|
Dès le retour de leurs universités
d’été, tous nos politiciens vont nous jouer du violon…
 |
Avant de vous conseiller de vous boucher les oreilles, nous vous
offrons un brin de poésie et avec vous nous en tirerons
les leçons…
Le lys d’or que nous décernons à la famille
Despiau et à tout le personnel de la S.A.R.L. Chevalets
Despiau est bercé par un grand nombre de violons, de violoncelles
et de contrebasses jouant aux quatre coins du monde.
|
Vous devinez que les chevalets qui sortent
de l’entreprise sise à Gimont dans le Gers, ne sont pas destinés
à supporter le portrait de belle-maman.
Ils supportent les cordes des beaux instruments que nous vous avons énuméré.
C’est peu de chose qu’un
chevalet. Un petit bout de bois d’érable de 4 centimètres
de largeur pour 5 de hauteur et d’une épaisseur de 5 millimètres…
Ça ne pèse pas lourd !
En maintenant les cordes surélevées
au-dessus de la caisse de son instrument, il transmet les vibrations des
cordes à la table de l’instrument. Et ainsi, il intervient
pour un quart dans la production du son…
Jean-Louis Despiau n’est pas l’héritier
d’une longue lignée de fabricant de chevalets. Marius, son
père, lui a légué sa scierie. Mais la Muse des Arts
s’était penchée sur son berceau qui sans nul doute
devait être de bon bois… Titulaire d’une licence d’histoire
de l’art, altiste amateur de l’orchestre de chambre d’Auch,
il recueille la scierie familiale à l’âge de 24 ans.
Amoureux de baroque, il recherche la
perfection et voulait améliorer son instrument. Tout « naturellement
», en 1975, il étudie, seul, les chevalets. La vie fait son
œuvre et en 1984, Jean-Louis transmet à son fils Pierre-Jean
la scierie qu’il tenait de son père afin de se consacrer
aux chevalets… Ne croyez pas qu’alors sa vie fut une symphonie
tranquille : « J’ai galéré
pendant dix ans, mais je savais qu’un jour les luthiers se rendraient
compte que mon produit est bon ! Yehudi Menuhin et l’altiste toulousain
Gérard Caussé m’ont dit qu’il améliorait
leur instrument. »
| Le succès ne pouvait pas attendre indéfiniment
au coin du bois. Jean-Louis avait trouvé, sans passer par une
école de lutherie, « …la
loi physique de la transmission du son par le bois. » |
 |
En 1992, son fils Pierre-Jean ferme
la scierie et le rejoint. Valise en main, Jean-Louis fait le tour de l’Europe
et la reconnaissance se manifeste. D’artisan-artiste Jean-Louis
devient artisan-entrepreneur. En 1997, il achète deux machines
de découpe à commande numérique pour monter d’un
cran. Auparavant, il sous-traitait la découpe se contentant de
dessiner ses chevalets tellement chéris.
Aujourd’hui toutes les opérations
sont faîtes dans l’entreprise qui emploie 16 personnes où
3 de ses 5 enfants travaillent… Pierre-Jean, maintenant âgé
de 38 ans, conçoit les modèles qui sont au nombre de 850…
Jean-Louis, à 62 ans, parcourt la Bosnie pour y choisir sur pied
des érables de 200 ou 300 ans. Le savoir faire réside tout
d’abord dans le choix du bois… A Gimont, la maîtrise
du dessin des courbes et des trous prend la relève. «
Il faut sentir la musique quand on le dessine ! »
 |
Et s’enchaînent les opérations : fendre le
tronc de bois en suivant minutieusement le fil du bois : «
Le fil doit être droit. En regardant les stries du bois,
nous savons si l’on en tirera des chevalets de violon, de
violoncelle ou de contrebasse. »
|
Découper des couronnes, puis
des plaquettes de la taille du chevalet. Et laisser sécher deux
ans…
Ponçage en suivant le fil, avec application, découpe à
la machine numérique fière de sa précision au dixième
de millimètre. A nouveau ponçage et finitions…
Le verdict sera alors donné par Nicolas, un autre fils Despiau,
au contrôle de qualité.
Plus tard, plus loin, parfois très loin, le luthier prendra
la relève. Il creusera les encoches qui recevront les cordes,
il affinera l’épaisseur du bois selon le son recherché,
et il posera le chevalet, le petit « Despiau » sur
la table de l’instrument ; simplement posé, pas collé
!
|
 |
Quatre fabricants de chevalets se partage
le monde, deux sont en France et les deux autres sont en Allemagne. La
Maison Despiau est un de ses quatre… exportant 83% de sa production.
Aidée de sa fille Jane, directrice
commerciale, la maison « Despiau » a vendu 120 000 chevalets
de par le monde. Jean-Louis, à juste titre, peut être fier.
Le plus tard possible, quand il écoutera le « Baroque Céleste
», Jean-Louis Despiau pourra dire : « J’ai accompli
une belle œuvre ».
Un Lys d’or ? Non ! Une brassée
de lys pour toute la « Maison Despiau » qui témoigne
de par le monde, du génie français. Mais n’oublions
pas que ce génie est le fruit d’une passion, de l’obstination
et du travail d’un homme et qu’il a su transmettre toutes
ces qualités autour de lui et aux siens…
Portemont, le 30 septembre 2005.
Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir
|
|