jeudi 09 février 2012

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A votre insu, s'est tenu un grand conciliabule...

Une sorte de comité de lecture, tout en vigilance et bienveillance. Et pour cause: Athos avait convoqué les Gardiens de la Couronne de France « afin que nous nous entretenions au sujet du livre récent du Dauphin... » Rien de moins!  Notre Frère d'armes, mousquetaire qui jamais ne désarme, Bernard Lhôte, appelé en douce par son ami de toujours Planchet, a pu nous relater les échanges de cette extraordinaire réunion... Exceptionnelle exclusivité des Manants du Roi!

Nous ne pouvions pas, vous en conviendrez, garder ce « trésor » pour nous...

Un Prince Français
et
Les Anges Gardiens de la Couronne

Athos : Mes Anges et Archanges je vous ai convoqué à cette réunion en tant que Gardiens de la Couronne de France afin que nous nous entretenions au sujet du livre récent du Dauphin et que nous lui inspirions d'éventuelles idées d'écritures et d'actions.
Notre bon ange à tout-faire, Martin Planchet des Vaches, va procéder à l'appel des présents.

Planchet appelle tour à tour les noms de Jeanne d'Arc, Du Guesclin, Athos, Porthos, d'Artagnan, Aramis, la Marquise de Pompadour, la Comtesse de Paris, Charles De Gaulle, Jacques Perret, Monsieur de Charette.
Se sont excusés pour obligations diverses, chorale céleste , pêche aux âmes du purgatoire, protection rapprochée de Judas, confection d'auréoles, le chevalier Bayard, le cardinal de Richelieu, madame de Sévigné, Jacques Coeur, Leclerc de Hautecloque, Bainville, Boutang et tant d'autres qu' Athos fait signe d'en interrompre la citation.

Puis il convie l'angélique assemblée à prendre la parole sans façon.
Aramis: La première de couverture a la vigueur de la vérité. Le titre,  « Un Prince Français », et le  nom de l'auteur, « Jean de France », affirment le rang, l’identité royale et, opportunément, l'identité nationale, mise en question ces temps-ci.

L'Assemblée  s'agite, s'indigne, se récrie: Quelle honte, quelle misère, la France millénaire, la reine des nations, un paradis sur terre, objet de doutes identitaires!!!

D'Artagnan: Silence!Un peu de discipline que diable!

Athos: Ah non, pas ici, ami, tout de même...

D'Artagnan: Je reprends: Aramis parle d'or. Jean de France, voilà qui sonne joliment à l'oreille. Un Prince Français aussi. Cela donne l'envie de le servir.

Jacques Perret: Vous n'êtes sans doute pas au courant, mais les français ont perdu 1'esprit de chevalerie.

Comtesse de Paris: Détrompez-vous, cher Caporal épinglé, cet esprit manque  faute d'appel. Pourquoi croyez-vous que 1a royauté a encore tant de partisans en France? N'est-ce pas d'abord par esprit chevaleresque?

De Gaulle: Madame a raison. D'ailleurs son petit-fils n'en manque pas. Il ose s'affirmer Prince, Dauphin, futur Prétendant. Cela ne manque ni de culot ni de gueule!

Athos: Que pensez-vous de la photo?

Comtesse de Paris: Mon Jean - je l'aime beaucoup- a de l'allure, il se tient solidement campé et son sourire me ravit...

Porthos: En mousquetaire, i1 serait superbe! Pourquoi, mordiou...

Athos: Pas ici Porthos, pas ici...

Porthos: Pourquoi les hommes s'habillent-ils si tristement aujourd'hui?

Planchet: C'est depuis la Révolution qu'ils ont tendance à se vêtir en croque-mort. Il y a de quoi, non?

De Gaulle: J'approuve hautement la quatrième de couverture, la référence
aux ancêtres, et les questions proposées: A quoi servirait d'avoir un roi?
Que peut apporter au pays un prince de la Maison de France? Aramis, quelles pensées vous inspirent-elles?

Aramis: Ses réponses, tout au cours du livre, s'inspirent d'une belle
piété. Elle rompt avec l'image que le commun a des Orléans. Est-ce favorab1e à l'entreprise de résurgence du royaume? Dieu seul le sait.

Marquise de Pompadour: La lignée ne manqua pas de fameux libertins. Ce
Dauphin ne l'est pas. Je connais les françaises. Une once de gaillardise ne leur déplairait pas.

Jeanne d'Arc: O.K! Je n'aime pas trop mon surnom de Pucelle. Je suis d'Arc et d'Arc me sied! Prince Jean est un seigneur loyal, vaillant... bon chrétien. Il ne met pas son oriflamme dans sa poche. Il a l'onction de Reims dans le sang.

Porthos: Il y mettrait un peu de champagne, ça le ferait pétiller.

Athos: Il est vrai que ce Prince n'aime pas se faire mousser. A une époque
de fadaises et de bulles, c'est à la fois un moins et un p1us. Ayons confiance, Jean de France a du jugement. Il nous apprécie: « J'ai une grande tendresse pour ses mousquetaires » dit-il à propos de Dumas.

Charette: Et surtout pour vous Athos! Son Altesse vous décerne les titres « d'une admirable noblesse de caractère » et « d'un des plus beaux personnages de la littérature française ».

Jacques Perret: Ce jugement ne plaira pas à nos précieux et précieuses du jour. Les préférences littéraires qu'il cite ne sont pas  celle de la France superficielle. Par contre elles sont celles de 1a France profonde.

Aramis: Mieux vaut aimer Dumas que Duras.

Planchet: Ce 1ivre, « Un Prince français », donne l’impression de solides convictions. Ce n'est pas un jean-foutre. Mademoiselle d'Arc se félicite de
ce que le prince ne met pas ses oriflammes dans 1a poche. Bien, mais ne brandit-il pas trop celle du Vatican?

Charrette: Un roi de France n'a pas à jouer les zouaves pontificaux. C'est
entendu. Nous nous sommes battus, Vierge d’ivoire en tête, croix au cœur,
pour l'Église. Elle ne se bat plus pour le roi. Le gallicanisme n'est pas fait pour les chiens.

D'Artagnan: Le Dauphin vaut 1a peine qu'on combatte à ses cotés pour la France. Trop dévot? Avec franchise et simplicité par ma foi! Ne soyons pas trop exigeant. Nous avons 1à un prince qui, à travers nous, goûte l'esprit d'aventure. Mieux, il prouve qu'il l'applique. Ce n'est pas une mince aventure de s'engager comme il s'engage, en dépit d'obstacles apparemment insurmontables, à la quête de la couronne royale, dans une France tombée en République. Le prince pourrait se satisfaire d'aimables mondanités. Au lieu de quoi, il affronte le Monde.

Comtesse de Paris: Je suis fière de Jean! Henri et moi, nous avons appris à quel point être prétendant est une mission difficile, pleine de contradictions éprouvantes. La foi n'est pas de trop pour les surmonter. La foi et l'amour...

Aramis: Madame, votre témoignage émeut mon âme. Rares en effet sont les livres de politiciens actuels qui exhalent l'amour de la France et des français. Le livre de votre petit-fils est une déclaration d'amour à la France, aux français, aux plus faibles d'entre eux, aux pauvres, aux enfants. Les lecteurs devraient en être touchés.

Madame de Pompadour: J'en ressens encore une douceur au cœur. Si
les citoyens, comme on dit, étaient des enfants, ils le feraient roi. Louis XV, mon bien-aimé, aimait beaucoup ses filles. Il était bon, mais d'une bonté distraite...

Du Guesclin: La guerre lui répugnait. Louis XVI aussi détestait répandre le sang. Le sien donc a coulé. Il faut oser occire l'ennemi!

Porthos: Tous pour un, un pour tous, je me fends et j'embroche, puis je m'en vais souper.

De Gaulle: Son Altesse Royale, Jean de France, n'a pas l'air perverti par la non-violence à la mode. Il dit de belles et bonnes vérités sur l'Armée, sur l'état militaire, sur le budget de la Défense. C'est un vrai Orléans!

Algérie, 1847 : reddition de l'Émir Abdelkader au Duc d'Aumale

Charette: Votre appréciation est un gage d'estime. Mais, monsieur, pourquoi n'avez-vous pas soutenu le Comte de Paris?

De Gaulle: Je ne disposais ni  de mousquetaires ni de chouans pour arrêter Mitterrand et quelques autres... et les fourrer à la Bastille. Alors, j'ai préparé la voie royale, rendu envisageable la résurgence des capétiens. A leur propos, je remarque que le Prince évoque souvent leur œuvre. Il a raison. Très respectueusement je me permettrai de lui suggérer de définir, d'illustrer davantage leur politique et de la donner autant que faire se peut, en exemple.

Jeanne d'Arc: Cette politique capétienne inspire ses réflexions, ses paroles, ses actes. Il tient de Charles VII, que j'ai bien connu, prudence, patience, réserve, ténacité en sous-main, sens de la mesure et ambition surnaturelle.

L'assemblée, d'un seul cri: Ambition surnaturelle!!! ???

Jeanne d'Arc: Le surnaturel, je m'y connais. Reims n'était pas facile
d'accès. Maintenant, encore moins sans doute. Difficulté d'accès n'est pas inaccessibilité.

D'Artagnan: Bravo! Toutefois il n'a pas la chance, divine, du secours épique d'une Jeanne d'Arc.

Comtesse de Paris: Il lui faudra lui-même, avec notre aide aimante, entrer en épopée, surprendre par quelques actions d'éclat, mûrement préparées, cependant audacieuses. N'a-t' il pas commencé?

Jacques Perret: Oui, i1 s'engage, il s'expose. Proclamer : MA PASSION, c'est la FRANCE! est, en ces temps mortels du drapeau en berne, follement courageux et singulier. Ses professions de foi en l'indépendance sont culottées!  Il sait, lui, en ses tréfonds, que France et Indépendance non seulement riment, mais sont synonymes. Il sait que diminuer celle-ci, revient à diminuer celle-la. Devenir 1e champion de la souveraineté française, c'est sa mission héroïque!

Athos: Nobles anges, bien qu’éternel, le temps passe. Je vous propose d'exprimer chacun, en quelques mots, ce que vous avez aimez dans « Un prince français » et d'éventuelles suggestions.
L'Assemblée se recueille, médite, prie en silence.

Marquise de Pompadour: Permettez-moi de commencer. Je ressens une tendre affection pour ce Prince, en tout bien tout honneur. J'ai beaucoup aimé le chapitre sur son enfance, sincère, vivant, pudique. Dans un tout autre ordre d'idée, je conseillerais à son Altesse de lire et relire des auteurs de mon époque sur terre. On dit des Lumières qu'elles ont miné la royauté.
Elles peuvent la revivifier. Et quel style!

Du Guesclin: J'aime le combat. C'est un livre de combattant paisible, et déterminé. C'est un marcheur. Antan les rois chevauchaient. Maintenant c'est pas à pas que  le royaume est à reconquérir. Un conseil, de soldat à soldat: Quand Son Altesse doutera -comment ne pas douter?- qu'elle marche à pied.

Planchet: J'aime servir des gens dignes d'être servi. Je ne manquerai pas d'accompagner ses pas, et de lui murmurer à l'oreille en cas de peines: La vie est un chemin semé de nids de poule. L'art de vivre consiste à y trouver des œufs.

Porthos: Le prince Jean parle aux enfants mieux que je ne saurais dire. C'est très bon signe pour le cœur.

Un roi sans cœur n'est pas un roi.
Je suis descendu boire quelques bouteilles, de Saint Emilion, de Saint Estéphe, de Saint Amour. D'après tout ce que j'ai entendu et observé dans les rues et les tavernes, la France souffrent de mal d'amour, et les  français d’être méprisés. Le Prince a de vives attentes à combler.

Jacques Perret: J'aime ce livre parce que ce n'est pas un  bouquin de politicien qui traficote son discours pour le vendre à tout prix. Nous avons en commun le goût des grands espaces, des voyages, de la nature.

Je regrette qu'il n'ait pas davantage parlé de sa conservation. C'est un sujet roya1. Le roi doit protéger le territoire des pillages et des pollutions. Un conseil? Un cri du cœur: Sur terre comme au ciel:Vive le roi!

De Gaulle: Perret, je regrette de vous avoir retiré la médaille militaire...passons...J'ai aimé les chapitres sur l'Histoire, 1a Politique étrangère, les Institutions. En vérité nous sommes en accord sur presque tout. Je n'aurais pas parlé comme ça de l'éducation nationale et de la laïcité. Ces sujets sont « hypersensibles ». Sinon, ma foi, que son Altesse ne reste pas dans le VII éme arrondissement. Pour qui veut le Pouvoir, le quartier est trompeur. Quantité d’institutions officielles du Pouvoir y sont situées. Y habiter peut donner l’illusion d'en avoir déjà.

Aramis: J'aime la piété et la justice qui ressortent de ce livre. La France souffre de carence affective et judiciaire. C'est affaire de roi.

Ah, j'y pense, mes félicitations pour Gaston! C'est un prénom qui modifie la routine. Un prénom de bon aloi, sympa comme ils disent en bas, populaire sans être popu. Vive Gaston!

D'Artagnan: On entend: Vive Gascon! Il y a de la bonhomie, de la hardiesse. Ce n'est pas le grand Fébus qui nous contredira!

Le livre? J'apprécie ses réserves envers 1'Europe. J'ai très mauvais souvenir de Maastricht. Sus au chancre qui ronge la souveraineté!

Jeanne d'Arc: Soutenir la cause d'un si Gentil Dauphin m'émeut. Il peut compter sur moi. La partie sera rude. La République, peu douée pour assumer le destin national, l'est par contre pour se défendre, elle. Je viens de la France profonde. C'est à elle qu'il faut surtout s'adresser. Montjoie, Saint-Denis!

Charette: Jeanne a raison. Si je chassais la perdrix aujourd'hui, je recruterais chez les beurs de Saint-Denis. Je transposerais le chant « Monsieur  de Charette a dit » en « rap » et en verlan. Mes gardes du corps seraient des noirs colossaux de la Vieille France des Antilles.

Athos: Le livre est bon, pour les blancs de blanc. Il faut profiter des contradictions de la République à l'égard des immigrés et des français nouveaux... Ayons confiance. Jean de France a en lui les traits de caractère qu'il me prête. Il peut compter sur eux. Nous le savons. Qu'il sorte de son  « for intérieur » l'épée à la main, elle flamboiera!

Comtesse de Paris: Je suis heureuse que Jean prépare la relève, ravie d'avoir un arrière-petit-fils, contente de Gaston, félicite Philomène, ma belle-petite-fille. Je les aime. Tout m'est bonheur.

Bernard Lhôte,
« rapporteur » de cette mémorable séance,
grâce à une ruse de Planchet!
Noël 2009

Et alors que tous s'en retournaient à leurs nombreuses missions, que le Bon Porthos entraînait Jacques Perret pour découvrir un rare flacon,

une voix rugissante se fit entendre … Boutang, plus « Grec » que jamais entendait préciser quelque point de philosophie alors qu'il venait enfin de trouver le Chemin...

Il fallait tendre l'oreille pour entendre, cadencé par le bruit d'une canne:

 « Manque un serment! Comme à Koufra! Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs... »

Et dans un bruissement de robe cardinalice, une voix sévère s'élevait: « Des mousquetaires! Je remonte une compagnie de mousquetaires! Foin de paroles! Il faut défendre notre belle langue françoise! Daguet! Je vous en nomme, cher Dominique Daguet, capitaine!

Mais la suite est une autre affaire... Peut-être qu'un jour nous vous en livrerons les « trésors »...

Portemont, le 19 janvier 2010

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