Paris, le dimanche 18 février 2007 - Voxlatina.com - Le 8 février à l’Assemblée Nationale, la conférence de presse syndicats - associations - parlementaires du Collectif pour le droit de travailler en langue française en France a rassemblé plus d’une centaine de participants. Dans son discours de synthèse, le syndicaliste Jean-Loup CUISINIEZ, délégué SN2A CFTC, chargé de la Francophonie et de la diversité linguistique, porte-parole du Collectif, a exprimé avec émotion et conviction la réalité stupéfiante et inquiétante que cette rencontre a permis de mettre en évidence : dans de nombreuses entreprises de France, «la question du droit à l’usage de la langue française est devenue une urgence sociale» !
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Jean-Loup Cuisiniez |
LE DISCOURS DE JEAN-LOUP CUISINIEZ,
PORTE-PAROLE DU COLLECTIF POUR LE DROIT DE TRAVAILLER EN LANGUE FRANÇAISE
Les témoignages montrent que des seuils d’alerte sont en train d’être passés ou sont déjà franchis. Il y a urgence à fédérer les actions menées dans le monde syndical, associatif et politique pour rompre le sentiment d’isolement et trouver un socle commun. Notre implication collective est de poser le débat sur la place publique et de placer tous les acteurs individuels et collectifs face à leurs responsabilités.
La question de la langue n’est plus le seul souci de quelques esthètes obsédés par le bon usage du plus que parfait du subjonctif. La question du droit à l’usage de la langue française est devenue une urgence sociale.
La sécurité n’admet pas l’ambiguïté ni dans le travail ni dans les notices d’application. Comment se conformer à des obligations qu’on ne comprend pas ? L’insécurité linguistique est facteur d’augmentation de risque.
La problématique d’une langue venue d’ailleurs que l’on voudrait nous imposer comme unique (et pas seulement en France) entraîne des mécanismes convergents de discrimination, d’exclusion et d’élimination.
Cette tendance est renforcée par l’institution européenne. Par exemple l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail diffuse ses informations presque exclusivement en anglais alors qu’elle serait censée diffuser cette information dans les différentes langues des utilisateurs.
Nous alertons sur les dangers de mort sociale. L’étouffement par le langage entraîne de plus en plus de souffrance latente, pas toujours formulée mais bien réelle et de plus en plus fréquente. Nous sommes devenus la cible quotidienne d’une instrumentalisation visant à nous faire croire que le français n’est plus adapté à l’économie de marché, qu’il serait un handicap insurmontable, et même un désavantage compétitif.
Instrumentalisation pour nous imposer l’hégémonie du tout anglais, y compris dans les échanges internes aux entreprises : ainsi se nourrit le risque de fracture linguistique et culturelle; ainsi voit on se dessiner à l’horizon par effet d’enchaînement, l’assujettissement de tout le tissu économique et social à la langue unique : sous-traitance délocalisée, perte d’identité, reconnaissance par le seul critère du niveau de maîtrise de l’anglais et de son adhésion à une conception anglo-saxonne du monde (économique, social, juridique, enseignement recherche, brevets ….)
C’est notre mort sociale annoncée !!!
Nous demandons un engagement clair, fort, cohérent et pérenne des responsables politiques
- pour assurer la primauté du français sur le territoire national et dans le monde du travail,
- affirmer la juste place du français dans les organisations européennes et internationales.
- inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la proposition de loi n°59 Marini Legendre, votée au Sénat depuis novembre 2005 visant à renforcer et compléter la Loi Toubon,
- renommer et normer en français, dans l’espace francophone, par la création et la mise en place, dans les entreprises du secteur privé et dans les familles professionnelles, de « commissions de terminologie » à l’exemple du secteur public et de ce qui est fait dans d’autres pays francophones.
Nous faisons appel à une prise de conscience individuelle et collective : le rapport Astier cité dans notre introduction souligne les risques des désintégrations sociale, économique et politique qu’impliquerait l’effacement de la langue française dans l’espace francophone. Nous sommes à la croisée des chemins. Il faut savoir ce que l’on veut !
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De gauche à droite : Jean-Pierre LAMONNIER, délégué syndical SNB-CFE-CGC-Socgen ; Muriel TARDITO, déléguée syndicale CFTC Europe Assistance ; Jean-Loup CUISINIEZ, délégué SN2A CFTC, chargé de la Francophonie et de la diversité linguistique, porte-parole du Collectif ; Yves MONTENAY, modérateur, membre de l'association ALF. |
Plus d’informations ?
http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3?art=2050
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