Jeudi 09 Février 2012
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Nous ne sommes pas grands clercs…

Mais il convient de penser quelques « vérités ». Notre amie Anne-Lys nous les rappelle. Nos temps sont bien difficiles… « J'étais un étranger, dit le Christ, et vous m'avez accueilli »…

Portemont, le 30 août 2010

L'accueil de l'étranger

 « J'étais un étranger, dit le Christ, et vous m'avez accueilli » (Mt 25,35). Et encore : « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40). Puisqu'il s'agit d'un croyant et d'un frère, même s'il s'agit du plus petit, c'est le Christ qui entre avec lui. Ouvre ta maison, reçois-le. « Qui reçoit un prophète en sa qualité de prophète, recevra une récompense de prophète »... Voici les sentiments qu'on doit avoir en recevant les étrangers : l'empressement, la joie, la générosité. L'étranger est toujours timide et honteux. Si son hôte ne le reçoit pas avec joie, il se retire en se sentant méprisé, car il est pire d'être reçu de la sorte que de ne pas être reçu du tout. Saint Jean Chrysostome, Homélie 45 sur les Actes des Apôtres ; PG 60, 318- (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 184)
Je remarque que dans ce texte, comme dans ceux du Nouveau Testament où il est question de l'accueil, il est toujours dit qu'il s'agit des « frères ».

Ici Saint Jean Chrysostome précise « puisqu'il s'agit d'un croyant et d'un frère, même s'il s'agit du plus petit, c'est le Christ qui entre avec lui. »

L'Église d'aujourd'hui quand elle prend en compte ces textes (ce qu'elle fait bien souvent) agit comme si la phrase : « puisqu'il s'agit d'un croyant et d'un frère » n'existait pas, comme si l'obligation d'accueil était la même s'agissant d'un non croyant, voire d'un ennemi de la foi chrétienne.

Je en pense pas qu'en écrivant ainsi, ni les apôtres, ni saint Jean, ait voulu interdire d'accueillir fraternellement les non croyants et les ennemis de la foi. Il suffit pour s'en convaincre de relire la parabole du « Bon Samaritain. »

Mais je pense que certains clercs se fourvoient quand ils passent totalement sous silence la priorité que les apôtres et les docteurs de l'Église ont voulu donner aux « croyants » et aux « frères » et que, dans la mesure où, sous leur impulsion ou avec leur approbation, les pouvoirs publics dépouillent du fruit de leur travail des frères dans le Christ, qui travaillent et alimentent par leur travail les systèmes d'aide sociale, et cela pour accueillir fraternellement des non croyants et des ennemis de la foi chrétienne et leur permettre de vivre aux crochets des donateurs involontaires, ils ne se comportent pas comme l'exige la charité chrétienne.

Le proverbe "charité bien ordonnée commence par soi-même", qu'il faut comprendre comme signifiant qu'on ne peut aimer son prochain "comme soi-même" que si on n'éprouve pas de haine de soi, le dit clairement : les "croyants" et les "frères en Jésus-Christ" ont des droits prioritaires à notre sollicitude et à notre accueil quand, étrangers, ils se présentent à notre porte ; en revanche, les étrangers qui ne sont pas croyants, qui ne sont pas nos frères dans le Christ, qui sont parfois des ennemis de notre foi, doivent passer en second, bien que la charité nous ordonne de ne pas les repousser quand nous pouvons les accueillir.

Anne-Lys

 

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