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Une nouvelle lecture fort bien venue… Ultime rencontre…

Après une lecture très suivie au Théâtre de la Huchette le 16 juin 2008, il y aura une nouvelle lecture de cette nouvelle de Gertrud von Le Fort, avec les mêmes acteurs dans le cadre de l’Abbaye de Longpont sur Orge, (du XIII siècle) située à 25 km de Paris dans le cadre de la journée du patrimoine: le samedi 20 septembre 2008 à 20h30.
Cette lecture se fera dans le cadre impressionnant d’une ancienne Basilique. L’intérieur de cette ancienne abbaye bénéficie en outre d’une très bonne acoustique, qui donne un singulier relief aux voix des protagonistes
L’entrée est libre, on ne réserve pas de place, sauf à l’arrivée.
Voilà un bien beau rappel de notre ami Henri Peter pour qui Gertrud von Le Fort n’a plus guère de secrets…
Portemont, le 13 septembre 2008
Ultime rencontre
De Gertrud von Le Fort
Traduit par Henri Peter
Lecture dirigée par Claude Darvy
Avec Natacha Bouyer, récitante
Claude Söen (percussions)
Lisa Liviane Madame de Montespan
et Geneviève Taillade Louise de La Vallière
Dialogue passionné et douloureux entre deux favorites de Louis XIV, Louise de la Vallière et Athénaïs de Montespan. Nous retrouvons là le thème favori de l’auteur, celui de la grâce, de la réconciliation avec Dieu et du pardon divin par la réversion des mérites. |
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Que connaît-on en France de Gertrud von Le Fort (1876- 1971) ? Sait-on qu’avant la guerre, Claudel la tenait pour une des plus grandes poétesses de son temps (Hymnes à l’Eglise), qu’Hermann Hesse l’a proposée pour le prix Nobel de littérature en 1949 ? Sait-on aussi que jusqu’à la fin elle a correspondu avec Edith Stein, qui l’a d’ailleurs inspirée pour La femme éternelle. Ce qui est frappant dans toute son œuvre narrative, c’est qu’elle part toujours de l’histoire, qu’elle connaît bien par ses études, pour la transfigurer. « Je n’ai jamais considéré l’histoire comme une fuite de mon époque mais comme une distance qui permet de mieux reconnaître son propre temps comme on perçoit vraiment la forme d’une montagne quand on n’en est pas trop proche » : c’est ce que montre sa nouvelle la plus connue (en France particulièrement) La dernière à l’échafaud (1931) qui se joue pendant la révolution française. Dans un premier temps, elle peut bien être lue comme une dénonciation et un refus de toute idéologie ou de tout mouvement totalitaire sans visage, mais elle est surtout un récit qui peu à peu est transfiguré grâce à la figure si émouvante de Blanche de la Force, personnage qu’elle a inventé à partir de son nom, et que Bernanos va reprendre vingt cinq ans après dans sa célèbre pièce Dialogues des Carmélites (qui fera le tour du monde grâce à l’opéra que Poulenc en a tiré). Bernanos, lui, insiste sur le thème de la peur de la mort et de l’abandon à la grâce pour la surmonter, en gommant un peu l’arrière-plan historique (1948). Depuis, il est vrai que la gloire de l’écrivain français a quelque peu éclipsé celle de sa devancière, du moins en France, ce qui est fort injuste. Car, dans cette nouvelle, le souci dominant de la romancière est aussi de nous embarquer sur la scène du monde contemporain : dans ce beau monde du XVIIIème siècle en train de se dissoudre dans les atrocités de la Terreur se profile aussi l’effondrement à suivre de l’Allemagne. Toute son œuvre romanesque est bien prémonition du monde où nous devons vivre.
Dans tous ses récits Gertrud von Le Fort rayonne d’une forte tendresse maternelle lucide, celle qui nous irradie spirituellement pour nous permettre à notre tour de changer notre regard sur nous-mêmes, d’affronter notre histoire, d’en connaître ou d’en pressentir enfin la part irréductible et non cessible à l’horreur du temps.
Henri Peter |
Se rendre à Longpont sur Orge?
http://www.annuaire-mairie.fr/commune-de-longpont+sur+orge.html
http://maps.google.fr
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