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Une question de fond…

Du dévoiement de nos forces armées…
L’air du temps est vicié. Nous avons peu de temps pour remettre les pendules à l’heure. Non pas que nous entendions développer un tempérament belliciste à tout crin… Mais la question se pose : A quoi sert une armée ? Mourir pour la patrie ? Nous n’en prenons pas le chemin !

Bientôt du passé ? © TDR

Le « référent » du Service de santé des armées nous dit quelques vérités pénibles à entendre.

Nous risquons, un jour peut-être de payer le prix fort…

Portemont, le 14 décembre 2007

Selon un psychiatre militaire, "l'idéal de secourir a remplacé l'idéal de combattre"

Lors du colloque organisé lundi par Inflexions, la revue intellectuelle de l'armée de terre, le médecin chef Patrick Clervoy a prononcé une intervention très remarquée, basée sur son expérience de psychiatre et plus spécifiquement de référent du Service de santé des armées en matière de soutien psychologique des forces.

"L'idéal de secourir a remplacé l'idéal de combattre", explique-t-il. "Devant la menace ou la nécessité d'une intervention armée, des militaires me disent: "je ne me suis pas engagé pour cela. L'engagement est présenté comme avant tout humanitaire, qui exclut la notion d'usage agressif des armes. Voici des verbes puisés dans le discours humanitaire: défendre, servir, secourir, aider, assister, soulager, protéger, approvisionner, transporter, bâtir, restaurer". Le médecin-chef note "l'absence de verbes relatifs à une action spécifiquement martiale, c'est-à-dire concernant un ennemi désigné qu'il faudrait combattre, détruire, anéantir, percer, écraser, vaincre". Une rupture se produit lorsque le soldat qui a adopté une posture humanitaire se trouve projeté dans une action de combat. Leur engagement n'est pas soutenu par un discours de combat".

"Quel discours porte aujourd'hui l'institution militaire dans les médias, quelles sont les images privilégiées dans les reportages ?" s'interroge l'officier psychiatre qui constate "l'évitement des spectacles sanglants". "Le terme verbal défendre n'est-il pas devenu l'euphémisme de celui de combattre. Il y avait autrefois un ministère de la Guerre, devenu ministère des armées, puis aujourd'hui celui de la défense. Ne faudrait-il pas remartialiser notre vocable en parlant de ministère des forces armées? " demande le médecin.

Nous reviendrons sur d'autres thèmes de cette intervention très riche. Patrick Clervoy vient de publier "le syndrome de Lazare, traumatisme psychique et destinée" chez Albin Michel.

Le colloque d'Inflexions, que j'ai eu le plaisir de "modérer", a réuni de nombreuses personnalités du monde intellectuel comme l'historien Jean-Noël Jeanneney, l'anthropologue Véronique Nahum-Grappe, le sociologue Michel Maffesoli, le chroniqueur Alain-Gérard Slama, le romancier François Sureau ou le président du Comité consultatif national d'éthique Didier Sicard.

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