|
Elles, elles n’ont pas eu la chance de s’appeler « Ingrid »…
 |
Elles s’appelaient : Sadia, Zhara, Hina, Hatun… Nos temps sont difficiles. De par le monde, près de 5000 femmes sont niées, assassinées, au nom du principe des « crimes d’honneur ».
Nous ne souhaitons aucun mal à Ingrid Betancourt, nous comprenons la peine des siens. Mais la pitrerie des « onze femmes ministres du Gouvernement » n’est guère supportable…
|
|
Toutes derrière le Président… « Tenez bon ! Ne baissez pas la garde ! Soyez plus forte que vos geôliers ! » (Rama Yade)
Íngrid Betancourt, fondatrice en 1998 du parti « Oxígeno Verde », s’est engagée dans la vie politique de son pays natal, la Colombie, en 1994.
Après avoir été élue députée, puis sénateur, c’est alors qu’elle s’apprêtait
à se présenter à l’élection présidentielle qu’elle fut enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie le 23 février 2002. Mœurs politiques rudes que celles de la Colombie comme bien d’autres pays d’Amérique centrale et du Sud…
Ingrid Betancourt connaissait les risques encourus et a toujours fait preuve d’un grand courage ne donnant pas prise aux intimidations… Nous n’énumèrerons pas les avatars de la politique française, les effets d’annonce, qui ont agité l’ « Affaire Ingrid Betancourt »depuis de nombreuses années…
Véritable « Icône » de ce que nous ne savons trop « Quoi », toutes les « intelligentsias » de pacotille « s’arrachent » « Ingrid »… Triste « pipolisation »…
Nous en tenant au grand cœur du candidat à l’élection présidentielle que fut Nicolas Sarkozy, aujourd’hui c’est aux femmes les plus martyrisées que nous pensons. Au nom de la France généreuse et accueillante…
« Chaque fois qu'une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés. » (in elysee2007.unblog.fr)
Oui, nous pensons à Sadia Sheikh qui avait 20 ans, qui était joyeuse et épanouie.
Son nom a été donné à une salle de l’établissement (Haute école provinciale de Charleroi) « qu'elle fréquentait avec un grand bonheur pour décrocher un diplôme de juriste. »
Sadia a été assassiné par son frère le 22 octobre 2007. Elle avait fui le domicile familial pour éviter d’être mariée de force…
|
 |
Une goutte de sang me direz-vous en regard des : « au moins 27 femmes kurdes irakiennes accusées d’adultère qui ont été assassinées au nom du soi-disant principe des « crimes d’honneur » dans la région semi-autonome du Kurdistan, dans le nord de l’Irak, au cours des quatre derniers mois » Annonce des autorités régionales, le 4 décembre 2007 qui précisaient que : « 97 autres femmes - 60 d’Arbil, 21 de Dahouk et 16 de Sulaimaniyah - ont tenté de se suicider en s’immolant… » Toujours au cours des quatre derniers mois, expliquait Youssif Mohamed Aziz, ministre régional des Droits humains…
 |
Jeune femme lapidée au Kurdistan |
Tout comme le prix du baril de pétrole et de l’or, du blé ou de nos timbres postaux… « l’honneur » est à la hausse et devient difficilement supportable à nombre de femmes : « Selon un rapport du ministère kurde des Droits humains, le nombre de femmes qui se sont suicidées en s’immolant est passé de 36, en 2005, à 133 en 2006, et le nombre d’assassinats de femmes est passé de quatre, en 2005, à 17 en 2006 »
Et pour être précis :
« Dans son rapport de juin 2007, l’UNAMI - Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Irak - indiquait que dans la région du Kurdistan, les incidents impliquant des violences envers les femmes avaient augmenté de 18 pour cent entre mars et mai 2006.Citant les statistiques officielles du gouvernement régional du Kurdistan, l’UNAMI a enregistré 15 meurtres avec usage d’objets contondants, 87 meurtres par immolation et 16 par balles au cours du premier semestre de 2007. Durant le deuxième semestre, il y a eu huit meurtres avec usage d’objets contondants, 108 meurtres par immolation et 21 par balles. »
Oui, aucune d’elles ne s’appelaient Ingrid.
Nous pensons à elles et, en ce jour, elles sont toutes dans nos prières.
Nous pensons très fort, avec une tristesse infinie, à Zhara.
Zhara qui n’ a connu que 16 printemps en Syrie. Son « crime » ? Son « seul crime » ?
« Avoir suivi, sous la menace, un ami de son père, dans l’espoir de préserver la réputation de
sa famille. Séquestrée et violée à Damas durant une semaine Elle perdit alors sa pureté, son
innocence, mais surtout son honneur… » Son honneur ? L’honneur de sa famille, sa famille, un véritable nid d’amour et d’affection. L’honneur a un prix : Son frère l’a assassiné de 5 coups de dague…
Nous disons bien son frère et non pas Fawaz l’époux de Zhara, qui a décidé de se battre alors que :
«… son violeur est en prison, en attente de condamnation pour « rapt » (et non pour viol !!!) et son frère est en attente du procès. Son mari, Fawaz, a décidé de se battre et condamne ce crime d’honneur qui lui a pris sa femme. Il est à présent soutenu dans son action par diverses ONG et par l’avocate Mme Daad Moussa ( qui milite en faveur des droits de la femme en Syrie depuis de nombreuses années). Malgré les pressions de part et d’autre des familles concernées, ce jeune homme dénonce le crime. »
La Syrie est signataire de la CIDE (Convention Internationale des Droits de l’Enfant) qu’elle a ratifié le 15 juillet 1993, mais il subsiste une loi, un article.
L’article 548 du code pénal syrien (article pourtant dénoncé par le grand mufti Ahmad Badr Eddin Hassoun, la plus haute autorité de l’islam en Syrie), prévoit qu'un homme surprenant son épouse ou sa sœur en flagrant délit d’adultère et venant à la tuer, elle ou son complice, bénéficiera d’une excuse absolutoire.
Pour que le «crime d’honneur» soit reconnu comme un crime à part entière et condamné comme tel, pour que d’autre Zahra ne soit plus deux fois victimes, mais également pour l’abrogation de l’article 548, j’ai décidé avec le soutien de personnes luttant pour la défense du droit des femmes et des enfants, de réagir en initiant une pétition : "Stop aux crimes d'honneurs, à la mémoire de Zahra!".
Je me permets donc de solliciter votre soutien face à ces pratiques allant à l’encontre du droit fondamental des femmes et des enfants et de faire le nécessaire auprès des autorités syriennes .
Je vous prie de croire, M. le Président, à l’assurance de ma plus haute estime et de mes sentiments, d’avance, reconnaissants.
Signé Fawaz… |
Vous allez me dire que tout cela c’est bien loin… Mais pour une fois que j’ai bien retenu les paroles de celui qui est maintenant « le Président de tous les Français », et permettez- moi d’insister, « de Toutes les Françaises »… je ne peux m’empêcher de penser bien fort à ces « citoyennes françaises ». Et d’être, en pensées tristes, à leurs côtés…
Mais nous pouvons aussi penser très fort plus proche de nous… La « Gazet van Antwerpen » et « Het Belang van Limburg. » m’apprenaient que « tous les quatre mois, un crime d'honneur est commis en Belgique, indique une enquête de la police fédérale qui a été présentée au Sénat »…
En Italie, à Sarezzo, dans la province de Brescia, c’est Hina qui a retenu toutes nos pensées, le 12 août 2006. Et aujourd’hui encore nous pensons à elle.
Hina Saleem, jeune fille pakistanaise qui, elle, a été égorgée puis enterrée dans le jardin familial par son père. Son « crime » ?
 |
Hina Saleem |
Son mode de vie à « l’occidentale » et sa relation avec un garçon italien.
« …son père, Mohammed Saleem, l'a en effet égorgée, le 12 août, puis enterrée dans le jardin familial. Au bout de deux jours, il s'est livré aux carabiniers.Prémédité. «C'est un homme très croyant qui respecte le Coran à la lettre», a fait savoir son avocat, confirmant que les relations familiales s'étaient détériorées en raison des idées religieuses radicales de Mohammed Saleem. Les enquêteurs sont convaincus que le meurtre a été prémédité. Agée de 20 ans, Hina Saleem avait quitté le domicile familial depuis plusieurs semaines, refusant de se marier avec un cousin pakistanais. Son père l'aurait piégée en lui demandant de revenir un moment à la maison pour «saluer un parent de passage». «Je ne voulais pas qu'elle devienne comme les autres filles d'ici. Je lui avais demandé de changer, elle a refusé», aurait-il indiqué devant les magistrats. Trois membres masculins de la famille, dont l'oncle et le beau-frère de Hina, qui auraient participé au meurtre, ont également été appréhendés… La demande de naturalisation déposée par Mohammed Saleem a été immédiatement écartée, le ministre de l'Intérieur Giuliano Amato précisant : «Qui veut devenir citoyen italien doit respecter les droits de la femme.» Le maire de Rome, Walter Veltroni, a, pour sa part, proposé d'organiser des funérailles officielles. Quant au jeune fiancé italien de Hina, il se bat désormais pour que le corps de la jeune fille soit enterré à Brescia, et non au Pakistan. »
Un peu plus loin au Nord,en Suède, -est-ce un effet du climat ? – les jeunes filles tombent des balcons…
« Une jeune fille de 16 ans est morte début février après être tombée d'un balcon à Malmö, en Suède. A la mi-janvier, une autre a chuté de la même façon et s'est gravement blessée. Depuis quelque temps, des adolescentes sont victimes de ce genre d' « accidents » en Suède. On les appelle les « balkongflickorna », les jeunes filles du balcon. Elles sont toutes originaires de Turquie ou du Moyen-Orient. « Crimes d'honneur », dénoncent policiers, avocats et spécialistes, qui s'avouent toutefois démunis. Dans la dernière affaire, la police soupçonne des parents d'être impliqués. Soit en ayant poussé la jeune fille, soit en l'ayant convaincue de « se suicider » « pour laver l'honneur prétendument bafoué de la famille. Une option parfois délibérément choisie par la malheureuse, tant sa vie peut devenir insupportable. Mais, dans l'affaire de Malmö comme dans les cas recensés depuis deux ans, il va sans doute être difficile de trouver un coupable » »
Je me sentais déjà glacé, mais aujourd’hui j’ai aussi pensé très fort à ces « Jeunes filles du balcon ».
Il y a eu aussi l’Allemagne, avec Hatun, tuée par son frère pour « s’être comportée comme une Allemande ».
 |
Hatun Sürücü
Début février, deux ans après le crime d’honneur d’Hatun Sürücü, jeune Allemande d’origine turque tuée par son frère une manifestation silencieuse est organisée à Kreuzberg, quartier turc de Berlin. Le même jour, au tribunal régional de Limburg, en Rhénanie du Nord Westphalie, se déroulait le procès d’un père qui aurait incité son fils à tuer sa sœur pour laver l’honneur de la famille, celle-ci ayant refusé d’épouser un cousin en Turquie. Le crime d’honneur, désaveu de l’intégration à l’allemande ? |
Et c’est ployé par un double chagrin que j’ai aussi pensé très fort au Kosovo, le Kosovo trahi plus que jamais ! Quand j’ai découvert l’information traduite par Pierre Derens :
Le nombre des « crimes d’honneur » ne cesse d’augmenter au Kosovo. Dans les années 1990, une vaste campagne de réconciliation avait été lancée, mais depuis 1999, la faillite du système judiciaire justifie le recours à la vendetta traditionnelle. |
Et je n’ai pas oublié aussi, Chéhrazade, brûlée un 3 novembre « dans une rue paisible de Neuilly-sur-Marne … », Sohane, et toutes ces « citoyennes françaises » des quatre coins du monde…

N’ a pas été oubliée Dua Khalil Aswad, « jeune femme originaire de la communauté non musulmane des Yezidis, qui a été lapidée en public dans la ville de Bashika (Avril 2007- nord de l’Irak) par un groupe d’hommes, dont certains sont membres de sa famille. Son crime ? Etre sortie avec un garçon musulman sunnite. »
Au Mexique aussi, de nombreuses « citoyennes françaises »…
A Londres, cette jeune fille, dont le corps a été retrouvé, assassinée par son père parce qu’elle voulait se marier avec quelqu’un hors le consentement paternel…

OUI, l’ « Honneur » de la France est bien difficile à porter, aussi ne m’en veuillez pas de trop si aujourd’hui je n’ai pas pensé à Ingrid Betancourt.
Je savais que ce n’était pas trop grave :
Toutes derrière le Président , « onze femmes ministres du Gouvernement » ont pensé à elle…
Portemont, le 8 mars 2008
Visitez :
- http://www.populationdata.net/droits_humains/crimes-d-honneur.php
- http://www.populationdata.net/cartes/actus/crimes-d-honneurs.php
- http://www.orientale.fr/article_10255.htm
Lire :
Fadlallah prononce un avis juridique qui déclare illicites les crimes d’honneur
Les crimes d’honneur sont des crimes à part entière et ne jouissent d’aucune condition atténuante.
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a prononcé un avis juridique (fatwa) où il a déclaré illicites les crimes d’honneur.
Voici le texte de cette fatwa :
Il existe un phénomène ignoble répandu dans plus d’un Etat dans le monde arabe et musulman, phénomène qui a pris, ces derniers temps, des dimensions graves, surtout en Palestine, en Jordanie, au Liban et dans beaucoup d’autres parmi nos pays. Il s’agit des crimes connus sous le nom de ‘crimes d’honneur’, dans lesquels certains hommes tuent leurs filles, leurs sœurs, leurs femmes ou leurs proches qu’on accuse d’avoir commis des actions contraires à la pudeur, à l’honneur et à la dignité.
En revanche, ceux-là ne sont jamais irrités lorsque les mâles parmi leurs proches commettent des actions de ce genre, ce qui revient à dire que la pudeur est l’apanage de la femme toute seule.
Cela ne relève pas en vérité des impératifs de la dignité et de l’honneur, mais plutôt de ceux de la mentalité masculine tribale qui continue d’être présente chez beaucoup d’hommes.
A partir de notre statut légal, nous considérons le crime d’honneur comme une action répréhensible, condamnable, illicite du point de vue légal et comme un crime à part entière qui ne jouit d’aucune condition atténuante. La raison est que ces crimes sont commis sans preuve et sans être fondés légalement. Ils sont, le plus souvent, commis à partir de simples suspicions. A cela s’ajoute le fait que l’homme, qu’il soit époux, père, frère ou cousin n’est pas autorisé à appliquer la loi et à punir la femme, car cela fait partie des prérogatives du pouvoir judiciaire juste.
Ceux qui commettent ce crime au mépris des exigences légales méritent d’être punis dans ce monde-ci. Ce crime est, par ailleurs, un crime majeur dont l’auteur mérite les supplices de l’Enfer.
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Le Bureau d’Information de son Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.
Beyrouth, le 17-7-1428 H /
01-8-2008 ap. J. C.
|
Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir
|
|