samedi 10 janvier 2009

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Il l’encense, puis il l’épingle… Et rentre dans le rang !

Il partage avec lui ses « sueurs froides », il ne doute pas un seul instant de son appartenance à la famille de gauche, mais… Intéressante lecture que fait Manuel Valls, député socialiste de l’Essonne, de l’essai : « Ce grand cadavre à la renverse » de Bernard-Henri Lévy. Oui, je dis bien Bernard-Henri Lévy, celui qui se veut philosophe et qui voit des ogres maurrassiens comme d’autres voient des éléphants roses…

Manuel Valls et Bernard-Henri Lévy

Avant tout féliciter « Les Echos » de son originale initiative, celle d’avoir confié la rédaction de l’édition du lundi 8 octobre 2007 à 80 députés. Elle a permis de voir percer mille et une contradictions chez nombre de députés de tous bords…
Nous n’avons pu résister à la critique que fait Manuel Valls du dernier essai « d’un homme viscéralement progressiste », nous voulons nommer l’outré professionnel, l’offusqué perpétuel : Bernard-Henri Lévy…

Dans cet essai, «  celui qui se déclare ouvertement cosmopolite » s’inquiète de sa famille. Entendons nous bien, sa famille ce n’est pas la France. Sa famille c’est la gauche. Et s’il se penche, s’il se pense, sur son cadavre, Manuel Valls aime « cette idée selon laquelle il n’y aura pas de salut pour la gauche sans acte de rupture qui la fera trancher dans le vif de son histoire, et donc de son nom. » Mazette ! Une grande révolution devrait-elle voir le jour ?

Et le critique d’un jour de lancer : « Il ne faudra pas moins que ce gigantesque électrochoc pour réanimer un cadavre à la renverse et refaire de la gauche une promesse ».

C’est délicieux… B.H.L. face au cadavre de la gauche joue de la gégène pour ressusciter une promesse ! Il n’entend pas « réanimer » le cadavre pour faire de la gauche, une réalité au fait des réalités, juste une promesse. Il ne faut pas trop demander à B.H.L.. Et puis entre nous, la gauche a-t-elle été une fois autre chose qu’une promesse ? Je vous parle de la gauche qui a germé dans « l’esprit de Mai 68 » qualifié par le « cosmopolite » d’ « évènement heureux »…

Electrochoc, soit ! Mais ne pédalons pas trop sur la dynamo de la bonne conscience : Il ne faut pas toucher aux « scènes primitives », ces scènes « qui sont les marqueurs de notre identité ». Manuel Valls se fait, dans sa critique, le gardien du Temple : « D’abord, Vichy et ses « crimes sans excuses ». D’accord aussi sur la guerre d’Algérie : le colonialisme ne peut, en aucun cas, être considérée comme une œuvre de civilisation. Idem sur le devoir de mémoire et sur le sentiment équivoque face à toutes les initiatives visant à « en finir avec la repentance ». »

Et pour faire bon poids, n’oubliant pas l’ « affaire » : celle du capitaine Dreyfus.
Au moins tout est clair : Les « scènes primitives », les « marqueurs de notre identité » sont gravés dans le marbre.

Un peu court. Et d’éviter toutes interrogations auxquelles se doit un honnête homme : Pourquoi ? Comment en est-on arrivé là ? Evitons donc toute réflexion sérieuse. Trop de risques… Nous pourrions être conduit à réviser notre opinion, par exemple, sur la colonisation romaine…

Mais ne voila-t-il pas que le député de l’Essonne, bon socialiste attaché à ses « marqueurs », se fait accusateur :
« … B.H.L. manque sa cible sur deux points déterminants, prisonnier qu’il est de certains vieux réflexes –générationnels ? Deux points qui sont –et c’est là le problème- les piliers de notre reconstruction. Sur la nation, celui qui se déclare ouvertement cosmopolite poignarde la maison commune qu’il méprise. Il ne veut pas voir qu’elle demeure le seuil à partir duquel se créent les destins collectifs. Elle est, aussi, face à une mondialisation qui fragilise l’individu, un facteur de cohésion. »

Reprenez votre souffle, s’il le faut pour vous remettre, buvez même un remontant. Vous avez bien lu : De la nation… « elle demeure le seuil à partir duquel se créent les destins collectifs… »

Relisons Charles Maurras, Charles le poète de Martigues, Charles Maurras qui obsède tant B.H.L.
« Ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. Voilà ce qui fait la patrie. »

Nous le savons: Une communauté politique ne se décrète pas, elle se constate. Pour Maurras la nation constitue « le plus vaste des cercles communautaires qui soient, au temporel, solides et complets ».

Ne boudons pas notre plaisir, oui, relisons Maurras :
« « La France, l'Unité française, Unité de quoi ? Unité de langue ? De bons Français, Alsaciens, Flamands, Bas-Bretons, Basques, Corses différaient de langue. La langue d'oc était une langue française, il y en avait au moins deux ! L'unité de langue nous manquait donc. Notre race était-elle une ? Moins encore, de toute évidence. La religion ? Non plus [...] Nous ne pouvions pas nous fier, comme l'aurait voulu Renan, à l'arbitraire de nos volontés conscientes : elles laissaient à la merci de reniements et de rupture la chose même qu'il s'agissait d'en préserver ; la plus forte habitude de la vie commune ne sauverait pas d'un divorce. Où donc placer une sauvegarde de l'Unité nationale qui rende compte de ses droits et de nos devoirs ? J'entrevoyais bien ce qui me satisfaisait mal. Notre longue fraternité pouvait ne pas sortir d'une cause unique comme la langue, la race, la religion, mais résulter de la convergence de leurs accords successifs, capitalisés. Encore fallait-il trouver le principe de l'ordre de ces accords ! » ( Pour un jeune Français (1949).

Charles Maurras a trouvé le principe de l’ordre de ces accords, et nous l’avons reçu en héritage. Manuel Valls ne le cherche pas, mais il en constate les bienfaits…

Et d’en rajouter dans sa critique à l’égard du faux dandy vieillissant au col toujours ouvert tant l’ego l’étouffe :
« Mais, s'il est un terrain que le philosophe laisse en jachère, c'est bien celui du social. Considérant, non sans une certaine arrogance, que sa discipline est la reine des sciences, il renvoie la question aux problèmes d'intendance économique, ne percevant pas à quel point le processus de mondialisation touche, souvent de plein fouet, les couches modestes et les ouvriers brisés par les délocalisations. Si la gauche défendue par BHL est moderne, elle en oublie, néanmoins, d'être populaire. C'est sans doute là où le bât blesse… »

Monsieur Emmanuel Valls n’est-il pas en passe de devenir un dangereux maurrassien ?

Fausse alerte !

Et bien sûr, en conclusion, rentrer dans le rang !

« La contribution de Bernard-Henri Lévy alimente déjà le débat. Avec brio. J'ai aimé cette idée selon laquelle il n'y aura pas de salut pour la gauche sans un acte de rupture qui la fera trancher dans le vif de son histoire, et donc de son nom. Il ne faudra pas moins que ce gigantesque électrochoc pour réanimer un cadavre à la renverse et refaire de la gauche une promesse »

Cette conclusion a le mérite de nous éclairer : pour tout homme de gauche, le souci majeur est de sauver la gauche… La France ? Ce n’est pas l’objet !

La leçon à tirer ?

Avec le savoir faire qu’on lui connaît, Monsieur Bernard Henri Lévy, en s’en prenant à la « plume-conseillère » de Monsieur Sarkozy, et en brandissant l’ogre maurrassien ne faisait qu’orchestrer de douces musiques pour bercer son grand cadavre à la renverse…

Portemont, le 1er novembre 2007

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