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Rien ne va plus…
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Nous ne sommes pas au « casino ». Cinq kilomètres carrés tournent la page. Et quelle page ! L’île de Sercq entre dans le paradis « démocratique » après 450 ans de « féodalisme »… Le pire est à craindre…
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Voilà que depuis 450 ans cette petite île vivait sous un statut qui fut accordé en 1565 par la reine Elisabeth Ier à Hélier de Carteret, seigneur de Jersey. Une bien drôle d’histoire que l’histoire de cette île qui fut par la suite rattachée à la Couronne britannique par le biais du baillage de Guernesey et le duché de Normandie !
Jusqu’ à ces derniers jours, le seigneur de Sercq et un parlement constitué par les 40 représentants des propriétaires terriens, à savoir les 40 familles d’origine, veillaient aux affaires de l’île en compagnie de 12 députés élus pour trois ans…
En octobre 2006, sous la pression de la perfide Albion, les habitants de Sercq avaient bien voté la naissance à venir d’une chambre de 28 députés qui seraient élus au suffrage universel… Ce vote vient d’être entériné par le Conseil privé de la reine d’Angleterre, répondant ainsi à l’impatience des frères Barclay, propriétaires du « Daily Telegraph » et châtelains sur l’îlot de Brecqhou, dépendance de l’île de Sercq…
Les « inquiets » et les « grincheux », craignent que l’île de Sercq soit transformée en « île Moustique des eaux froides ». Un nouveau havre pour les « bling-bling » ?
Puissions nous encore entendre une fois la « clameur de haro » !
Portemont, le 20 avril 2008

En 2006, Sercq a entamé des réformes démocratiques, qui la mettront en conformité avec la Convention européenne des droits de l'homme. Ces réformes s'expliquent par les pressions imposées par les frères Sir David et Sir Frederick Barclay, propriétaires du Daily Telegraph, richissimes nouveaux Tenants que les lois de Sercq empêchaient de mener leurs affaires rondement. En l'occurrence, les frères avaient acheté l'îlot de Brecqhou pour 2,3 millions de livres en 1993, et semblent souhaiter en disposer sans égard pour la législation locale. Sous pression, apparemment, de la Couronne Britannique, le 4 octobre 2006, les membres du Parlement de l'île (les Chefs Plaids) ont voté la fin du régime féodal à 23 voix pour un système de représentation à un niveau, 1 voix contre et 14 abstentions. 28 conseillers remplaceront les 40 tenants et 12 députés du Peuple. Les conseillers recevront l'honorifique Sieur ou Madame autrefois réservé aux Tenants. Sercq est, à ce jour, en conformité avec le Conseil de l'Europe.
Parmi les lois de Sercq figure la clameur de haro, article de la coutume de Normandie par laquelle une personne peut obtenir la cessation immédiate de toute action qu'elle considère enfreindre ses droits, et qui existe également dans tout le bailliage, ainsi que dans le bailliage de Jersey. Elle doit, en face du témoin, réciter le Notre Père en français, alors que la population est aujourd'hui anglophone, et s'écrier (en français également) : « Haro, Haro, Haro ! À mon aide mon Prince, on me fait tort ! » Elle doit être, ensuite, enregistrée à l'office du greffe dans les 24 heures. Toutes les actions contre la personne doivent, alors, cesser jusqu'à ce que l'objet du différend soit entendu par la cour de justice. Ce n'est pas fréquemment utilisé : la dernière « clameur » enregistrée a été prononcée en juin 1970 pour empêcher la construction d'un mur de jardin. Cette coutume existe toujours, de façon différente, dans les autres îles de l'archipel, également régies par la coutume de Normandie.
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