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Ce n’est que vérités !

C’est vrai ! C’est écrit dans le « Times » ! « Tout ce que le Français touche, il le rend français. Il a suffi à la langue française de s'affirmer pour devenir la langue universelle… » « …Paris seul est à la tête d’une grande nation »
Pourrait-on espérer, demain ou après-demain relire de telles vérités ?

Cela ne dépend que de nous. La tache n’est pas insurmontable…
Un grand texte à lire et méditer. Nous devons sa découverte à notre lecteur Jean-Luc Dion du Québec. Nous le remercions chaleureusement.

Jean-Luc Dion nous avait déjà offert un beau cadeau…

Souvenez-vous :

Hommage à la hauteur du Maréchal !

Le 27 juin 2009

Vauban, cela va de soi! Encore Vauban nous direz-vous? Oui, mais Vauban dans ses plus beaux habits, Vauban accompagné par un extrait des « Fanfares » de Jean-Joseph Mouret et la « Marche des Mousquetaires gris » de Jean-Baptiste Lully. Un « Vauban » dédié au prince Jean, duc de Vendôme! Un beau cadeau de Jacques Dion descendant de Jean Dion, de Marans près de La Rochelle, émigré en Nouvelle France sous le règne de Louis XIV...

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et ne pas manquer le Diaporama…

TELECHARGEZ LE DIAPORAMA "VAUBAN"

Dans « L’Echo de la France » de Louis Ricard :

Les regards de l'Europe, on peut même dire les regards du monde entier, sont en ce moment tournés vers Paris. La capitale de la France est devenue le grand rendez-vous des empereurs, des rois et des princes, et le lieu de pèlerinage des nations. Toutes les merveilles prédites s'accomplissent: les journaux étrangers eux-mêmes, et parmi eux le plus puissant, le roi des journaux, le Times de Londres, célèbre la splendeur et la gloire du Paris de l'Exposition universelle. Nous enregistrerons tout à l'heure ces hommages rendus à notre influence par une feuille qui a longtemps consacré sa grosse voix à médire de la France, et qui est plus habituée à pousser contre nous de véritables grognements britanniques qu'à composer des odes en notre bonheur. Mais les temps changent, et notre antique ennemie intime, le farouche Anglais lui-même, se radoucit, nous salue, admire nos œuvres, et proclame Paris supérieur à Londres. Miracle ! Nous en verrons bien -d'autres.

La semaine dernière s'est terminée par l'arrivée du prince Royal de Prusse et de la Princesse Victoria, sa femme ; celle-ci se terminera par l'arrivée de l'Empereur de toutes les Russies, qui sera promptement suivie de celle du roi de Prusse et du roi d'Italie.

Le tsar Alexandre II

Le sultan fait aussi ses préparatifs de départ, et, comme le dit le Times, « le successeur du Prophète sera bientôt l'hôte du représentant de Charlemagne. »

Sultan Abdul Aziz

« Depuis  les jours de Soliman le Magnifique ou de Mahomet IV, ajoute le journal anglais émerveillé, qui jamais, a entendu parler du grand-turc voyageant plus loin à l'Occident que les faubourgs de Vienne ? Quand a-t-on jamais vu un grand chef mahométan fouler le sol français, si ce n'est en envahisseur comme Abd-el-Rahman, (Abdul Rahman Al Ghafiqi).

« Bataille de Tours ». Abdul Rahman Al Ghafiqi nommé aussi Abd el Rahman défait par Charles Martel.

ou en captif comme Abd- el-Kader? ».

A propos, disons tout de suite qu’Abd-el-Kader s'apprête aussi à venir à Paris, où nous possédons encore le frère de l'empereur du Japon et où se rencontrera cet été le shah de Perse, qui se met en route comme les autres.

Revenons au Times, dont l'enthousiasme est vraiment curieux et qui a su trouver, pour nous louer, des images et des expressions d'un « kunwur » tout à fait Anglais. C'est chose à la fois si étrange et si agréable que de se voir admirer à ce point par le principal organe de l'opinion publique d'Angleterre ! Voici donc comment s'exprime le Times :

« II y a eu un temps où un grand monarque regardait comme un événement dans son règne qu'un simple doge vînt se promener dans les salons fraîchement décorés de Versailles, et en contempler les merveilles en s'émerveillant surtout du simple fait de s'y voir lui-même. Aujourd'hui ce n'est plus un prince seulement qui va s'étonner de voir sa propre image réfléchie dans les glaces splendides des Tuileries.

Charles Porion « Les Souverains venus à Paris en 1867 pour l'exposition universelle »

Ce sera tout un concours de souverains; têtes à couronne et têtes à turban vont défiler en ordre dans le panorama. Avant la fin de juin, ce sera par douzaines que l'on comptera les empereurs et les rois à Paris ; princes royaux et grands-ducs, tout le personnel enfin de l’Almanach de Gotha, chevauchent déjà à l'envie sur toutes les voies qui y conduisent. Les rois de l'ancien droit rivalisent dans leur empressement avec les rois du fait accompli.

Dîner aux Tuileries. 1867. Henri Baron

C'est un rendez-vous de vainqueurs et de vaincus où les monarques en possession pourront coudoyer dans la foule leurs frères découronnés. Il n'y a pas de ville comme Paris pour un semblable concours. Il peut se faire que quelque autre cité prétende au titre de capitale du monde, mais aucune certainement ne peut contester à Paris le droit de se dire la capitale de l'Europe. Nous avons beau faire, Londres n'est point Paris.

Londres est fait pour les Anglais, et parmi eux encore en est-il bien peu qui viennent y vivre quand ils peuvent vivre ailleurs. Quand à ceux qui y sont fixés par leurs affaires, ils s'ingénient à vivre autant que possible en dehors de ses murs. Paris, lui seu1, présente toujours à l'esprit comme un rendez-vous. C'est là seulement que le Français est chez lui ; c'est aussi dans son opinion, et dans celle de bien des gens, le foyer commun où l'humanité tout entière peut s'asseoir. C'est la ville à voir, le spectacle par excellence*.

Le Pont-Neuf. 1872. Renoir

Tous ses monarques, depuis Catherine de Médicis jusqu'à Napoléon III, ont prodigué leurs trésors et ont mis à contribution leur propre génie, celui de la France et celui du monde entier, pour en faire la reine des cités. On se demande comment Paris a pu avoir la fantaisie de faire une autre Exposition que celle de sa beauté superbe. Cette grande foire du monde qui s'appelle l'Exposition universelle n'est guère après tout qu'un simple prétexte. Ce que l'on suppose avoir un si grand attrait disparaît à la vue des multitudes séduites, car il n'y a pas d'homme, encore moins de femme, pour qui Paris ne soit un séjour préféré. »

Est-ce assez courtois, assez galant? Et n'est-il pas tout aussi merveilleux de voir un journal anglais parler ainsi de nous que de voir le sultan à Paris ? Le « Times» recherche les causes de cette royauté de Paris sur les autres villes du monde. Il dit : «  Ce n'est pas seulement aux avantages de sa position géographique, ni à la beauté sans rivale de son site et de ses monuments, que Paris doit cette popularité qui fait que tout homme y trouve une seconde patrie. Francfort et Bruxelles sont aussi des centres géographiques, Vienne et Berlin sont aussi les capitales de grands Etats ; mais Paris seul est à la tête d'une grande nation. C'est la rare homogénéité des Français, ce sont leurs facultés d'absorption et d'assimilation qui les placent à l'avant-garde de la civilisation européenne ; c'est leur instinct centralisateur qui donne à leur capitale un caractère à la fois profondément national et largement cosmopolite. C'est une phrase trop vulgaire pour la répéter que de dire : "La France, c'est Paris," mais il n'est pas moins exact de dire que Paris, c'est l'Europe."

Franz Xaver Winterhalter (1806-1873) : Portrait de la duchesse de Morny, née princesse Troubetzkoï.

Il montre ensuite que le Français, s'il n'a pas toujours le mérite de l'invention et de l'initiative, sait du moins s'assimiler, choisir, corriger, ajuster ce que lui fournit le génie des autres peuples. « Tout ce que le Français touche, il le rend français. Il a suffi à la langue française de s'affirmer pour devenir la langue universelle, et c'est sur le boulevard que la mode a placé son trône." Les Français savent aussi attirer les autres à eux et se faire aimer. Ecoutez là-dessus le journal anglais, c'est peut-être le plus curieux passage de son article :

" Les Français s'emparent des lourds Alsaciens, des Corses sauvages, des Niçois et des Bédouins eux-mêmes ; ils en font leurs compatriotes, et tous se glorifient du nom de Français.

Pour nous, pendant une centaine d'années nous avons formé et discipliné des troupes de natifs dans l'Inde, et notre jaquette est jusqu'à ce jour en abomination aux yeux des plus dévoués d'entre eux. L'uniforme français, au contraire, trouve grâce aux yeux mêmes du « taïcoun », et, avant la fin de l'année, cet uniforme sera le costume officiel de tout le Japon.

Yoshinobu Tokugawa, dernier « Taïcoun » (Shogun), en uniforme militaire français.

Que dire de plus? C'est avec la tunique française et sous le képi français que le Yankee du Nord et le rebelle du Sud se sont livré de furieux combats.

New-York, oubliant son origine à la fois anglaise et hollandaise, ne veut devoir qu'à la France sa cuisine et ses modes. Le Luxembourg enfin, quels que soient les doutes qui puissent s'élever sur la question de race et de langue, montre des tendances irrésistibles pour devenir Français. Ses habitants ont Cologne et Francfort presque à leur porte ; mais leur capitale c'est Paris ; et quelles que soient leurs obligations à l'égard de l'Allemagne, ils sont prêts à voter pour la France comme un seul homme.

«  II n'est pas facile de dire en quoi consiste le charme qui opère ainsi ; mais ce que l'on peut dire, c'est que les Français donnent franchement ce qu'ils ont ; il convient de bon cœur n'importe lequel de leurs voisins à prendre sa part de la somme de gloire dont ils jouissent eux-mêmes. »

Et, comme si ce n'était pas assez de toutes ces flatteuses appréciations, le « Times » tient à nous décerner un brevet de parfaits gentlemen, et il continue ainsi ses gracieux compliments :

« Quelque grande que soit la nation française, elle ne dédaigne pas de se joindre aux petits et aux faibles. Les simples dehors de la courtoisie et de l'affabilité, le simple vernis d'une cordialité apparente, le simple brillant des belles manières et de la bonne éducation sont beaucoup pour la généralité des hommes. Or, les Français ont une réputation de longue date pour la manière dont ils excellent dans ces qualités sociales. On les cite comme la race civilisée par excellence.

«  Enfin, la France c'est Paris, et qui n'a pas rêvé de voir cette capitale si vantée! »
« Ce n'est pas dans le cœur du bon Luxembourgeois seul, mais bien aussi dans celui de l'Italien, de l'Allemand, du Russe, que la plus chère aspiration de toute une vie, c'est de voir Paris. L'exposition de 1867 fournira l'occasion de satisfaire un désir si longtemps caressé du cœur. Rien de mieux ni déplus immédiatement fait pour convaincre la France de l'étendue de sa puissance que la grande Exposition du Champ-de- Mars ! Le culte des arts de la paix lui assure un triomphe plus complet qu'elle n'en eût pu avoir par une série non interrompue de victoires.

"On a souvent parlé du cortège de rois du premier Napoléon ; mais qu'est-ce que cela, demande le Times en finissant, auprès du nombre...

Paris, juin 1867.


Délégation japonaise: le prince japonais Tokugawa Akitake, frère du dernier shogun.

 

Quelques "hôtes" de marque...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_universelle_de_1867

Photographies de l'exposition...

http://expositions.bnf.fr/universelles/bande/index2.htm

Portemont, le 28 septembre 2009

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