mardi 02 décembre 2008

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Du "Théâtre"…

Quand sont frappés les trois coups et que se lève le rideau, la scène, la scène qui jadis se tenait en équilibre fragile sur des tréteaux, cette scène là est un grand lieu de vie…

Pierre François, "homme orchestre" de "En attendant… Paris" nous incite à aller cueillir une belle moisson de sourires. Se réchauffer le cœur et l'esprit auprès de la pièce d'Amélie Nothomb: "Les combustibles"…

Et si souvent les trois coups ne sont plus frappés et le rideau absent, la scène, elle, demeure !

Jusqu'au 20 avril 2008.

"Les combustibles", d’A. Nothomb, mis en scène par S.Cottin. Avec J. Turin, M. Boy, G. Gerreboo. Théâtre D.Sorano, 16, rue Charles Pathé, Vincennes, du mercredi au samedi à 20 h 45, dimanche à 16 heures jusqu’au 20 avril. M° Château de Vincennes, RER Vincennes, parking rue de Fontenay (à côté de l’IGTPE). Tél. : 01 43 74 73 74.
Tarifs : 25 € tarif plein ou 21 € tarif adhérent (réserver).

Parabole et unique pièce d’Amélie Nothomb, Les combustibles célèbre le verbe et les idées à travers une mise en scène et un décor symbolistes. Le moindre mot est rythmé et choyé. Des dialogues,à l’occasion dialectiques, nourrissent des suspens en série, le propos principal de la pièce n’en étant que le plus apparent. Certes, le trio des comédiens ne donne naissance le plus souvent qu’à des duels. Et si le personnage de l’assistant est d’un idéalisme fade, ceux du professeur et de l’étudiante sont d’une richesse qui désavoue l’image qu’ils veulent donner d’eux mêmes. Richesse due à ce mélange de bon grain et d’ivraie dont ils avouent être le produit. Il ne faut pas perdre de vue qu’on a affaire à un huis clos, avec ce que cela suppose de subtilité dans les évolutions psychologiques à défaut de naturel dans les matérielles. Subtilité qui va jusqu’à nous présenter comme des faits ce qui en fait se passe dans les pensées des protagonistes, le seul signal étant un changement d’éclairage et l’arrivée d’une musique. Cela met encore plus en valeur les rythmes verbaux (heureux non, hilare oui), mots d’esprit (ce genre de beauté pathétique qui resplendit dans l’impertinence), ou interrogations existentielles (à quoi sert-il d’exposer une vision du monde si le monde s’en fout ?).
On rit beaucoup et on sourit encore plus.

Pierre FRANCOIS

Trois acteurs qui nous surprennent "au coin du feu"… Michel Boy en universitaire bourru, Grégory Gerreboo étudiant idéaliste et Julie Tupin, fausse ingénue… Un huis clos adossé à un  mur de livres voués à alimenter les passions des hommes, réchauffer les frilosités, les cœurs et les corps ?

Au dehors, les grands froids de la guerre…

« Savez-vous ce que je suis en train de faire Professeur? Je lis chaque phrase avec lenteur et circonspection et, à chaque phrase, je me demande : Y a-t-il, dans ce sujet, ce verbe, ce complément, cet adverbe, y a-t-il quoi que ce soit qui vaille une belle flambée au coeur d'un poêle ? »

Un" grand" Amélie Nothomb dans une superbe mise en scène.

Portemont, le 3 avril 2008

Pour recevoir la lettre d'information "En attendant Paris", Lettre dans laquelle le théâtre est "roi" et la Francophonie toujours "reine"…

Prendre contact avec: earedac@idoo.com ou  earedac@maktoob.com


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