mercredi 08 février 2012

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Nous ne connaissons que son nom !

Et depuis peu… Pierre-André Rigolet est un puits de science. Son domaine de prédilection ?
L’idéal monarchique ! Et dire que Pierre-André Rigolet est genevois !…

Alors que nous faisions quelques recherches sur « Internet », nous avons perdu la « main ».
De « lien » en « lien » nous croyions approcher notre « cible ». Surprise ! Grâce à Sylvie Arsever, nous découvrions Pierre-André Rigolet.

Et la belle réponse de Sa Majesté Juan Carlos d’Espagne :
Tirer sa légitimité du « plébiscite des siècles »…

Etre d’accord sur tout ? Non… Mais une belle réponse en partage !

Merci Pierre-André. Acceptez nos Lys d’Or, agrémentés de quelques edelweiss…

Portemont, le 14 novembre 2007

Les rois de cœur de Pierre-André Rigolet

Pas une monarchie que ce Genevois ne connaisse par le menu: généalogie, situation politique, histoires de famille... Il ne s'intéresse pas aux rois et reines par goût de l'anecdote mais poussé par un idéal monarchique obstiné...

Sylvie Arsever
Jeudi 5 août 2004

«Un président divise, car il est toujours issu d'un des partis qui s'affrontent dans l'arène politique. Un roi unit. Il est au-dessus des clivages, il incarne la continuité historique. Juan Carlos d'Espagne, à qui l'on demandait d'où il tirait sa légitimité, a répondu qu'il la tirait du «plébiscite des siècles». J'aime beaucoup cette expression.»

Pierre-André Rigolet sait tout ce qu'il y a à savoir sur les dynasties régnantes du moment, ainsi que sur les dynasties détrônées qui vivent aujourd'hui dans l'exil. Peut-être, d'ailleurs, est-il encore plus sensible à la beauté du destin tragique de ces dernières. En tout cas, tient-il à préciser, il ne s'intéresse ni aux «princesses commerciales» qui règnent avant tout sur les magazines people, ni aux monarchistes absolutistes qui, à l'image des supporters du prétendant au trône de France Louis de Bourbon «enferment le royalisme dans l'obscurantisme légitimiste». Sa foi va, à l'opposé, à ce qu'il appelle la démocratie couronnée et, s'agissant de la France, au comte de Paris, Henri d'Orléans, dont le père, rappelle-t-il, s'était attiré le surnom de «prince rouge».

Tout a commencé en 1978. Il avait 12 ans. En Iran, Mohammed-Reza Pahlavi venait d'être renversé et la révolution islamiste fauchait les représentants du régime impérial. «Je ne comprenais pas bien, mais je me rappelle ces mises à mort, des députés, des sénateurs, la ministre de l'Education nationale Farakhrou Parsa, exécutée dans un sac à 75 ans.» Plus encore que par ces images de violence, il est frappé par l'exil du Shah, subitement devenu persona non grata auprès des gouvernements qui le flattaient jusque-là. Il se met à reconstituer un règne où il trouve bien des points de comparaison favorables par rapport à la chape de plomb qui s'abat alors sur l'Iran. «Mohammed-Reza Shah a commis des erreurs, je ne le conteste pas. Il n'a pas respecté la Constitution qui limitait ses pouvoirs. Mais pouvait-il faire autrement? D'ailleurs, il a modernisé l'Iran, donné une place aux femmes. Shirin Ebadi oublie de le préciser, mais c'est lui qui l'a nommée à la Cour suprême.»

A l'université, il consacrera son mémoire d'histoire à la Révolution blanche par laquelle le Shah a distribué les terres des féodaux et du clergé chiite. Mais entre-temps, il a tourné son attention vers bien d'autres monarchies. Il s'intéresse aux souverains nordiques, certes, modestes dans leurs listes civiles et dans leur mode de vie. Mais pas moins héroïque: le roi du Danemark, Christian IX, aime-t-il à rappeler, a affronté l'occupant nazi en arborant l'étoile jaune. Mais il est encore plus imbattable sur les monarchies moins connues ici du Moyen-Orient, d'Asie et d'Afrique. En Irak, en Libye, en Afghanistan, estime-t-il, des rois dont certains descendaient du Prophète ont, dans la seconde moitié du XXe siècle, arbitré bien mieux que les régimes peu démocratiques qui les ont remplacés par la force les intérêts des différentes communautés, ont promu la modernité et amélioré le sort des femmes. Il sait tout de leurs règnes et encore plus de leur déchéance et de leur exil. «Je suis un peu romantique, explique-t-il, ou nostalgique. Il s'agit d'un métier en voie de disparition. Je suis pour la sauvegarde de la flore, de la faune et de la monarchie symbolique.»

Pierre-André Rigolet lit, conserve des articles et des cassettes d'émissions TV, lit encore. Son savoir inépuisable est tout entier stocké dans sa mémoire et dans sa bibliothèque. Comme son désir. Il a noué, par hasard, une amitié avec un neveu du roi Zaher Shah d'Afghanistan, le prince Turan. Mais il n'a rencontré qu'un roi vivant, le roi Michel de Roumanie – «un grand monsieur, triste et digne, la conscience morale de la Roumaine» –, et encore à une soirée où il ne l'a que croisé. Il faut dire qu'il n'aime pas les mondanités. Et que, Suisse, il se voit mal engagé dans une action politique monarchiste. La mémoire des rois lui sert de rempart contre «une époque très banale où on ne sait plus nous faire vibrer et où l'argent tient toute la place». Il y voit un autre rapport au temps, qui vient du fond des siècles et peut se permettre de penser à long terme. Incarner cette passion platonique? Si l'occasion lui en était donnée, bien sûr que ça lui plairait. Son désir le plus profond, assure-t-il après un moment de réflexion, serait de rencontrer la Chabanou Farah Diba, «une grande souveraine, qui a beaucoup fait pour les femmes et les enfants de son pays et a donné l'image d'une femme musulmane ouverte et progressiste».       

C’est sur le site www.letempsch.

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