedi 13 décembre 2003,
en ce jour de la Sainte-Lucie

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