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Du Passé
faisons notre bon pain...
Les Journées du patrimoine ont
révélé au grand public l'alliance qui se tisse entre
notre passé et les nouvelles technologies.
Le directeur du Centre de recherche et de restauration des musées
de France (C2RMF), Jean-Pierre Mohen, ouvre le feu: "
Conserver le patrimoine et retrouver la fonction des objets, c'est très
important pour comprendre d'où l’on vient et qui l’on
est." Aujourd'hui " On peut parler de sciences et de technologies
du patrimoine car, si on a recours à des disciplines existantes,
il y a une spécificité liée au champ d'application
qui a ses contraintes."
Toutes les techniques et les méthodes misent en oeuvre suivent
un impératif rigoureux: préserver au mieux, et aussi prévenir
des outrages futurs....
Les équipes de chercheurs et de restaurateurs disposent d'un véritable
arsenal issu des nouvelles technologies. Installé sous la cour
du musée du Louvre, l'accélérateur de particules
qui répond au joli nom d'Aglaé permet l'analyse de la matière
en profondeur, évitant des carottages malheureux.
Les lasers transportables participent au nettoyage de monuments uniques.
Des robots sont mis au point. Entreprises privées et ministère
de la Culture collaborent.
Grâce à ces technologies nouvelles, notre perception de notre
patrimoine est enrichie et renouvelée. Notre connaissance des civilisations
anciennes progresse.
Tout est mis en oeuvre pour restaurer mais aussi pour respecter, sans
dénaturer. Depuis plusieurs décennies, la restauration "réversible"
est une véritable obsession pour nos chercheurs et nos restaurateurs.
C'est tout à leur honneur.
Toutes nos "vieilles pierres", les vitraux médiévaux,
ou les moindres "outils" témoignant de la vie et du savoir-faire
de nos anciens bénéficient de ces techniques. Avec le Cercle
des partenaires du patrimoine, des grandes entreprises collaborent avec
le Laboratoire de recherche des monuments historiques.
ARC-Nucléart, installé dans les locaux du CEA à Grenoble
est spécialisé dans le traitement des bois anciens humides,
mais aussi dans la désinsectisation d'objets contaminés
par les petites bêtes xylophages...
Ce laboratoire qui a reçu en " pension" la momie de Ramsès
II, en 1977, nous est envié du monde entier.
Si nombre de "penseurs" déplorent le manque d'intérêt
pour les sciences chez nos étudiants, rendons la parole à
Monsieur Jean-Pierre Mohen: " La désaffection
des jeunes pour la science tient peut-être en partie à ce
qu'ils n'ont plus la sensation qu'elle s'inscrit dans une continuité.
Le patrimoine doit être revitalisé pour nous aider à
nous renouveler."
Le beau mot de continuité...
Le ministre de la Culture, Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres n'était
pas en reste en déclarant à l'occasion de ces belles Journées
du patrimoine, qu'il souhaitait que ses concitoyens:
" retrouvent en y participant, leurs
racines, leur fierté et leur volonté d'agir ensemble."
Nous ne le contredirons pas. Retrouvons nos racines, notre fierté
et notre volonté d'agir ensemble, sans morgue ni esprit de chapelle.
Inscrivons nous dans la continuité. Redécouvrons en toutes
les vertus, dans un grand projet de civilisation et portons notre confiance
à la Maison qui a fait avec le soutien de tous les obscurs de notre
histoire: la France.
Pour tous les chercheurs et les restaurateurs qui travaillent pour que
notre patrimoine perdure, nous semons un parterre de lys d'or!
Bravo au quotidien " Les Echos" du mercredi 15 septembre
2004 et à leurs collaborateurs, Catherine Ducruet, Frank Niedercorn
et Emmanuel Paquette, pour le dossier réalisé en pages 25
et 26.
Portemont, le jeudi 23 septembre,
en ce jour de la Saint-Lin, a.d. 2004
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