… S’attacher, avant tout, à l' « âme des choses », à ce « je ne sais quoi » qui fait qu’un rayonnement particulier émane des choses vivantes, des créations authentiques, des langages vrais, des paroles qui ont du sens, des gestes qui ensemencent le monde. Cela, c’est le trésor de la Tradition, accessible aux simples comme aux savants — présent dans les contes et légendes de tous les peuples, ou bien dans les écoles de sagesse intérieures aux grandes religions du monde, qui en fournit la clef. Et la grande clef, c’est le symbole : le langage muet qui « parle » et qui unifie, qui ouvre à une connaissance non-duelle, qui porte la pensée au-delà des mots et à la racine du langage, qui dépasse enfin tous les discours et toutes les exégèses possibles. Qu’il s’agisse des paraboles bibliques ou des récits de la mythologie antique, la lecture symbolique du monde révèle, en abîme de toute forme créée, un sens profond, archétypal, qui préexiste à toute manifestation.
Elle est inséparable d’une appréhension sacrée de l’existence dans laquelle chaque élément de l’univers (comme son nom l’indique) se situe, « in illo tempore », au-delà des contingences du devenir, au sein d’une totalité signifiante qui reconduit, de degrés en degrés, jusqu’à une Causalité originelle.
Cette véritable intelligence des formes de la création donne ainsi accès à tous les niveaux de la réalité, sans en exclure aucun, et permet d’assentir le nœud subtil qui, derrière le voile des apparences, relie toutes choses à un noyau d’éternité.
Et parce que tout symbole authentique ouvre un chemin dans l’esprit et dans le cœur, il nous a semblé judicieux de prendre pour emblème l’étoile des Rois-Mages qui guida jadis de lointains visiteurs, rompus à l’observation des mystères du ciel, vers Celui qui était à la fois l’incarnation du Très Haut et le « Tout Proche »… |