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Un bel anniversaire!

« Sed Contra » un an déjà...
Et toujours à retenir notre attention. N' y aurait-il qu'une ou deux réflexions à retenir? « Dans un monde de quatrième génération, la légitimité est la vraie richesse du royaume. En dernier ressort, les guerres de quatrième génération sont celles d’une lutte de légitimité opposant l’État et un grand nombre de loyautés non-étatiques fondamentales ». Lire « Sed Contra »...

Avec tous nos encouragements et nos félicitations à son équipe.

Vous avez dit “sed contra” ?

Sedcontra.fr, le site des “chercheurs de sens”, fête son premier anniversaire. L’originalité de sa ligne éditoriale a été soulignée par beaucoup. De nombreux sites et blogs amis relèvent ses analyses, d’autres les critiquent violemment : preuve que nous sommes en train de nous tailler une place dans le combat des idées. Preuve aussi que le combat de David contre Goliath, le combat du philosophe et du moraliste contre les modes intellectuelles, les idées toutes faites, bref les grosses machines de destruction morale et spirituelle des mentalités, ce combat qui n’est jamais facile ni socialement rentable, à terme, reste toujours payant.

Sedcontra.fr a été créé le 20 mai 2008 par un groupe de journalistes et de philosophes chrétiens. C’est est un site de réflexion et d’auto-formation intellectuelle sur les thèmes mis en avant par l’actualité, qui s’engage à ne pas reproduire les “idées toutes faites” du discours quotidien des médias... À examiner la raison contraire, chère à tout intellectuel respectueux de son ordre et de son état, et comme consubstantielle au statut de l’apprenti-philosophe digne de ce nom. C’est l’attitude du chercheur de sens, son “insolence” au sens propre, sa liberté de penser tout seul que les référents dictés au grand nombre n’emportent pas nécessairement raison.

Une volonté d’éclairage et d’approfondissement

En latin, sed contra introduit une antithèse dans un raisonnement, voire une simple objection dans la discussion des idées. Cette antithèse ou cette objection ne signifient aucunement qu’il faudrait y arrêter pour toujours nos facultés mentales. Elle constitue au contraire une invitation à porter notre attention plus loin, et si possible deux ou trois marches au-dessus…

La suite:

http://www.sedcontra.fr/La-Une/Vous-avez-dit-sed-contra.html


IRAK, AFGHANISTAN, PAKISTAN
Pourquoi l’Occident a déjà perdu

L’expert américain William S. Lind est le père du concept de “guerre de quatrième génération” (G4G) : celle de la riposte asymétrique du faible au fort, de l'occupé à l'Occupant, qui engage à ses côtés toute une société civile, et ne laisse aux armées occidentales traditionnelles aucune chance de l’emporter. A l’heure où la France renforce sa présence militaire aux côtés du Pentagone, cette analyse mérite d’être pesée à l’aune des échecs gravissimes qui ne cessent aujourd’hui de la confirmer.

Les événements survenus depuis que j’ai commencé a tenir cette chronique ont, je crois, validé dans l’ensemble le concept de guerre de quatrième génération. L’Irak n’a pas été une “promenade”, pas plus que notre première invasion de l’Afghanistan n’a “éradiqué” les talibans. Le Mollah Omar s’est avéré le meilleur prophète des évènements à venir : avant que ne tombe la première bombe américaine, il avait déclaré : “Nous perdrons le pouvoir et perdrons Kaboul, mais cela n’a pas d’importance.”

Quelles leçons pouvons-nous tirer de mes précédentes chroniques ? Trois points me paraissent être d’une importance primordiale.

1) Tant que l’Amérique poursuivra une stratégie de grande offensive, la guerre de quatrième génération lui garantit la défaite. La raison en est à rechercher dans le concept de “puissance de la faiblesse” de Martin van Creveld, et dans sa relation intime avec la légitimité.

Martin van Creveld

Dans un monde de quatrième génération, la légitimité est la vraie richesse du royaume. En dernier ressort, les guerres de quatrième génération sont celles d’une lutte de légitimité opposant l’État et un grand nombre de loyautés non-étatiques fondamentales. La puissance américaine manque de légitimité parce qu’elle est écrasante au plan matériel. Telle est la force des faibles : ceux qui résistent à l’armée américaine deviennent des héros. A l’inverse, tout État soutenu par l’armée américaine perd de sa légitimité. Plus les USA interviennent militairement en un grand nombre de parages, plus les États perdent de leur légitimité, au bénéfice des entités non-étatiques de quatrième génération. De fait, nous assistons à un effet Midas inversé. Seule une grande stratégie de défense, où nous nous occuperions de nos propres affaires et laisserions les autres Etats s’occuper des leurs, peut nous sortir de cette spirale infernale.

2) Les armées de deuxième génération ne peuvent pas gagner les guerres de quatrième génération. Les forces armées de deuxième génération, telles que celles des États-Unis, combattent en dirigeant leur puissance de feu sur des cibles. Cela leur permet de vaincre au niveau matériel, mais ce faisant, cela se transforme en défaite au niveau moral, qui est déterminant dans la guerre de quatrième génération (G4G). Le meilleur exemple actuel est donné par le Pakistan, où la combinaison des frappes de Predator [drones militaires utilisés par les USA pour bombarder les zones tribales pakistanaises] et les pressions exercées sur le gouvernement pakistanais ont sapé la légitimité de l’Etat. Cet Etat se trouve maintenant au bord de la désintégration, ce qui apporterait à Al-Qaïda et aux autres forces islamistes de G4G la plus grande victoire qu’ils puissent imaginer. La photo accrochée sur le mur de la grotte d’Oussama doit être celle d’un Predator, et titrée : “notre meilleure arme”.

3) Il n’y a aucune chance que l’Amérique adopte une stratégie défensive ou engage une réforme de ses forces armées pour les faire passer de la deuxième à la troisième génération - étape nécessaire mais pas suffisante pour affronter les G4G - aussi longtemps que l’establishment en place à Washington reste au pouvoir. Cet establishment est ivre d’orgueil, coupé du monde existant au-delà des arènes politique et fortement corrompu par le “business as usual” pratiqué par un Pentagone qui sait comment acheter tous les appuis politiques dont il a besoin. Comme dans tous les establishments, on y perçoit le changement réel comme une menace, devant être évitée. Aussi longtemps qu’il règnera, rien ne changera.

Quelles sont les implications de ces observations ? Au plan militaire, elles augurent de la poursuite de l’échec et la défaite. Nous ne parviendront pas à sortir de l’Irak avant que ne débute la prochaine phase de cette guerre, ou pire, qu’une attaque israélienne sur l’Iran nous coûte l’armée que nous avons en Irak. Nous allons être vaincus en Afghanistan, parce que nous refusons d’adapter nos objectifs stratégiques à ce qui est possible et nous continuerons à nous aliéner la population avec notre façon de conduire la guerre en déployant une puissance de feu massive. Nous allons pousser le Pakistan vers le point de désintégration, ce qui sera une catastrophe stratégique de premier ordre. Nous allons continuer d’ignorer la désintégration de l’Etat mexicain, tout en important les troubles du Mexique via nos frontières sans contrôles efficaces. Nous ne serons même pas en mesure d’arrêter les pirates somaliens. Qu’est-il révélé de nous même, lorsque la nation tout entière se réjouit parce que la marine américaine, la plus puissante sur terre, a vaincu quatre adolescents somaliens ?

Ce constat ne s’arrête pas là. Ces échecs de politique étrangère et ces défaites militaires – voire même des “victoires” encore plus embarrassantes – ne sont que deux exemples d’une longue liste de crises : la crise économique (dépression suivie par une inflation galopante), crise des cours de change (chute du dollar), crise politique (pas un membre de l’établissement ne sait ce qu’il faut faire, mais l’établissement n’offre pas d’alternative aux électeurs), crise de l’énergie, etc...

Toutes ensemble, ces crises distinctes forment une crise systémique, événement qui survient lorsque le monde extérieur exige de plus grandes transformations que le système politique ne le permet. Arrivé à ce point, le système politique s’effondre et est remplacé par autre chose. Dans les temps anciens, cela se concluait par un changement de dynastie. Que pourrait-il advenir aujourd’hui ?
(Source : La victoire des forces asymétriques, par William Lind, 17 avril 2009, traduit en français par http://contreinfo)


G4G?

Lire: William S. Lind : Le Mexique, Etat failli
10 juin 2008
Les processus de la mondialisation, en arrachant des dizaines de millions de paysans à la terre pour les rassembler dans des mégalopoles faites de bidonvilles, ont créé de gigantesques espaces de non droit où prospèrent gangs et mafias de la drogue. Colombie, Brésil, Mexique, sont confrontés à une violence meurtrière endémique, sur laquelle règnent les barons de la drogue et les trafiquants. Mais leur pouvoir ne s’arrête pas à la porte des barrios et des favellas. Corruption, intimidation, liquidations, leur ont permis de gangrener l’état, qui devient une coquille vide à leur service. L’expert militaire William S. Lind décrit le cas du Mexique, qu’il assimile à nouvelle forme imprévue de la G4G, la guerre de quatrième génération.

La suite: http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2047


SOCIOLOGIE DES MÉDIAS

Penser, dans sa tête, à ce qui dépend de soi

En s’installant dans la consommation informatique ou audiovisuelle tous azimuts, nécessairement régulatrice et normative, qui le fera connaître ou vouloir en fonction des critères de l’intelligentsia, l’homme “moderne” renonce chaque jour davantage au devoir de se diriger. D’ailleurs, l’orientation sensorielle qu’il impose à son esprit ne lui en laisse pas le choix. Ne voit-on pas en effet qu’il mobilise le plus clair de son temps disponible à penser, dans la tête des autres, à ce qui ne dépend pas de lui ?

La suite:
http://www.sedcontra.fr/La-Une/Penser-dans-sa-tete-a-ce-qui-depend-de-soi.html

Sed Contra?

A ne jamais perdre de vue trop longtemps...
Joyeux anniversaire!

Portemont, le 26 mai 2009

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