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C’est dans l’air du temps…
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Les châtelains et propriétaires d’ancestrales demeures ont dû s’ y résigner depuis longtemps…
Pour transmettre le patrimoine en bon état, faut-il encore pouvoir l’entretenir…
Visites et tables d’hôtes sont une source non négligeable de revenus, aussi nombre de châtelains se transforment en « guide »… Et c’est au tour de l’Etat de valoriser « son » patrimoine. Notre patrimoine !
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Pour que rien ne soit oublié, l’Etat dispose d’un « outil » sans pareil : l’Agence du patrimoine immatériel de l’Etat (Apie).
Créé en avril 2007 à la suite du rapport Lévy-Jouyet qui estimait à plusieurs milliards d’euros les recettes à gagner d’une meilleur gestion par l’Etat de son patrimoine, l’Apie a à sa tête un directeur général, véritable « chef d’entreprise » en la personne de Claude Rubinowicz.
Sa première mission fut de recruter une trentaine de collaborateurs, véritables « experts », venus quasiment tous du privé…recrutement après une sélection draconienne.
Aussi les visiteurs du marché du film de Cannes pouvaient-ils être surpris d’y croiser un lieutenant-colonel en belle tenue. Le lieutenant-colonel André Etancelin en personne, « chef » du bureau audiovisuel de la Délégation à l’information et à la communication de la Défense. La « Dicod » pour faire court…
Sa mission avait pour objectif de faire connaître et promouvoir les sites militaires à des fins de tournage. Merci Vauban !
Ne croyez pas que seuls des bâtiments ou édifices militaires sont convoités par les magiciens du septième art : Musées, hôpitaux, châteaux, tribunaux et même commissariats sont parfois l’objet de convoitise.
Point besoin de vous dire que les administrations « responsables » de ces sites étaient bien peu au fait des réponses à apporter à de telles demandes :
« Chaque fois, c’était très compliqué : pas de règle établie pour les tournages ni de tarification, horaires non aménagés, multiplicité d’interlocuteurs. En 2005, nous avons écrit à tous les ministères concernés pour les sensibiliser. Seuls ont réagi la Culture et la Défense, d’ailleurs devenus pilotes » explique le délégué général de la Commission nationale du Film France qui fédère 38 bureaux d’accueil de tournage.
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Le ministre Renaud Donnedieu de Vabres lors du tournage de « Marie-Antoinette » |
Renaud Donnedieu de Vabres, en son temps ministre de la Culture, souhaitait alors ouvrir 206 monuments nationaux aux cinéastes.
Christine Albanel, alors « patronne » de l’établissement public de Versailles, fut réactive et la chance lui sourit avec le film de Sofia Coppola « Marie-Antoinette ». Le long métrage y fut tourné au tarif de 15 245 euros par jour…
La « pompe » était amorcée…
La responsable du service des affaires domaniales du Centre des Monuments Nationaux (CMN) se rapprocha de son côté de la Commission du film d’Ile-de-France et mis en place un portail Internet pour les cinéastes : Mode d’emploi des tournages, photographies, tarifs, tout était expliqué…
Et les recettes ne furent pas négligeables : 533 000 euros en 2006, 461 000 euros en 2007 et il se dit que la moisson 2008 sera belle…
Il est vrai que tout se facture : De « Rush Hours 3 » sur l’esplanade du Trocadéro aux « Vacances de Mister Bean » à l’Arc de Triomphe en passant par « Les Amour d’Estrée et de Céladon » d’Eric Rohmer aux châteaux de Fougères-sur-Bièvre et de Chaumont.
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Château de Fougères-sur-Bièvre |
Ainsi, Dominique Daura pouvait-elle déclarer : « L’ensemble des recettes tirées de la gestion domaniale représente désormais 8% de notre budget ».
Et les différents responsables de notre patrimoine de prendre leur bâton de pèlerin…
Catherine Sueur, administratrice générale du Louvre, s’est rendue récemment aux studios de Hollywood afin de faire valoir la « politique cinéma volontariste du plus grand musée du monde ». Dans ses bagages, les films « Bande à part » de Godard, « Belphégor » de Jean-Paul Salomé…
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Le fantôme du Louvre… |
L’administratrice générale était accompagnée du directeur de la Commission du film d’Ile-de-France qui n’a pas manqué de préciser aux producteurs américains « qu’ils seraient accueillis à bras ouverts ».
Si une journée de tournage peut rapporter entre 5000 et 24 000 euros par jour, voire atteindre 70 000 euros si la cour Carrée est prise pour décor, pour Henri Loyrette, président du Louvre, c’est surtout le gain de notoriété et le rayonnement international qui s’en suit qui est apprécié…
Et tous notre patrimoine d’être en émoi !
Orsay se valorise entre 5500 et 8800 euros la journée et revendique 17500 euros après 17 heures !
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Musée d’Orsay |
L’Office national des forêts se met sur les rangs par le biais du ministère de l’Agriculture, la Santé brique certains de ses hôpitaux, la SNCF astique ses gares, les grandes villes se bousculent pour en être, au vue des recettes empochées par Paris : 595 000 euros en 2007 pour 765 productions…
Un ministère toutefois à la traîne : l’Intérieur…
Mais c’est le premier propriétaire foncier de France qui se hausse du col : La Grande Muette, riche de ses 3700 sites et prête à en ouvrir 500…
(Belle lecture dans Les Echos du 15 mai 2008)
A suivre…
Portemont, le 7 juin 2008
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