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Nous sommes tous « englués » dans le pétrole…

Certains plus que d’autres, certes…
Des « incendies » sont allumés de toute part. Fuite en avant ? Sans dévier un pouce de sa pensée, Michel de Poncins dénonce inlassablement les usines à gaz étatiques. Tout a un prix nous dit-il. Mais est-ce si simple ?

La faillite de l’Etat n’est que la faillite d’un certain Etat, bâti sur une politique de clientélisme et d’abandon tout à la  fois…. Ses représentants ne sont plus désignés en regard de leurs capacités et de leur vision régalienne du pouvoir mais seulement en regard de leurs promesses d’aides et de subventions… Pratique moderne du « comment acheter des voix ? »

« Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain »…

Et chercher les causes…

Tout n’est pas si simple… Mais « capitaliser » est un principe vieux comme le monde à remettre à l’honneur. Faudrait-il encore nous débarrasser de ses caricatures…

Un regard de Michel de Poncins, toujours décapant, qu’il n’est pas nécessaire de partager en totalité… :   « Les marins pêcheurs »

Portemont, le 4 juin 2008

LES MARINS PECHEURS

De nouveau les marins-pêcheurs sont en colère et de nouveau le gouvernement se précipite pour éteindre un incendie dont il est directement responsable pour s’être enfermé dans un  immobilisme évident, bien que masqué adroitement sous une agitation permanente et confuse.

Marins-pêcheurs bloquant l'accès du terminal pétrolier de La Rochelle,
le 18 mai 2008

Tout le monde a peut-être oublié qu'en novembre 2007, c'est-à-dire il y a peu de mois, une grève de ces mêmes marins-pêcheurs avait déjà eu lieu.

Manifestation de pêcheurs à Brest le 5 novembre 2007

Au Guilvinec – 2007…

Ces marins-pêcheurs pour obtenir satisfaction ont bloqué des ports de l'Atlantique à la Manche et également des dépôts pétroliers. Donc le 21 mai le gouvernement a promis  110 millions d'euros pour compenser la flambée du gazole et certains marins ont levé le blocus et repris la mer.

Une usine à gaz a  été  montée à la hâte pour répondre partiellement aux problèmes, usine à gaz provisoire destinée à être remplacée par une autre usine à gaz, selon un rite immuable. Le gouvernement a prévu aussi une aide de 22 millions pour soutenir les entreprises de pêche à se moderniser. Il est clair qu’en les arrosant d’argent volé par la force fiscale aux autres, on créera du chômage ailleurs.

Le point nouveau dans les luttes sociales est que maintenant les routiers donnent la main aux marins pêcheurs, avec des revendications différentes. Des producteurs de porc les ont aussi soutenus. Quant aux médecins libéraux, ils demandent de leur côté  des mesures d’urgence.

Pour bientôt ?

Au même moment, les défilés continuent pour défendre les retraites. Les manifestants ne savent pas où ils en sont ; on a entendu à la radio un retraité de 73 ans se plaindre à juste  titre de sa faible retraite ; il allait pourtant défiler pour empêcher les gens de travailler plus alors que, si faible que soit sa retraite, elle lui est versée précisément par les personnes au travail ! Comprenne qui pourra.



Le 23 mai, la colère a repris avec blocage des raffineries, opérations escargots, saccages d’entrepôts de poissons et occupation de la préfecture du Finistère. Aujourd’hui, personne ne sait si le mouvement va s’arrêter.

Il est tout à fait injuste de soutenir les marins-pêcheurs car pourquoi ne pas soutenir les taxis,  ou les particuliers qui souffrent également de la hausse du prix de l'essence pour se rendre à leur travail, à leurs occupations ou à leurs loisirs.

Taxis en colère…

Ce que personne ne sait où le veut dire, le voici : les marins-pêcheurs, les taxis,  les particuliers ne sont pas victimes  du prix du pétrole mais simplement  du socialisme que le gouvernement, loin de détruire, ne cesse de développer à grande vitesse. Il l’a fait progresser en France d’une façon marquante en quelques mois avec les calamités habituelles, comme la création de nouveaux impôts, dont certains sur le poisson, la poursuite des dépenses et l’endettement en folie.

Cela dure depuis plusieurs décennies ; il s'agit évidemment aussi bien du socialisme de Monsieur Giscard d'Estaing que de celui de Monsieur Mitterand, de Monsieur Chirac et, à présent, de Monsieur Sarkozy.

Dette publique, en points de PIB, à l'entrée dans la vie active de différentes générations, si aucun effort supplémentaire n'est entrepris

Le socialisme, en effet, les a écrasés d'impôts et de charges sociales diverses sans aucun avantage pour eux. De ce fait, ils n'ont pas pu s'enrichir et capitaliser comme ils auraient pu le faire étant donné leurs talents et les énormes ressources poissonnières, de la  France. Lorsque l’on capitalise librement, on accumule les ressources nécessaires pour faire face aux divers aléas de son  métier, tel qu'il est. Dans leur métier, le pétrole joue un rôle important et, normalement enrichis, ils auraient eu les réserves nécessaires pour imaginer eux-mêmes et mettre en oeuvre des systèmes pour échapper aux conséquences de la volatilité inévitable de leur poste de dépense principal.

Les voici paralysés devant l'ouragan et tendant la sébile vers l’Etat. Le  Président de la République a déclaré  publiquement en 2007 que le gouvernement les aiderait à moderniser leurs flottes en vue de moins consommer de pétrole ; cette modernisation devrait, dans une société libre, relever du domaine totalement privé, les professionnels pouvant décider seuls.

Une nouvelle fois, le socialisme montre son visage négatif. Empêchant l'ensemble du peuple de s'enrichir légitimement, c'est-à-dire de capitaliser, il creuse sous les pas de tous  de multiples calamités et chacun ensuite se retourne contre l'État pour obtenir la correction de ces calamités créées par l'État lui-même. Les tonnes d’argent déversées le sont en pure perte et créent d’autres calamités ailleurs.

Bien entendu les réglementations étatiques s’ajoutent aux impôts et charges pour détruire tous les métiers. Un journaliste a écrit : « si l'on ne réglemente pas la pêche du thon rouge, il n’y aura plus bientôt de thon rouge ». Et alors ? C’est bien avouer dire que dans le système étatiste, il n’y a jamais de salut. Les ressources de la mer sont immenses et Dieu a créé plus d’espèces de poissons qu’il n’en faut. Simplement il faut laisser chacun se gérer et gérer son avenir dans le cadre du marché et des organisations professionnelles.

Beaucoup à dire sur la pêche…

Le pouvoir avait le devoir et la possibilité de réaliser  en juillet 2007 la rupture avec le socialisme. S’il l’avait fait, l’ensemble de la nation en aurait reçu les effets bienfaisants dès l’automne 2007. Des problèmes auraient commencé à se résoudre et le gouvernement lui-même aurait dégagé des masses de manoeuvre.

A la place nous entendons les responsables du plus haut niveau pleurnicher sur les caisses vides et, les larmes à peine séchées, courir le monde pour les vider encore plus…

Michel de Poncins, le 26 mai 2008


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