mardi 02 décembre 2008

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Le temps long…

Un travail de « bénédictin » ? A vue humaine, il faudrait le travail de toute une Abbaye…
Et pourtant il s’agit du travail d’un homme : Hubert Lamant.
Travail d’un homme, travail d’une vie : « Armorial général et nobiliaire français »…

Travail ingrat qui appelle souvent des ricanements. Un travail qui caresserait dans le sens des plumes de la merlette, l’orgueil des hommes ?

Nenni ! Un travail qui met en perspective le temps long des hommes, le champ social et les stratégies matrimoniales.

Un long poème héraldique aussi. La poésie de l’écu timbré ou non, souvent modeste et discrète pour les puissants, prétentieuse pour des humbles…
Les exemples foisonnent nous incitant au voyage dans les provines de l’ancienne France et des contrées qui furent parfois « étrangères »…
« Friderich – Alsace- »
L’auteur nous dit, s’appuyant sur bien des archives :
« Ancienne famille patricienne de Strasbourg
De gueules à la bande d’argent chargée de trois tourteaux de sable. »

Soit, sobre. La bande d’argent ne nous surprend pas. Le « vieux » nom de Strasbourg ne vient-il pas du celte  « Argentorat »e, romanisé en « Argentoratum » ?
Prétentieux dans sa sobriété ? Le blason de la ville ne s’énonce-t-il pas d’argent à la bande de gueule ? Inversion des armes de l’évêque ?

Trois tourteaux ? De sable ? Dans les anciens temps on les nommés :   « ogoesse »  Trois gâteaux ou trois pains ? Rapprochons les des besants qui fleurent bon les pièces de Byzance… et donnent un vernis de Croisade…

Les armes des Friderich sont sommées d’un cimier, poursuivons la lecture :
« Cimier : une tête et col de cygne d’argent, le dos orné de quatre écussons aux armes »

Pas de surprise. Les « Friderich » sont d’une ancienne ville libre du Saint Empire Romain et Germanique, élevée à ce rang par Philippe de Souabe quand pointait le XIIIe siècle… Dans ces terres l’on a toujours cultivé l’art des beaux  cimiers…
Reprenons la lecture : « Claus Friderich fut sénateur de la ville de Strasbourg en 1295 et 1297. Hug Friderich, sénateur en 1346. Claus Friderich, sénateur en 1410 et 1412. Blesin Friderich, sénateur de la tribu des maçons en 1488. Johann Philipp Friderich, sénateur de la tribu des gourmets en 1654 et 1655. »

Pour sûr un notable de qualité : un sénateur « gourmet » ne peut qu’attirer la sympathie !

Chassons à la billebaude dans le tome XLIV-174-Fascicule 2…
En terre languedocienne, en l’élection de Millau, Anselme de Frézals de la Roumiguière fit enregistrer ses armes à l’Armorial général de 1696.

Ah ! L’Armorial général de 1696…En 1696, les caisses de l'Etat sont vides. Louis XIV et ses conseillers, sous prétexte de lutter contre les abus commis en la matière, obligent par un édit de novembre 1696 tous les porteurs d'armoiries à les faire enregistrer, moyennant finances. Un peu d’ordre ne devait pas faire de mal…

alheureusement, les commissaires chargés de l'exécution de cet édit, étaient surtout préoccupés pas son aspect financier…

Si les caisses de l’Etat y ont gagné, l’art héraldique, un art qui obéit à des règles précises en a parfois fait les frais… Nos « commissaires » ont parfois abusivement imposé des armoiries à des notables n'en n'ayant jamais porté, choisissant des « meubles » facétieux et jouant avec les armories parlantes… Les « sieur » Jambon ont pu l’apprécier. Armoiries parlantes ?

Le marquis de Montespan, cocu le plus célèbre du XVII e siècle et fort mécontent de l’être, nonobstant les royales faveurs, ne fit-il pas rajouter des cornes à ses armories ?...
Mais retrouvons notre famille Frézals.

Jean-Louis Bernard de Frézals de Bourfaud, mestre de camp de cavalerie du roi, fut anobli en avril 1773 par lettres patentes du roi Louis XV. Le « motif » ?

Ses services dans les armées du roi depuis 1728…Quarante cinq de service… Temps long. Le règlement des armoiries nous permet de blasonner « Frézals » :
« D’azur à trois fraises d’argent en fasce, la queue en bas ».

En tournant les pages des fascicules de cette belle collection, nous voyageons, tout autant que bien des personnages cités. Nous découvrons aussi les vieux « métiers » et les anciennes charges du royaume de France : « conducteur des chemins royaux », « garde du scel des obligations des vicomtés de … »

Défilent aussi bien des acteurs de la « geste » napoléonienne, des ascensions sociales fulgurantes, des chutes aussi…

Une mine donc de petits plaisirs pour tous ceux qui aiment la France, ses provinces, ses « communautés », une France foisonnante, charnelle et qui s’image aussi  par les armoiries anciennes de ces villes.

Hubert Lamant, Conservateur honoraire de la Bibliothèque, Lauréat de l’Académie française, s’est attaché à la rédaction de cette somme depuis bien des années. Philippe Méric de Maliver a apporté sa collaboration technique.

Plus de 170 fascicules en plus de 40 tomes… constituant une véritable encyclopédie présentant les armoiries des familles nobles, patriciennes et bourgeoises de France (des territoires ayant été français au cours de leur histoire…).

Pour tous ces petits trésors, une réduction de 30% est consentie aux lecteurs des Manants du Roi ! (prix du fascicule avant réduction 13 euros)
Ne tardez donc pas à demander la liste des fascicules et des tomes disponibles à :

Hubert Lamant
« Armorial Général et Nobiliaire Français »
Fontenille, 36 route de Baudin – 33670 La Sauve-Majeure- France

Portemont, le 3 octobre 2008

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