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De « la Société »…

Jamais le mot n’est-il aussi explicite que dans une « capitale » de «  province »…
Et quand la ville s’appelle Orléans, que nous sommes au tournant de deux siècles, et que le romancier est aussi l’un des meilleurs historiens de sa ville, la fausse légèreté d’une intrigue sentimentale pétille d’élégance. Du cœur et de l’esprit… « Lorsque finissait le siècle » de Louis d’Illiers. Présenté par Julie Bertrand- Sabiani. Une belle réalisation accompagnée de notes critiques et d’une riche iconographie. Un défi relevé par « Corsaire éditions »…

Belle époque dans l’imaginaire de certains, c’est aussi l’époque de bien des déchirements…

Dans les salons feutrés d’Orléans – mais tout aussi bien dans ceux de Bordeaux, Montpellier, ou Reims-, « la Société » assiste au basculement d’un monde.
Ne sommes-nous pas au temps de l’Affaire Dreyfus ? Du « Ralliement » à la république (Léon XIII), république « bouffeuse de curés ». République sous la coupe des… « francs-maçons et les Juifs sont nos maîtres » nous dit le colonel de Brioude, ajoutant : « … l’Eglise est persécutée, nous n’avons plus de magistrature, demain ce sera le tour de l’armée. » ; Le cadre « France » est posé. Pour la « Société » il n’y a rien à attendre « … d’un régime qui ne s’intéresse qu’à la canaille ».

Mais si bien des préjugés sont gravés dans le marbre, des esprits bien nés – parfois coulés dans l’angélisme…- font preuve d’optimisme : « Tout ne va pas aussi mal que vous voulez bien le dire : M. Félix Faure est honnête homme, il s’habille correctement et il monte bien à cheval. » rétorque poliment M. de Sennely.

Le ton là aussi est donné : bonne « mise » et bonne « assiette »… Ah ! toujours quelque indulgence pour un homme de cheval.

Et puis les « dames », les dames et leurs « œuvres »… Plus encleintes peut-être, encore, à veiller aux barrières. La « Société » ? Il y a la Première et la Seconde…
Une histoire du temps long entre la « robe » et l’ « épée », puis entre le grand négoce, et la terre… pour se finir dans l’industrie, la finance et les « épées » rouillées voire en carton-pâte… Les « épées » ? De vaillantes n’ont-elles été forgées dans la roture ?

Complexe que la vie en « Société »…

Temps long au cours duquel se tissent les stratégies matrimoniales. Vieux comme le monde ! Du champ à l’atelier, en passant par l’échoppe, des grands fiefs souverains jusqu’au plus haut du royaume, la stratégie matrimoniale est premier souci…
Mais de tout temps, des cœurs à l’âme bien trempée n’en ont cure. Jacques n’est que « Bertault » et Marguerite est née « de Chanteaux »…

Temps long…

Vous souriez, devinez l’intrigue. Soit. Beaucoup se dit en demi-teinte, avec une élégance légère. Louis d’Illiers n’a-t-il pas vécu comme il écrit ?

Un roman tout en musique, bercé par les trompes du « Bien-allé ».

Ne le déflorons pas de trop. Orléans a toujours été pudique !

Bien plus qu’un roman, « Lorsque finissait le siècle » livre des clefs essentielles pour comprendre les codes de ce que fut la « Société française ». Tenir son rang n’était pas un vain mot et le cœur se devait aussi à ses exigences. Un temps bien loin du « bling-blling » et de sa vulgarité…

Et nous insisterons sur la qualité de l’ouvrage, de son iconographie, de son glossaire  qui vous évitera de tomber en « défaut »…

Portemont, le 12 juin 2010

De saison en château, de concours hippique en chasse à courre, de bal en vente de charité, Louis d’Illiers nous introduit dans les milieux fermés de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie orléanaises.
Nous surprenons grâce à lui les confidences qui s’échangent et les intrigues qui se trament dans les coulisses d’une société révolue.
L’un des meilleurs historiens d’Orléans, nous invite ici au plaisir du roman, mais ni la légèreté de l’intrigue sentimentale ni l’humour, parfois « guépin », ne nuisent à la valeur documentaire de l’oeuvre.
À propos de sa ville natale, Louis d’Illiers représente la comédie mondaine qui se joue aussi sur d’autres scènes de la vie provinciale en ce tournant du XIXe au XXe siècle.
Tandis que les équipages cèdent la place à l’automobile voici venu le temps des transactions entre aristocrates et bourgeois : l’avènement du monde moderne consacre la fin de l’ancienne France. Mais il se pourrait qu’au-delà des fastes oubliés, des privilèges abolis, des rituels surannés subsiste aujourd’hui encore la nostalgie d’une élégance perdue.
Ce texte, qui parut en feuilleton dans La Dépêche du Loiret en 1948, retrouve ici sa portée de témoignage historique grâce au dossier qui l’accompagne (iconographie, notes critiques et glossaire).


Louis d'Illiers par Simon BUSSY, Peintre français (Dole 1870 – Londres 1954)


Corsaire éditions ?

« Un champ d’expression libre où des pensées différentes peuvent s’exprimer, n’est inféodé à aucune institution, parti, église, syndicat »

http://www.corsaire-editions.com/

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