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Trois fois condamné à mort
et toujours vivant !
Est-ce lui qui a inspiré Virgil
Gheorghiu ? Non, sans doute. Son destin ne fut pas unique en Europe de
l’Est au cours de notre XXe siècle défunt… Mais
le cardinal Kamiriez Swiatek, lui, est toujours vivant. Il vient même
de souffler ses quatre vingt dix bougies, le 21 octobre.
Le 27 septembre, Jean-Paul II lui a
remis le prix « Témoin de la Foi » décerné
par l’institut Paul VI de Brescia.
Kamiriez a six ans lorsqu’il est
déporté avec sa famille en Sibérie. Vingt ans plus
tard, revenu en Biélorussie, devenue polonaise, il est ordonné
prêtre et arrêté par l’armée d’occupation
soviétique. Il est condamné à mort en 1941. La nuit
de son exécution, il est « libéré » par
l’armée allemande. Son presbytère est occupé
par la gestapo. En 1943, il est arrêté pour être fusillé.
Mais l’armée rouge investit la ville. Il est à nouveau
« libéré » puis arrêté par les
soviétiques. Après cinq mois au secret, il est condamné
à mort mais non exécuté pour ne pas gaspiller une
balle. Il est déporté en Sibérie où il passe
dix années dont une partie à la Vorkuta, « l’enfer
du goulag ». Il rentre en Biélorussie en 1954 mais ne peut
exercer son ministère. Il s’installe en Ukraine quelques
temps mais retourne en Biélorussie. Son insistance patiente lui
obtient de travailler comme prêtre. Il le sera durant trente-sept
ans à Pinsk. En 1991, le pape l’appelle comme archevêque
de Minsk. Il y est toujours.
Que retient le Cardinal de toutes ces
souffrances ? Que la plus grande fut l’indifférence de l’Europe
de l’ouest : « Je souffrais parce que l’Occident nous
avait oubliés, en cherchant la paix et la sécurité,
en embrassant nos tortionnaires ».
Témoin de la Foi, certes, le
cardinal Kamiriez Swiatek l’est, mais témoin gênant
aussi du coupable abandon des démocraties occidentales, phares
du monde moderne.
Honneur à lui et une gerbe de lys offertes par les manants !
Hildegarde, le samedi 27 novembre,
en ce jour de la Saint-Maxime, a.d. 2004.
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