Gâtisme
Tenez-vous bien, amis lecteurs, les côtes !
Sachez, si vous l’ignorez, qu’existe une Haute Autorité (sic) en charge de la Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (resic).
Ca s’appelle la H.A.L.D.E.
Ca emploie 70 personnes, des juristes principalement, et ça (nous) coûte onze millions d’euros par an !
Un article d’Antoine Cassan, paru dans l’Echo de la Vallée du Loir, l’un des tous derniers journaux indépendants, révèle qu’une récente traque anti-discriminatoire de cette altissime Autorité l’a conduite à relever des traces de « séniorophobie » dans l’œuvre de… Ronsard !
Au prétexte que le poème « Mignonne allons voir si la rose… véhicule une image somme toute négative des séniors ».
Les côtes, vous dis-je, tenez-vous les côtes à deux mains ; à moins que vous ne soyez saisis de vertige au sommet du ridicule atteint par cette Haute Autorité.
Il est exact que l’exquis et malin poète pressait la belle Cassandre de profiter (à son bénéfice) de sa jeunesse avant que le vieillesse ne ternisse sa beauté.
Ce disant Ronsard ne valorise effectivement pas le troisième âge à l’infantile façon des actuelles publicités : Youpi ! La vie commence à 70 ans grâce au Viagra… !
Mais de là à traiter de « séniorophobie » le maître de la Pléiade… Les Hauts Inquisiteurs ne se sentiraient-ils pas visés, aigris sous le poids des ans ?
Gâteux précoces pour le moins. Gâteux gâtés au demeurant, puisque le rapport anti-séniorophobie que vaut à ses auteurs (des chercheurs de l’Université de Metz) 31 000 euros, selon le devis.
Antoine Cassan remarque judicieusement que Ronsard étant âgé de vingt ans à l’époque de cet amour et l’objet de ses feux en ayant treize, le poète devrait aussi être accusé de pédophilie.
Bernard Lhôte |