mardi 02 décembre 2008

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Y pensons nous…

Quand nous rejetons une main tremblante, usée et fatiguée, une main desséchée par trop de larmes versées, une main qui se tend à nous  ? Merci à Dominique Daguet de nous rappeler Ses mains, par ce beau poème… « Mains du Christ en Croix »

« Christ de Rubens »

Portemont, le 2 mars 2008

« Mains du Christ en Croix

Mains transpercées selon le mot de l’Écriture,
la main droite et la main gauche fixées au bois,
toutes deux liées comme à jamais sur la croix,
raidies et agitées d’affreuses contractures !
Ô mains parcourues des frissons de l’agonie,
révulsées, poisseuses de sang, laides, livides,
ô mains puissantes d’homme rendues invalides
et clouées dans la mort pour libérer ma vie.
Pourtant, ces mains je les vois qui s’ouvrent à moi,
douces et tendres mains d’un frère infiniment
frère et pour moi secourable si ardemment
que je n’en finirai pas de comprendre pourquoi.
Rayonnantes des flammes de son sang versé,
tout à la fois mains solides de l’homme fort
qui vous retiennent de tomber dans la fosse
comme on s’en va au sépulcre se coucher,
et mains traversées d’une lumière soudaine,
claire lumière issue d’une source divine
dont l’âme seule goûte la saveur limpide
que nul soleil ne saurait rendre si humaine. »

Dominique Daguet
(in L’Effroi de face, recueil encore inédit.)

Retable d'Issenheim, de Matthias Grünewald,(1455-1528) – Colmar- Extrait.




 

 
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