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Sa mémoire hante bien des cavaliers…
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Et si quelques clefs « politiques », des clefs essentielles, indispensables, étaient inscrites en lettres d’or dans des livres qui se chuchotent d’oreille à oreille, du même ton grave et doux qu’affectionnent ces mages qui parlent aux chevaux ? Et si pour qu’enfin tout un peuple déboussolé relève la tête, pour qu’il se tienne droit et calme dans les tempêtes que nous affrontons, ne conviendrait-il pas de le remettre en selle ?
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Ne dit-on pas quand le mal ronge un ami, qu’il n’est pas dans son « assiette » ?
Prenons quelques leçons d’éducation par la grâce d’un piaffer… et rien ne vous empêchera de rêver à un galop arrière ! Affrontons la solitude romancée d’un des plus grands – le plus grand ?- Jérôme Garcin tient la longe. Laissons-nous conduire sur les traces de « L’écuyer mirobolant ». En compagnie d’Etienne Beudant !
Un « roman » sous le regard de Lyautey pour qui seule comptait la parole des écuyers :
« Ils sont sincères avec les hommes parce qu’ils ne trichent pas avec leurs chevaux »
Pour déjouer toutes les fausses pistes qui nous égarent dans nos temps difficiles, se pourrait-il qu’apprendre « les intrigantes majuscules », les dix-sept lettres avec lesquelles s’écrit une reprise, nous donne une des clefs ?
Beudant l’Africain, maître incontesté de la légèreté grave, devient sous la plume de Jérôme Garcin, Beudant le Thaumaturge…
Beudant porté mort à vingt-six ans d’avoir trop collé à la selle de Roxelane. Beudant l’époux mystique de Vallerine. Beudant qui avait du sentiment : celui d’être plus « le contemporain de la Guérinière que celui du maréchal Pétain »…
La plume de Jérôme Garcin, fulgurante, sait aussi perler de sensualité.
Beudant l’homme de la rencontre. Driss l’anonyme qui lui donne des nouvelles des contrées aimées. Et René Bacharach le Passeur de mémoire…avec qui tous les chevaux du monde aiment Satie et Mallarmé !
Un « roman » ?
Une « geste » qui nous enchante livrant une enivrante vérité : Oui, Etienne Beudant chevauche toujours aux côtés de Jeanne la Lorraine…
Et toujours sur notre terre né un poulain qui s’appelle Rimbaud !
« L’’écuyer mirobolant », un indispensable à portée de main…
Portemont, le 12 juin 2010
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Etienne Beudant
« L'écuyer mirobolant » de Jérôme Garcin- Gallimard. |

Lire ou relire :

« Tant il est vrai que : "[...] comme seuls parlent les cavaliers en promenade : sans se regarder, les lignes des yeux parallèles, égrenant des propos décousus sur les choses de la vie [...]", seules leurs montures sont les confidentes sûres et taisent leurs secrets. Nous devenons tous, de poste, de trait, de parade ou genet d'Espagne, selon la capacité de nos coeurs à entendre.
Je ne connais rien de l'auteur. Au fil des pages, il jette des petits cailloux, il fait des ronds dans l'eau, et nous entrons par effraction convenue dans sa vie. C'est un homme de bonne compagnie pour qui aime l'hippothèque. Il fréquente les auteurs sûrs. En peu de lignes il fait apparaître devant vous Nuno Oliveira. Vous êtes là, mal réveillé, à cinq heures du matin, dans son manège d'Odivelas. Le maître, au son du Concerto de L'Empereur, relève un coin du voile : devant vous, la technique et l'âme prennent corps.
En peu de pages, piéton ou cavalier, le dépouillement de la langue vous prend. A coeur. Lire le portrait de Géricault. Vous êtes transportés dans les écuries. Géricault le Provocateur, Géricault La Douleur, vous l'accompagnez dans sa souffrance silencieuse : "[...] De cet insupportable silence qu'expriment, par la crainte originelle des prédateurs, les chevaux blessés ou malades, et dont seuls les plus fidèles compagnons savent mesurer, de l'oeil, l'étendue et l'invisible douleur." La mort rode.
Delacroix, prononçant son éloge funèbre, cita le mot de Goethe:" Les morts vont vite."
La mort pointe le bout de sa faux, au grand galop.
" Mon père est mort d'une chute de cheval le samedi 21 avril 1973, veille de Pâques, dans l'insoucieuse et très civilisée forêt de Rambouillet. Il avait quarante-cinq ans, j'allais en avoir dix-sept. Nous ne vieillirons pas ensemble."
" C'est après la mort d'Olivier, mon frère jumeau, que mon père rompit avec ses habitudes casanières [...]"
La mort aura été généreuse avec l'auteur. La mort qui guette, en embuscade, déguisée dans les beaux habits des beaux-jours de l'été. Un frère qui court en riant. Le rire ventriloque de la mort victorieuse, crissements de pneus. Jérôme Garcin, besson d'Olivier, devient alors notre petit frère, mon frère. »
http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article512.php |



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